Paris : la préfecture et l’extrême droite main dans la main

2 septembre 2020 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Le 4 juin 2020, les Zouaves Paris (groupuscule nationaliste-révolutionnaire et néonazi dont l’action se concentre sur les agressions de rue contre les personnes racisées, LGBTQI, antiracistes, antifascistes, syndicalistes,…) ont attaqué les cliens du St-Sauveur, un bar connu pour son engagement social et culturel antifasciste dans le quartier de Ménilmontant. Quelques mois plus tard, après une première décision de fermeture administrative, la préfecture de Paris assigne au bar une seconde fermeture administrative, au prétexte que le bar a été attaqué par des militants d’extrême droite. Les fascistes agressent et violentent, et l’État poursuit et réprime les antifascistes et les lieux de sociabilité populaire et antiraciste. Et ce en plein contexte d’agressions, de manipulations et de violences de l’extrême-droite (traitement raciste de Danièle Obonno par Valeurs Actuelles, menaces de mort à l’encontre d’Anasse Kazib par Thierry Veyrier – responsable départemental du RN, manipulation médiatique dans l’affaire Augustin, incendie de plusieurs mosquées en région lyonnaise,…). Soutenons l’antifascisme, soutenons le Saint-Sauveur !

Lu sur le facebook de Nantes Révoltée :

Le Saint-Sauveur est un bar parisien, situé dans le quartier de Ménilmontant. Depuis 15 ans, cet établissement affiche clairement ses engagements contre l’extrême droite, le racisme et les oppressions. Il a déjà eu à subir une fermeture administrative sur décision du préfet de Paris.

Le 13 aout, « trois policiers de la BAC du 20ème arrondissement de Paris se sont présentés au Saint Sauveur et ont demandé à voir le responsable. Ils venaient faire signer un procès-verbal de notification. […] Le commissaire veut nous achever en nous fermant deux semaines… » raconte le gérant.

Une deuxième fermeture administrative, après le confinement, signifierait la mort de l’établissement. Elle revient à asphyxier financièrement un bar déjà en difficulté. Mais quels sont les arguments des autorités pour justifier une telle mesure ? Accrochez vous bien : le préfet reproche au bar d’avoir été attaqué par des néo-nazis. Oui, le Saint-Sauveur est sanctionné pour avoir été agressé ! «La préfecture lui reproche l’incursion violence de militants d’extrême droite» écrit le journal Le Parisien.

Le gérant raconte : « nous avons été victime d’une attaque en règle par un groupuscule d’une vingtaine de tarés néo-nazi le 4 juin dernier, jour de la réouverture officielle et veille du septième anniversaire de la mort de Clément [Méric] ». Cette attaque a d’ailleurs été revendiquée publiquement par un groupe néo-nazi parfaitement identifié, et dont les membres sont connus des autorités.

Pourtant, les nostalgique du Reich n’ont par été arrêtés, et c’est le bar antifasciste qui subit la répression. Une inversion accablante. Selon ses termes, la préfecture dénonce pudiquement une « rixe dans et aux abords de l’établissement ».

Non seulement le préfet de Paris affiche ainsi sa complicité avec l’extrême droite violente, mais cette opération est préoccupante au delà d’un cas particulier. Cela signifie qu’à l’avenir, il suffira pour des néo-nazis d’aller attaquer un lieu militant pour obtenir sa fermeture par les autorités au nom de prétendues « rixes ». Cela rappelle d’autres attaques de bars ayant eu lieu à Nantes …

L’extrême droite et le pouvoir mains dans la main contre les rare espaces de résistance.


Pour suivre l’actualité du bar : Saint Sauveur

Pour soutenir financièrement : https://www.lepotcommun.fr/pot/3fhh5b1t

Communiqué du Saint-Sauveur, publié le 15 août 2020 :

Ils veulent nous tuer.

Ce jeudi 13 août à 23h, trois policiers de la BAC du 20ème arrondissement de Paris se sont présentés au Saint Sauveur et ont demandé à voir le responsable. Ils venaient faire signer un procès-verbal de notification.
Après 15 ans d’existence et pour la deuxième fois en six mois, le Saint-Sauveur se voit donc imposer une nouvelle mesure de fermeture administrative.
Après les neufs jours imposés en janvier dernier, après les presque trois mois de fermeture imposés parce que nécessaire par la crise sanitaire et alors que nous tentions, péniblement, de remonter la pente.
Le commissaire du 20ème veut nous achever en nous fermant deux semaines…
Cette volonté, à peine voilée, de voir fermer définitivement le bar pour tout ce qu’il représente devient évidente lorsque l’on se penche sur les motifs invoqués.
Je précise, ici, tout de suite que je tiens à dispositions les documents officiels sur lesquels ces motifs sont listés, tellement certains sont hallucinants !
On nous reproche donc, pêle-mêle, à peu près tout et n’importe quoi. Concrètement, le Saint-Sauveur est tenu pour responsable d’à peu près tout ce qui peut se passer sur la place située devant le bar. Place que nous partageons, je le rappelle, avec plusieurs autres établissements (plusieurs bars, une épicerie de nuit et un restaurant…).
Ainsi donc, nous sommes sanctionnés, entre autre, parce qu’il y avait trop de monde dans la rue le soir de la fête de la musique (oui, il y avait du monde partout dans Paris ce soir là, les journaux télévisés s’en sont émus).
On nous reproche également la présence de tables et de chaises sur le trottoir d’en face (oui, oui, je parle bien de la terrasse provisoire qui nous a pourtant été accordée comme a tous les bars de Paris après le confinement pour nous aider !)
On nous reproche le fait que les jeunes du quartier aient fait un barbecue sur la place le 21 juin (ils le font depuis toujours le soir de la fête de la musique…).
On nous reproche d’avoir organisé une vente de t-shirt à emporter le 28 mai (fermé depuis le 14 mars, nous avions désespérément besoin de trésorerie). Les gens devant le bar n’auraient pas respecté les distances de sécurité entre eux…
Et, le meilleur pour la fin. Comme vous le savez probablement, nous avons été victime d’une attaque en règle par un groupuscule d’une vingtaine de tarés néo-nazi le 4 juin dernier, jour de la réouverture officielle et veille du septième anniversaire de la mort de Clément.
Et bien, la préfecture nous reproche une « rixe dans et aux abords de votre établissement ». Vous ne rêvez pas. Nous devenons responsables de l’agression dont nous avons été victime !
Bref.
Vous l’aurez compris, la Préfecture est en mission. Le Saint-Sauveur et ses positions politiques assumées, les valeurs antifascistes qu’il véhicule a travers les soirées politiques qu’il organise, son mode de fonctionnement dérange.
Bien sur, nous ne baissons pas les bras, bien sur nous allons essayer de continuer mais cette nouvelle fermeture de deux semaines risque de nous achever car, pour traverser la fermeture covid, le Saint-Sauveur comme nombre d’autres bars, a dû s’endetter rendant sa situation financière encore plus fragile qu’avant…
Nous sommes dépités et fatigués face à une situation qui nous semble sans issue. Il faut que ce harcèlement cesse.
Même si nous avons conscience que la situation est difficile pour tous en ce moment, voici un moyen de nous aider pour celles et ceux qui le peuvent : www.lepotcommun.fr/pot/3fhh5b1t
L’équipe du Saint-Sauveur.

 

 

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