Documentaires et entretiens sur l’extrême droite et le fascisme

10 mai 2020 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Tant qu’il le faudra (la commission antifasciste du NPA) recense quelques sources documentaires intéressantes, à (re)découvrir :


En ces temps de confinement imposé, la Commission nationale Antifasciste du NPA ne reste pas inactive. Piqûre de rappel ou révélation, fondamentaux ou actualité, nous vous proposons ici une première série de documentaires et d’entretiens disponibles en ligne.

Nous avons tenu à ce que s’expriment des sensibilités variées. Les aficionados relèveront donc notamment des points de vue divergents en ce qui concerne la caractérisation des mouvements d’extrême droite, à commencer par celle du FN/RN. Ces vidéos et émissions n’expriment donc pas nécessairement le point de vue du NPA. Elles nous paraissent néanmoins utiles pour s’informer sur les extrêmes droites.

« L’histoire de l’extrême-droite en France, De Boulanger à Le Pen »

Même s’il date un peu (2004) et bien qu’il laisse de côté la contre-révolution, ce documentaire de Gilles Nadeau donne un premier aperçu de “L’histoire de l’extrême-droite en France, De Boulanger à Le Pen

« Le fascisme, 100 ans après »

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Le 23 mars 1919 Benito Mussolini créé à Milan les Faisceaux italiens de combat, première mouture du Parti national fasciste qui prend le pouvoir en 1922. Violence, culte du chef, totalitarisme… quels éléments sont constitutifs de ce mouvement politique ? Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

« Hors Série : La possibilité du fascisme, Ugo Palheta »

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Généralisation de la vidéosurveillance, fichage de la population, état d’urgence permanent, surenchère identitaire des gouvernements de droite comme de gauche, criminalisation des mouvements sociaux, répression des militants écologistes et syndicalistes, interdictions de manifester, élargissement du consensus islamophobe, harcèlement public de personnalités musulmanes, stigmatisation des migrants et des Rroms, renforcement des frontières, agressions racistes et homophobes, résurgence de groupuscules ultra-nationalistes, violences policières, impunité des violences policières, quadrillage sécuritaire des quartiers populaires, militarisation des forces de l’ordre, manifestations de masse contre l’égalité des droits, restriction de la liberté d’expression, records électoraux du Front national…

L’énumération fait froid dans le dos. Ces phénomènes s’imbriquent, s’alimentent et, ensemble, ils portent en eux les germes du fascisme. Pourtant, écrit Ugo Palheta dans La possibilité du fascisme (La Découverte, 2018), la menace est écartée d’un revers de main par les commentateurs : « Comment la République française, patrie autoproclamée des droits de l’homme, pourrait-elle engendrer le désastre fasciste ? La France ne s’est-elle pas montrée “allergique” au fascisme tout au long du XXème siècle, comme l’ont longtemps pensé nombre d’historiens français ? Le Front national ne prétend-il pas avoir renoncé au projet politique qui le caractérisait depuis sa création ? N’est-il pas en crise depuis sa défaite au second tour de la dernière élection présidentielle, ayant conduit à la défection de plusieurs de ses dirigeants ? N’assiste-t-on pas en outre à un renouveau du capitalisme français sous les auspices d’un jeune président réalisant enfin les “réformes” prétendument nécessaires ? »

Au risque de passer pour un prophète de malheur, mon invité du jour, sociologue à l’Université de Lille, s’attaque à ces fausses évidences. Mais qu’on ne se méprenne pas sur son propos : il ne s’agit nullement de pronostiquer l’arrivée inéluctable du fascisme en France. Au contraire, Ugo Palheta met en garde contre la possibilité du désastre afin de nous donner des armes le conjurer. Son livre n’est donc pas une prophétie mais un appel à résister au FN et aux phénomènes qui alimentent sa montée : le rouleau-compresseur néolibéral, le racisme structurel et la radicalisation de l’Etat-policier.

Avec minutie et pédagogie, Ugo Palheta analyse la situation actuelle de la France au regard des expériences fascistes du passé. Bon visionnage !

Manuel Cervera-Marzal, émission publiée le 01/09/2018, Durée de l’émission : 93 minutes

« La conversion politique. Doriot, le PPF et la question du fascisme français »

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Comment devient-on fasciste ? Qu’est qu’un « parti fasciste » ? Existe-t-il un fascisme français ? Voilà l’enjeu de ce livre qui propose une histoire sociale du Parti Populaire Français, le PPF, et de ses principaux dirigeants dont Jacques Doriot. Rompant avec un jugement d’essence qui chercherait à définir la nature d’un fascisme à la française, Laurent Kestel propose une analyse de la trajectoire d’un groupe de militants politiques qui, pris dans un jeu de forces en grande partie internes au parti communiste, a opéré une conversion politique et a été conduit vers des positions antirépublicaines et collaborationnistes.

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