Qui étaient les néonazis présents à Lille et Clermont-Ferrand face aux mobilisations contre le racisme ?

25 juin 2020 3 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Ce week-end à Lille et Clermont-Ferrand, des militants néonazis ont tenté de faire entendre leur petite voix de suprémacistes blancs… solidement protégés par la police !

Face aux gigantesques manifestations contre le racisme et les violences policières qui se sont tenues un peu partout dans l’Hexagone malgré les interdictions, des militants d’extrême droite radicale ont essayé de donner corps au slogan « white lives matter », heureusement sans succès. Après la pantalonnade des Identitaires samedi 13 juin, ce sont les néonazis qui ont pris le relais le week-end dernier : à Lille, bien protégés par la police, et à Clermont Ferrand, où on pouvait les compter sur les doigts d’une seule main.

À Lille

Un appel à se rassembler derrière le slogan « Faidherbe doit tomber » était organisé ce samedi 20 juin à Lille devant la statue du colonisateur du Sénégal.

Une quinzaine de militants d’extrême droite étaient présents pour assurer la « sécurité » de Faidherbe, bien protégés par des dizaines de gardes mobiles !

Notons que nos vaillants nationalistes se font tatouer des ACAB partout sur le corps, mais se sentent en bonne compagnie avec la DGSI : comme l’a rappelé l’AFA NP2C, les liens entre les flics et l’extrême droite radicale, spécialement sur Lille, ne sont de toute façon plus à prouver…

Qui était là ?  Antoine Jumelle et Sébastien Vannoye,  membres de la moribonde Action Nationale et Radicale, groupuscule composé principalement d’anciens du SEP, le service d’ordre du Parti de la France, du Nord.

Antoine Jumelle en haut à gauche avec Thomas Joly, président du Parti de la France. Sur la photo du bas, à gauche, Alexandre Gabriac.

On pouvait les voir lors des dernières journées de Synthèse Nationale à Rungis, mais aussi lors des manifestations de la Dissidence Française et faire les petits bras pour la liste Reconquête aux élections européennes.

Sébastien Vannoye. Son t-shirt “14 words” fait référence aux 14 mots du suprémaciste américain David Lane : « We must secure the existence of our people and a future for white children » (« Nous devons préserver l’existence de notre peuple et l’avenir des enfants blancs »). Il aurait pu faire un effort et le mettre samedi…

Ayant gardé d’assez bons liens avec le nouveau président  du Parti de la France Thomas Joly, on les retrouvait lors des rassemblements du PDF ou d’autres groupuscules nationalistes dans le nord de la France, et Sébastien Vannoye faisait parti du conseil national du PDF. Depuis, leur seule initiative autonome a été l’organisation de célébrations pour le solstice, en tout petit comité.

Deux autres de leurs connaissances étaient présentes à Lille ce samedi : Julian Lingnier et Kevin « Tcho » Maraux (qui doit sûrement son surnom à une certaine ressemblance avec Titeuf), tous deux habitant la Somme.

Julian Lingnier, qui, à une période, fréquentait les néonazis du Picard Crew, a gardé suffisamment de contacts pour se retrouver lors de diverses petites fêtes ou rassemblements d’extrême droite dans le nord de la Picardie. Il s’est rapproché récemment des Lillois.

Julien Lingnier : en haut à gauche avec Thomas Joly, au centre dans le service d’ordre, et en bas à droite, une photo récente.

Kevin Maraux participait aussi à leurs fêtes et a quelque fois fait le déplacement pour des rassemblements du Parti de la France jusqu’à Paris. Ces derniers temps, il fréquentait un club de bikers d’Amiens.

Kevin Maraux. En bas, au sein du service d’ordre du PDF, le SEP, avec à sa gauche Vannoye et Jumelle.

Ces quatre individus se sont retrouvés lors de rassemblements anti-migrants organisés par le PDF dans la Somme à Albert en octobre 2015  et à Péronne en novembre 2016 ou lors d’une fête à côté de Saint Quentin dans l’Aisne, en présence du président du Parti de la France.

Également à Calais lors de manifestations « anti-migrants », le Lillois Clément Lagache fait partie du LOSC Army, un groupe de supporter de foot lillois d’extrême droite auquel appartenait Yohan Mutte, ancien JNR poursuivi dans l’affaire des noyés de la Deûle. Ayant fait les 400 coups avec Mutte, Lagache est resté une des seules personnes en contact avec lui après son incarcération.

À gauche, Clément Lagache avec son copain Yohan Mutte.

Enfin, signalons la présence du dénommé « le Roux », un militant identitaire connu pour être passé dans le reportage d’Al Jazeera sur la Citadelle, dont l’attitude était pour le moins… particulière ce jour-là.

En pleine action à Lille dimanche 20 juin, et sous-titré dans le documentaire “Génération Hate”.

