Les organisations de jeunesse du FN et de l’AfD paradent à Strasbourg

27 juillet 2020 2 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Les 18 et 19 juillet à Strasbourg Génération nation ( le Front national de la jeunesse nouvelle version) et Junge Alternative (la branche “jeune” d’Alternative für Deutschland ) se sont retrouvés avec la présence de la députée européenne du Rassemblement national Virginie Joron. Des antifascistes de Strasbourg nous ont envoyé un texte revenant sur leur passage dans la ville :

Génération nation (GN, organe jeune du FN/RN, anciennement FNJ) et Junge Alternative (JA, organe jeune de l’AfD, parti d’extrême-droite allemand) ont organisé une rencontre dans la région de Strasbourg les 18 et 19 juillet 2020. Cette rencontre illustre plusieurs phénomènes qu’il convient de souligner.

Rapprochement des extrêmes-droites européennes

Cette rencontre entre deux organisations française et allemande s’insère dans une stratégie de rapprochement des forces d’extrême-droite à l’échelle européenne. Cet internationalisme est a priori paradoxal pour ces nationalistes acharnés. Mais voilà, dans leurs fantasmes « l’identité européenne » (comprendre blanche et chrétienne) devient un outil face à l’immigration. Ainsi, depuis 2015, les partis européens d’extrême-droite réussissent plus ou moins à s’entendre dans un groupe parlementaire (« Europe des nations et des libertés » de 2015 à 2019 puis « Identité et démocratie »). Ce rapprochement ne concerne pas uniquement l’extrême-droite parlementaire puisque les groupuscules coopèrent également : théorie des poupées russes des identitaires (identité régionale < identité nationale < identité européenne), contacts répétés entre les hooligans nazis, régiment Azov, etc.

Action de pacotille et communication grandiloquente 

Au programme du week-end était prévue une sibylline « action militante » dont il s’est avéré qu’il s’agissait de venir à l’Hôtel de la rue, un squat hébergeant 150 personnes sans-abris et/ou migrant.es, pour manifester et/ou déloger ses habitant.es. Ce lieu avait déjà été pris pour cible par les fachos (tags du Bastion social, intimidation des habitant.es). Une vingtaine de jeunes militant.es d’extrême droite s’est rassemblée à 200m de leur objectif. La police a bloqué, contrôlé et dispersé d’une manière très conciliante, bien loin de la façon dont elle s’occupe des mouvements sociaux. Au final les militant.es d’extrême droite sont parti.es sans avoir réaliser quoique ce soit. Ces grand.es activistes se sont rabattu.es sur une maraude alimentaire suivant leur précepte de préférence nationale (« les nôtres avant les autres »). Concrètement, ces deux actions, manifestation devant un lieu strasbourgeois emblématique des migrant.es d’une part et maraude alimentaire discriminatoire d’autre part, n’ont aucune finalité concrète : les habitant.es de l’Hôtel de la rue étant beaucoup plus motivé.es et soutenu.es que ce groupe de militant.es d’extrême droite, et les quelques personnes ayant bénéficié d’un repas vraisemblablement toujours en galère après leur passage. Le seul objectif semble être de prendre des photos léchées, et même une vidéo en slow motion, pour organiser une communication bien rodée sur les réseaux. D’ailleurs cette stratégie paie puisque le journal local Dernières Nouvelles d’Alsace s’en fait le perroquet dans un article tout à fait favorable qui loue l’amitié franco-allemande et une jeunesse militante bon enfant. Ce faisant, ces actions minables ouvrent la voie à d’autres manifestations ouvertement racistes à Strasbourg.

Porosité des différentes forces de l’extrême-droite

Génération Nation et Junge Alternative devant le parlement européen le 18 juillet, avec Enzo Niant

Les structures organisatrices (GN et JA donc FN/RN et AfD) se targuent d’être des partis « respectables » loin des affres des formations groupusculaires. Cette rencontre illustre une nouvelle fois qu’il n’en est rien. Citons par exemple la présence d’Enzo Niant, militant FN/RN et membre de la Cocarde (« syndicat » étudiant d’extrême-droite), ayant participé aux violences revendiquées par l’Action Française contre les étudiant.es en lutte contre la réforme des retraites (décembre 2019). Par ailleurs, en plus de la qualité des présent.es, le lieu du repas est également emblématique. En effet, le restaurant Zuem Strissel accueille les éventements de toute l’extrême-droite et notamment de l’Action française, de la Dissidence française et de la Cocarde. Enfin, la pratique de la maraude alimentaire raciste est un outil utilisé par le Bastion social et Génération identitaire. Sa reprise par GN n’est pas anodine.

Enzo Niant sur le campus lors de l’attaque de l’Action française sur le campus en décembre 2019

PAS DE FASCISTES DANS NOS QUARTIERS, PAS DE QUARTIERS POUR LES FASCISTES

2 commentaires »

  1. Antifa 25 août 2020 at 11:26 - Reply

    Bonjour !

    J’ai découvert un article qui m’étonne, j’aimerais savoir ce que vous en pensez.

    Dans l’article, on y voit des militants antifascistes manifestés contre le sionisme dit “fasciste”. Ne serait ce pas plutôt l’extreme droite radicale qui serait contre le sionisme et donc antisémite ?

    Merci d’avance pour votre réponse.

    https://www.lemondejuif.info/2017/12/haine-disrael-juif-a-paris-attention-antifa-se-joignent-a-manifestation-anti-netanyahu/

    • La Horde 7 septembre 2020 at 12:24 - Reply

      Mouvement d’autodétermination pour les uns, mouvement impérialiste pour les autres, le sionisme divise le mouvement antifasciste. Ce qu’on peut dire, et sur lequel pour le coup les antifascistes s’accordent, c’est que la politique sioniste mise en place par l’État hébreu est menée au détriment des Palestiniens, et qu’elle est à la fois raciste et d’une grande violence. Être antisioniste de cette façon, ce n’est donc pas être antisémite. Mais dans le même temps, on peut aussi dissocier le projet sioniste de la politique israélienne actuelle…

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