Le devoir de mémoire contre tous les nationalismes : il y a 100 ans, le génocide arménien

Le samedi 24 avril 1915, à Istambul, capitale de l’empire ottoman, 600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement. C’est le début d’un génocide, le premier du XXe siècle. Il va faire environ 1,2 million de victimes dans la population arménienne de l’empire turc.

C’est le lent démantèlement de l’Empire Ottoman qui mena au pouvoir les fractions politiques les plus virulentes contre les minorités qui composent cette région immense à la fin du XIXe siècle. C’est au nom d’une idéologie raciste que furent menées deux vagues successives d’attaques violentes contre les arméniens qui peuplent cette région : tout d’abord entre 1894 et 1896, puis lors de la Grande Guerre de 1914-1918.

Personne ne conteste ces massacres qui ont fait près d’un million et demi de morts faisant ainsi disparaître deux tiers de la population arménienne de l’Empire Ottoman. La contestation qui a encore cours aujourd’hui consiste à nier la planification et l’objectif d’éliminer tous les Arméniens (le génocide), et il existe aussi un désaccord sur le nombre des victimes. Pourtant beaucoup d’historiens et de centres d’histoire ont rassemblé nombre d’archives du gouvernement turc et des instances consulaires, en particulier des écrits du ministre de l’Intérieur Talaat Pacha (assassiné à Berlin le 16 mars 1921 par un jeune Arménien) qui écrivit par télégramme durant la première guerre mondiale : « Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l’âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n’ont pas leur place ici » ou encore : « Il a été précédemment communiqué que le gouvernement a décidé d’exterminer entièrement les Arméniens habitant en Turquie. Ceux qui s’opposeront à cet ordre ne pourront plus faire partie de l’administration. Sans égard pour les femmes, les enfants et les infirmes, si tragiques que puissent être les moyens d’extermination, sans écouter les sentiments de la conscience, il faut mettre fin à leur existence » .
Source : Rebellyon.info