Clermont

Le dimanche 21 juin, cinq militants néonazis (nous avions déjà parlé d’eux ici) se sont postés devant la statue de Vercingétorix à Clermont Ferrand, tous anciens membres de la Division Nationaliste Révolutionnaire (DNR) qui, après s’être faits arnaquer par leur ancien président Johann Faust, ont décidé en octobre 2019 de fonder leur propre groupuscule, Honneur & Nation, qui prétend défendre « la sauvegarde de notre patrimoine, nos traditions, notre héritage culturel, ainsi que notre identité, face à la mondialisation, et le capitalisme ». Avec ou sans sans l’ancien président, les idées n’ont pas changé…

En haut à droite, la première version du logo de Honneur & Nation : à défaut d’être original, il avait au moins le mérite d’afficher la couleur, et de citer ses sources en reprenant le mot d’ordre des SS. Mais finalement, prudemment, c’est un logo directement inspiré de celui de la DNR qui a été finalement retenu (en bas, à droite), “fraternité” (qui faisait un peu gauchiste, quand même) étant judicieusement remplacé par “patrie”, et “sacrifice” par “combat” pour ne pas effrayer d’éventuelles recrues.

Début mars, quelques militants avaient fait un passage au forum de la Nation organisé à Lyon par les Nationalistes d’Yvan Benedetti, où ils ont retrouvé l’improbable François “Batdaf” Galvaire, qui a refait récemment surface en tentant de présenter une liste pour les municipales sur Bordeaux, “Gavé Bordelais”.

Des militants d’Honneur & Nation avec François Galvaire tout à droite, les lunettes sur le front.

À Clermont ce dimanche, c’était donc leur première apparition publique en tant qu’Honneur & Nation : un événement Facebook avait été lancé par de fantomatiques “Honneur & Nation nord 59” et “Honneur & Nation Champagne Ardenne”. Résultat, ils se sont finalement retrouvés à cinq, agitant de pauvres pancartes faites à la va-vite. Et comble de malchance (pour eux), nos néonazis à peine installés, des personnes du quartier se sont mobilisées pour les rendre invisibles et les ridiculiser.

Nous avions déjà parlé de Sébastien Dudognon dans de précédents articles : cet ancien responsable du Front National de la Corrèze avait tenté d’ouvrir un local à Tulle en 2018. C’est lui qui a pris la présidence d’Honneur & Nation après le fiasco de la DNR, entraînant avec lui la plupart de ses anciens militants. Sa compagne (D sur la photo ci-dessous), discrète, joue un rôle non négligeable dans l’organisation et surtout la communication au sein du groupe.

Baptiste Cuny (A) et Jérôme Galuppini (B) s’aèrent sous les aisselles, tandis que Sébastien Dudognon (C) prend la pose avec son joli polo de la division SS Charlemagne.

Baptiste Cuny est lui aussi un ancien de la DNR, qu’il avait rejoint fin 2018 : c’était un peu la petite main de Johann Faust (l’ancien président de la DNR et tatoueur par ailleurs). Sur son dos, Faust lui avait fait un tatouage grâce auquel il avait remporté un trophée lors du «  Hitlerian Art Festival  » : on vous laisse apprécier le choix des motifs…

Seuls des groupuscules comme la DNR ou maintenant H&N peuvent accueillir des individus dans son genre : il faut dire qu’il a gardé une certaine rancœur à l’égard des Nationalistes de Benedetti, ayant dû passer en procès et faire de la prison après qu’un militant du mouvement de Benedetti l’a abandonné à la police lors d’une action commune. C’est le seul militant d’Honneur & Nation à La Rochelle, où il traîne en passant son temps à écrire quelques inscriptions sur les murs et à agresser des gens dans la rue. Il n’hésite pas à se déplacer dans d’autres régions pour rejoindre ses copains, comme il l’a fait à Clermont ce week-end.

Enfin Jérôme Galuppini est lui venu d’Alsace pour participer au “rassemblement” de H&N. Il faisait aussi partie du bureau de la DNR. Il est désormais vice-président d’Honneur & Nation, mais reste un peu isolé en Alsace. Il avait fait le déplacement à Lyon avant le confinement, avec les couleurs d’Honneur & Nation, lors du Forum de la Nation.

À l’époque de la DNR, entourant leur chef Johann Faust (C), on reconnait Baptiste Cuny (B) et Jérôme Galuppini (D), accompagnés de Eddie Batista (A) aujourd’hui militant H&N à Denain et Thibaut Ruffra (E) lui aussi à H&N, dans la région de Strasbourg.

Pour conclure, on est bien conscient que c’est toujours un peu navrant de parler de ce genre de groupuscules, mais à tout instant, l’un de ses membres peut passer à l’acte, et il préférable de savoir à qui on a à faire.

La Horde

3 commentaires »

  1. Tintin 5 juillet 2020 at 09:33 - Reply

    Oubliez pas que sur Lille, les neonazis ont aussi des cheveux longs. A quand un article sur les fans chevelus qui traînent au Six Roses bar?

  2. Flamma 25 juin 2020 at 18:15 - Reply

    C’est pas sport d’afficher le gibier avant la chasse camarades XD !

    Belle paire de têtes de cons.

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