Les théoriciens racistes français encore une fois source d’inspiration… - commentaires Les théoriciens racistes français encore une fois source d'inspiration… 2019-05-21T18:33:52Z https://lahorde.samizdat.net/les-theoriciens-racistes-francais-encore-une-fois-source-dinspiration#comment142704 2019-05-21T18:33:52Z <p>Salut camarades,</p> <p>l'analyse de Sternhell sur les origines proudhoniennes et syndicalistes révolutionnaires du fascisme est à prendre tout de même avec des pincettes. Cette thèse d'un point de vue antifasciste n'est pas fondée.</p> <p>Georges Sorel, est le principal introducteur du marxisme en France et est un théoricien du syndicalisme révolutionnaire, déçu par la CGT qui tombe petit à petit aux mains des réformistes. Déboussolé par le pessimisme, certes, il se rapproche de l'Action Française et de Maurras entre 1909 et 1910 sans pour autant y adhérer ni cautionner le nationalisme qu'il critique viscéralement (l'analyse constante de Sorel repose sur la lutte des classes). Si il inspire le Cercle Proudhon et collabore à la revue traditionaliste l'Indépendance de 1911 à 1913, il la quitte néanmoins à cause, encore, du nationalisme. A partir de là, il se met à dénoncer l'extrême-droite et ses figures, les qualifiant de « pipelets nationalistes ». Opposé à la guerre et à l'Union Sacrée lors du conflit de 1914, il se réjouit de la révolution russe en 1917 et va employer l'essentiel de ses activités à défendre la révolution bolchévique. Il collabore régulièrement à La Revue Communiste où il va faire des articles élogieux et de soutien pour Lénine et la Révolution russe en 1921, preuve alors que les communistes de l'époque ne le considèrent pas comme un membre ou ex-membre d''extrême-droite ou encore comme un théoricien ambigus (malgré des affrontements de rue fréquents). Il est interviewé pour un article publié dans l'Humanité en mars 1922. Son enthousiasme « soviétophile » va laisser place à l'inquiétude de la montée des fascismes. A sa mort le 27 août 1922, l'Humanité et La Vie Ouvrière lui rendent hommage.</p> <p>Pour son disciple Edouard Berth, membre du Cercle Proudhon, c'est pareil. Il est attiré aussi par l'Action Française en 1910 jusqu'en 1914 où, comme Sorel il rejette l'Union Sacrée et la guerre. Il rompt donc avec l'extrême-droite et il confie d'ailleurs en 1924 dans son livre Guerre des Etats ou guerre des classes : « J'avoue avoir failli céder à la séduction ; mais après, l'illusion apparaît vraiment trop folle ». Il dénoncera avec force le nationalisme, le racisme et l'extrême-droite. Il considère Maurras et les militants de l'Action Française comme étant des « hallucinés du passé », des « jacobins blancs ». Et face aux propos « anti-boches » de Maurras qui affirme que « les allemands sont des barbares », Berth répond, toujours dans le même livre que « la vraie barbarie c'est la barbarie nationaliste ». Il affirme également que « Entre les nationalistes et nous, la scission est désormais profonde et irrévocable » et que « nous nous sentons, nous, prolétaires socialistes, complètement étrangers à vos haines nationales, à vos haines de races […] Votre nationalisme nous est odieux ; il est fait de préjugés stupides, de routines crasseuses, de réactions féroces ». Il adhère au Parti Communiste Français, preuve qu'il n'est pas perçu comme un militant ou ex-militant fasciste d'extrême-droite alors que la méfiance était pourtant de rigueur depuis l'affaire Dreyfus. Il écrit dans la revue communiste Clarté, notamment un article s'intitulant « Georges Sorel » le 15 septembre 1922, et un article qui fait l'éloge de Lénine en août 1924. Mais, déçu par un schéma avant-gardiste, autoritaire et centraliste-jacobin du socialisme version russe, il revient de nouveau chez les syndicalistes révolutionnaires après une période de silence, aux côtés de Pierre Monatte en écrivant dans le revue La Révolution Prolétarienne entre 1930 et 1938, et lutta jusqu'à la fin de ses jours (il meurt le 25 janvier 1939) contre toute tentative mal avisée d'assimiler Georges Sorel au fascisme.</p> <p>Même Georges Valois après sa brève période fasciste demande l'adhésion à la SFIO sous le parrainage de Marceau Pivert qui était alors la figure antifasciste des TPPS. Son livre Technique de la révolution syndicale en 1935 est clairement antifasciste et prévoit même les basculements d'une partie de la gauche et de l'extrême gauche du côté fasciste des années plus tard. Il participe à la résistance et mourra dans un camps de concentration.</p> <p>Pour ce qui est des syndicalistes révolutionnaires italiens, nombres de fascistes et sympathisants du fascisme de la première heure deviennent antifascistes radicaux très vite et sont parmi ceux qui vont constituer les Arditi del Popolo, le parcours de Alceste de Ambris et l'épisode de Fiume sont parlant.</p> <p>Les néo-fascistes qui se réclament aujourd'hui de Sorel, Berth ou Valois sont des idiots qui ne connaissent pas l'histoire, car ces trois personnages ont fini leur jours en tant qu'antifascistes convaincus. Même un penseur néo-fasciste de la nouvelle droite comme Alain de Benoist, dans son livre "Edouard Berth ou le socialisme héroïque", affirme que ni Berth, ni Sorel ne peuvent être présentés comme d'extrême droite ou fascistes... donc pourquoi devrions-nous les présenter comme tel ?</p> Les théoriciens racistes français encore une fois source d'inspiration… 2019-04-09T12:48:07Z https://lahorde.samizdat.net/les-theoriciens-racistes-francais-encore-une-fois-source-dinspiration#comment141410 2019-04-09T12:48:07Z <p>petite coquille dans le texte à corriger.<br class="autobr" /> A la fin le paragraphe "… et des racines idéologiques bien françaises", il y a eu un oubli juste après Proudhon lui-même. A rajouter entre parenthèse "[[interprété sous le prisme de ses écrits les plus réactionnaires, comme figure d'un socialisme « national », antisémite, misogyne, antimarxiste)"</p>