Vendredi après-midi, porte de Vincennes à Paris, Amedy Coulibaly a choisi de façon délibérée un supermarché cacher au moment où il y a le plus d’affluence, pour sa « prise d’otage » : qu’elles aient servi de bouclier humain ou, pour suivre la version officielle, qu’elles aient été abattues avant l’assaut, les quatre personnes n’ont pas été choisies au hasard, du fait de leur présence dans un magasin juif. Se revendiquant lui aussi d’Al Quaida, Mohammed Merah, le 19 mars 2012, avait également choisi une cible juive, en l’occurence une école, tuant un enseignant et ses deux enfants, ainsi que la fille du directeur, âgée de huit ans, qu’il exécuta d’une balle dans la tempe. Une fois de plus, au fanatisme religieux vient s’ajouter la haine antisémite…

Si dans le monde, les musulmans sont les premières victime d’Al Quaida, en France, c’est la communauté juive qui est à chaque fois visée par ses attaques. Comme dans le cas de la tuerie de Charlie Hebdo, rien ne peut ni le justifier, ni l’excuser. Rendre responsables les Juifs qui vivent en France de la politique coloniale d’Israël ou des malheurs des Palestiniens est aussi stupide que de rendre les musulmans qui vivent en France responsables des attaques des derniers jours. Le fait que ceux qui ont mené ces attaques ont grandi ici, et qu’ils aient choisi probablement seuls de s’en prendre à des lieux juifs non pas symboliques ou politique mais de la vie quotidienne, en dit long malheureusement sur la force des préjugés qui existent dans ce pays. Si les passages à l’acte sont heureusement rares, bien que souvent meurtriers, les propos antisémites sont d’une affligeante banalité. Dernier exemple en date : dès mercredi, un site proche de Dieudonné laissait entendre que « les sionistes » auraient quelque chose à voir avec les attentats…
La Horde