ReimsUltras, royalistes… Petit panorama de l’extrême droite rémoise

L’extrême droite est-elle la bienvenue à Reims, pour y être si confortablement installée ? C’est la question que se sont posée des antifas rémois, à travers un petit panorama des différents groupes nationalistes présents localement.

Depuis plusieurs années déjà, les MesOs, groupe d’ultra du stade de Reims, mènent des actions et propagent leurs slogans fascistes sur Reims : banderoles racistes, tags, agressions physiques en plein centre-ville, dégradations d’un local associatif, menaces de mort sur les membres de l’association…

Les MesOs se revendiquent ultra mais ne se limitent pas au stade puisqu’ils vont s’allier aux Zouaves parisiens dans des actions politiques, notamment au moment des Gilets Jaunes, par exemple lors de l’attaque armée du cortège du NPA.

Les Zouaves en train de distribuer des tracts à Paris.

On retrouve les deux groupes fêter dans la joie et la bonne humeur l’anniversaire de Hadrien Maine, en chantant « joyeux naziversaire », Yann Desforges smartphone à la main et se filmant lui-même une kipa sur la tête et les autres tendant le bras fièrement.
https://www.youtube.com/watch?v=F6cmO45exKE
Ils posent souvent sur leurs photos en faisant des saluts nazis et ne peuvent pas s’empêcher de mettre des totenkopf un peu partout sur leurs stickers.


Outre les MesOS, à Reims ,un autre groupe d’extrême droite est revenu sur le devant de la scène : l’Action Française. En octobre 2020, ses militants font irruption dans une manifestation contre la loi sécurité globale.

Pas très sereins, ils portaient des gants coqués et des protège-dents : ils ont gentiment été éloignés de la manifestation, des manifestant·es ne souhaitaient pas leur présence. Trois jours après, ils agressent un antifasciste qu’ils croisent en ville, puis, quelques mois plus tard, un militant écologiste qu’ils vont croiser lors d’une promenade, là aussi en plein jour.
Les militants de l’AF vont s’offrir un petit coup de pub à la Génération identitaire, en affichant une banderole sur le toit d’une médiathèque dans le quartier croix-rouge après avoir appris l’agression d’un photographe du journal local.

Cette action se déroule alors même que le quartier était cerné par les CRS qui n’ont visiblement rien vu de cette intrusion. L’AF en profite pour faire un communiqué et s’adresser au maire et au journal L’Union sur Facebook.
On les aperçoit ensuite à un rassemblement des Patriotes de Florian Philippot, au cours duquel un des membres de l’AF gueule « On est chez nous, bleu blanc rouge la France aux français » alors qu’une manif contre la loi sécurité globale passe à proximité : la scène, filmée, montrant un petit bonhomme tout rouge faire sa crise, fera de l’AF la risée des réseaux sociaux.
Le 9 mai 2021, lors d’une manifestation à Paris en l’honneur de Jeanne d’Arc organisée par l’Action Française, la section rémoise est présente.

Cortège de l’AF Reims le 9 mai 2021 à Paris. Présents ce jour-là : Colin Lambert (A), également membre de la Cocarde étudiante, Armand Benadassi (B), Vincent Robinet (C) également proche de Génération identitaire et Lilian Mzyk (D), un fan de reconstitution de bataille médiévale.

Le même mois, l’AF scelle dans du béton un calvaire à Verzenay, en apposant une plaque « Action Francaise Reims 1er mai 2021 » sans avertir le propriétaire du terrain.
Avec ces diverses actions, l’Action Française essaie tant bien que mal de se faire remarquer, mais sans vraiment y parvenir.
Arrivent alors les manifestations contre le pass sanitaire. Dès la première manifestation, l’Action française s’investit, d’abord avec une banderole plutôt discrète :

De gauche à droite : Vincent Robinet, Aurélien Auguet, Baptiste Dufour et Lilian Benadassi.

Par la suite, voyant qu’ils ne se font pas remarquer, ils tentent de s’imposer avec une plus grosse et se placent en tête de cortège.

Certain·es manifestant·es n’apprécient pas de voir que la manifestation accueille Civitas et l’AF, et s’éloignent de la manifestation parce qu’aucune alliance n’est possible avec l’extrême droite. D’autres, gilets jaunes et antifascistes, ont persisté à venir aux manifestations, pour ne pas laisser champs libre aux fascistes. Les membres de l’AF les ont menacés, avec le soutien des MesOs et autres fascistes locaux pour « venir taper des gauchos ».

