Hauts de France : La relève du Rassemblement national recrute chez les Identitaires

7 septembre 2020 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Le week-end dernier se tenait “l’université d’été” du Rassemblement national (RN), en réalité une réunion à huis-clos des principaux cadres, sans militants présents. Mais la semaine précédente, Génération nation[1] des Hauts de France organisait une journée de cohésion, au cours de laquelle des militants Identitaires ou proche de néonazis se sont retrouvés aux cotés de jeunes carriéristes qui attendent leurs postes au Rassemblement national…

Difficile aussi de rassembler du monde pour les « jeunes » du Rassemblement national de la région Hauts de France, une région qui compte pourtant de nombreux élus régionaux, départementaux et municipaux. Les 29 et 30 août derniers, Génération Nation Hauts de France (les héritiers du FNJ) organisait ainsi une journée de cohésion dans le Nord, le tout sponsorisé par le député Sébastien Chenu et l’eurodéputé Aurélia Beigneux.

Dans la brasserie lors de la journée de cohésion de Génération Nation, Simon Gricourt, Dylan Delattre, Thibault Cottel, sa compagne et Cyril Lefebvre.

Mais sur place, ce sont des militants identitaires  voire néonazis que l’on pouvait rencontrer : nous avions d’ailleurs déjà écrit un article sur les accointances entre le Rassemblement national et Génération identitaire de la Somme , suivant un ancien militant de ce département, Rémi Meurin, qui était tête de liste RN aux municipales à Tourcoing face à Darmanin, et qui est aujourd’hui conseiller municipal.

Côté Rassemblement national : en haut à gauche, Thibault Cottel et Simon Gricourt devant le siège du Rassemblement national à Nanterre ; Gricourt avec Philippe Olivier et Nicolas Bay. La compagne de Thibault Cottel en plein tractage pour le RN.

Lors de la manifestation de Génération Identitaire à Paris en novembre dernier, parmi les Amiénois présents, s’étaient déplacées d’autres personnes présentes ce week-end, comme  Simon Gricourt et la compagne de Thibault Cottel.

En haut : tractage pour les identitaires devant la cathédrale d’Amiens. Au milieu : Gricourt à la manifestation des Identitaires le 17 novembre 2019. En bas : Delattre au fond aux cotés de Rémi Meurin (le conseiller municipal RN de Tourcoing) et la compagne de Thibault Cottel à Saint Quentin dans l’Aisne.

Parmi les participants, outre les militants qui attendent leur poste dans le RN, était donc présent le leaders des Identitaires picards Thibault Cottel (Morlet sur les réseaux « sociaux »), après s’être agité avec Génération identitaire, il a rejoint le RN. On avait ainsi pu le voir lors de l’Université d’été de Génération identitaire en 2018, lors de la tentative de récupération par les Identitaires après la mort d’Adrien poignardé devant une boite de nuit à Grenoble, lors d’un de leur rassemblement ou encore au Col de l’Echelle . Ce n’est pas un militant qui fait un petit passage par ce mouvement, il se déplace aussi bien dans leurs locaux parisiens (la Nef), lillois (la Citadelle) ou rouennais (l’Yggdrasil). Tout en entrant au bureau départemental du RN de la Somme , en tant qu »adjoint à la campagne des européennes », il fanfaronne à la manifestation « Stop-Islamisation » de Génération Identitaire à Paris, il y a un peu moins d’un an, pour se retrouver en 6ème position sur la liste RN des municipales à Abbeville. Cet semaine il était annoncé comme étant sur la liste RN pour les élections sénatoriales fin septembre dans la Somme.

Cottel un jour pour le RN, un jour pour Génération identitaire…

Dylan Delattre étant plus casanier, c’est surtout dans la Somme qu’il se montre allant d’actions pour GI à des collages pour le RN, mais se retrouvant aussi lors d’événements du Parti de la France . Simon Gricourt lui est plutôt un pur produit du FN, tout en étant à la Cocarde Etudiante Amiens, il s’est retrouvé en troisième position sur la liste RN des dernières municipales à Amiens.

Simon Gricourt avec la Cocarde étudiante Amiens, en bas à droite accompagné de Maxime Jacob le compagnon de Fiorina et Clara Buhl.

La compagne de Thibault Cottel quant à elle s’est trouvée en bonne compagnie à une époque avec les militants du PdF, mais c’est surtout à GI qu’elle a milité, présente elle aussi à l’Université d’été de Génération Identitaire en 2018.

Cottel avec Jean-Marie Le Pen et des militants du Parti de la France.

Choisis tes amis

Enfin parmi les personnes également présentes ce week-end, Cyril Lefebvre, qui reste plus discret sur ses autres amis : c’est pourtant aussi avec les néonazis d’Honneur & Nation Nord (les cendres de la Division Nationaliste Révolutionnaire) qu’il aime faire la fête.

Lefebvre et sa collection de t-shirts, pour toutes les situations !

Jeune militant, c’est dans la ville de Denain qu’il milite aux côtés du député Sébastien Chenu. Il participe aux tractages, collages et meetings du baron RN local, pour se retrouver sur sa liste aux municipales de Denain. Mais avec ses autres amis, il n’hésite pas à faire le déplacement en Bretagne à Rosporden en juillet, pour assister à un concert de RAC (Rock Against Communism) privé.

En bas à gauche : Cyril Lefebvre lors d’une petite fête avec ses amis néonazis d’Honneur & Nation fin mai. Si vous avez de bons yeux, vous pourrez lire sur le barbecue orné d’une croix gammée : “juifs au four”… Ambiance !

Lors de ce concert, il y avait à l’affiche le groupe lyonnais Match Retour, dont le chanteur Renaud Mannheim n’est pas un inconnu des néonazis lyonnais, et FDF, un groupe mi-parisien, mi-picard. Match Retour est, avec Lemovice, l’un des rares groupes RAC à jouer régulièrement, quant à FDF, bien que ce groupe soit musicalement exécrable, son guitariste Jérôme a participé au Rockin’1000 (rassemblement de 1000 guitaristes au stade de France).

Le 18 juillet, le concert RAC à Rosporden avec les membres d’Honneur & Nation.

À ce concert était présent les militants d’Honneur & Nation ou encore Sébastien Favier dit Sanglier un ancien des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaire de la région de Besançon, qui passe en procès en ce moment pour des tags sur l’Arc de Triomphe lors d’une manifestation de Gilets Jaunes en décembre 2018.

Sanglier et Ayoub

Régulièrement, Marine Le Pen ou d’autres cadres du Rassemblement national prétendent que leur mouvement n’a rien à voir avec l’extrême droite radicale : pourtant, au sein de son mouvement de jeunesse, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas facile de faire la distinction !

La Horde

  1. La structure jeune du Rassemblement national, qui a succédé au Front National de la Jeunesse. []

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