Près de 5000 personnes ont défilé à Lyon samedi contre le Front national. Nous en proposons un compte rendu forcément incomplet et peut-être imprécis sur certains aspects, mais reposant sur nos observations. 

Lyon, 29 novembre 2014.

La Conex, un regroupement d’organisations antifascistes et syndicales, avait appelé à manifester ce samedi contre le congrès du Front national. Deux autres appels ont été lancés dans la foulée : l’un émanant d’organisations libertaires et un autre appelant à "une manifestation offensive".

Camion plateau du cortège de tête.

Vers 14h, heure du départ, quelques centaines de personnes étaient place Jean Macé. Les gendarmes mobiles quadrillaient la place, fouillant de façon systématique les sacs de toute personne de moins de trente ans, parfois plusieurs fois. Dans le même temps, plusieurs cars étaient bloqués par la police à quelques dizaines de kilomètres de Lyon, là aussi avec fouille

systématique et relevé d’identité. C’est dans ce climat plutôt tendu que, vers 15h20, la manifestation, qui a rassemblé près de 5000 personnes, s’est mise en marche, avec en tête de cortège les organisations de la Conex derrière la banderole unitaire "et un camion plateau sur lequel le groupe Jagas a commencé à jouer. Venaient ensuite les cortèges du NPA, de Solidaires et un bloc libertaire et d’individuEs en fin de cortège d’environ 1000 personnes, derrière une banderole "Offensive contre le racisme d’État, le FN et les violence policières".

Vue de l’arrière de la manif

Dès les premières minutes, des policiers en uniformes ont tenté d’arrêter à l’intérieur du cortège de fin de manif un individu, finalement relâché sous la pression des manifestants. Tandis que la manif continuait à avancer dans le calme, un important dispositif policier s’est mis en place sur les côtés, à l’arrière, qui s’est mis à charger la fin du cortège, en jetant des grenades lacrymogènes : les manifestants de l’arrière ont alors remonté le cortège, tandis que quelques vitrines de banques ou de boîtes d’intérim, ainsi que du mobilier urbain, ont été endommagés. La situation est rapidement devenue confuse, l’air étant saturé de gaz, et la manif a commencé à se disloquer : vers 16h, le cortège était coupé en deux au niveau du pont de la Guillotière. Nous étions à ce moment-là au niveau du pont : des gendarmes mobiles ont surgi de chaque côté, empêchant celles et ceux restés bloqués de nous rejoindre.

De l’autre côté du pont, l’avant de la manif a continué à avancer le long des quais, sous les jets de grenades lacrymogènes, qui ont blessé plusieurs personnes. En effet, rue de la Barre, un camion à eau et des policiers faisaient face au pont : ils se sont ensuite déplacés rapidement pour procéder à des arrestations (le site Rebellyon parle de 17 interpellés). Ce qui restait alors de la manif s’est scindée en deux au niveau du Pont Lafayette, puis a été bloqué au niveau de la passerelle du Collège, avec une demande de dispersion de la part des flics. Un premier appel à se disperser a été fait, sans que l’on comprenne vraiment s’il émanait d’un individu ou des organisateurs.

Un peu avant 16h30, nous avons traversé la passerelle, alors que des manifestants étaient encore bloqués au niveau du pont Lafayette par la police. Sans tirer un véritable bilan, on peut dire au final que la police a agi comme cela semble désormais devenir la norme, en faisant monter la pression au maximum et en attendant le moindre prétexte pour réprimer à tout va.
La Horde

En complément, retrouvez d’autres témoignages sur le site antifasciste Rebellyon.