Thibault Perun, Armand Benadassi et Pierre-Alban Blin.

Les MesOs feront plusieurs apparitions en manif contre le pass sanitaire, comme s’ils pouvaient réclamer la liberté du haut de leurs idées fascistes !

De gauche à droite : derrière la banderole Aurélien Auguet, Armand Benadassi, Colin Lambert ; derrière eux, Yann Desforges avec le sweat à zip gris, derrière Desforges, Edwin Dailly (pull bleu) ; photo du milieu : Thibault Perun (chemise à rayures) ; photo à droite : Edwin Dailly durant la manifestation.
derrière la banderole : Honorin Dailly (membre des jeunes MesOs, le petit frère
d’Edwin), à l’arrière-plan : Baptiste Dufour (polo bordeaux), Thibault Perun
(chemise à rayures) et Aurélien Auguet.

Fin août 2021, la stèle de Pierre Maître, syndicaliste de la CGT assassiné le 5 juin 1977, est vandalisée. La dédicace d’origine : « Ici est tombé Pierre Maître, militant de la CGT, assassiné par un commando fasciste, alors qu’il luttait pour la liberté et le progrès social. » est transformée en « Ici est tombé Pierre Maître...grâce à un commando fasciste... ». Ce n’est pas la première fois que ce lieu est vandalisé par des fascistes puisque le portrait de Pierre Maître a du être effacé parce qu’il avait été couvert d’une croix celtique.
Au court des manifestations contre le pass sanitaire à l’automne, on a aussi vu arriver Kevynn Teugels.

Proche de l’Institut Apollon de Jean Messiha, il est en couple avec Pauline Sellier des Nemesis de la Marne. Le couple avaient déjà rencontré l’AF de Reims au rassemblement de Génération Identitaire à Paris, lorsqu’ils voulaient contrer leur dissolution.
Une autre figure de l’extrême droite locale est proche de l’AF : Florian Benadassi.

En haut à gauche, Florian Benadassi chauffe ses troupes au stade. En bas : quand un élu de la République soutient les ennemis de la République…

Il est non seulement le grand frère de deux autres membres de l’AF, Lilian et Armand, mais aussi un ancien candidat FN-RN (de 2014 à 2017), actuellement conseiller municipal dans l’urbanisme à Cormicy. Benadassi est également le président des Ultrem, d’autres supporters du stade de Reims, sans couleur politique revendiquée, voire même publiquement hostile aux MesOS : pourtant, des membres de la section « Jeune Garde » des Ultrems affichent sur les réseaux sociaux leur proximité avec le groupe d’ultras néonazis. Aujourd’hui, sans surprise, Benadassi fait la promotion de Zemmour.

Le comité Zemmour de la Marne est d’ailleurs assez présent dans la région, par le biais de collages massifs. Dans ce comité, on retrouve des membres de l’Action Française Reims et également ceux de la Cocarde Étudiante, deux groupes indéniablement liés.

A. Benoît Guillemard (Cocarde étudiante, CE) - B. Colin Lambert (CE et AF). C. Armand Benadassi (AF). D. Saveen Jimenez (C.E).

En ce qui concerne la Cocarde Étudiante, ils ont lancé un concours d’affiches islamophobes et réactionnaire avec l’UNI, syndicat étudiant également. Ils ont plus particulièrement ciblés la fac de Droit et Lettres qui se trouve dans le quartier Croix-Rouge.

Malgré la présence de ces militants d’extrême droite et la violence de certains d’entre eux, on entend presque jamais parler d’eux dans les journaux. Lorsque C8 vient faire un reportage sur la vidéo-surveillance à Reims, dans lequel apparaissent les MesOs, alors même qu’on y voit distincement un de leurs t-shirts, ils ne sont pas cités. Lorsque des agressions sont commises et que les témoins reconnaissent les MesOs comme étant les agresseurs, la BAC qui arrive sur les lieux dit ne jamais avoir entendu parler d’eux… Ce qui n’est pas vraiment une surprise. Par contre, lorsqu’il s’agit de cambriolage, alors un article apparaît dans l’Union et là, les MesOs sont cités…

Des antifascistes rémois, en collaboration avec la Horde