Saint-Etienne : Une candidate de la liste RN de Sophie Robert impliquée dans l’assassinat de Clément Méric

16 mars 2020 2 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Lu sur Numéro Zéro :

Lors d’un débat télévisé sur TL7, le maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau (LR) a révélé qu’une colistière de la candidate RN Sophie Robert, Lydia Da Fonseca, avait été entendue dans le cadre du procès des meurtriers de Clément Méric.

Le 7 mars, Lydia Da Fonseca à gauche à coté de Maxime Brunerie lors du Forum de la Nation organisé par les Nationalistes d’Yvan Benedetti à Lyon

Gaël Perdriau, maire (LR) de Saint-Étienne, a révélé mercredi 11 mars lors d’un débat entre les candidats aux municipales sur TL7 (à 17’15), que l’une des colistières de Sophie Robert, candidate du Rassemblement national (RN), avait été entendue au procès des meurtriers de Clément Méric en 2017. Il s’agit de Lydia Da Fonseca, en 17e position sur la liste RN.

Condamnés pour meurtre

Alors âgé de 18 ans, étudiant à Science Po et membre de l’Action antifasciste Paris-Banlieue, Clément Méric a été agressé par des fascistes à Paris en juin 2013 et est décédé des suites de ses blessures. Trois des agresseurs avaient été accusés du meurtre : Esteban Morillo, Samuel Dufour et Alexandre Heyraud. Les deux premiers ont été condamnés respectivement à 11 ans et 7 ans de prison par la cour d’assises de Paris en 2017 (ils ont fait appel, la procédure est en cours). Le troisième a été acquitté.

Lydia Da Fonseca était à l’époque la compagne de ce dernier et avait reconnu être présente sur les lieux du meurtre. C’est pourquoi elle avait été entendue durant le procès. Elle avait alors reconnu avoir informé des membres du groupe de fascistes dont elle faisait partie de la présence de militants antifascistes, dont Clément Méric, rue Caumartin, où elle se trouvait.

« Il faudrait faire pareil à Saint-É »

Voici le compte-rendu de son témoignage au procès par le quotidien l’Humanité :

« C’est elle qui la première prévient par téléphone d’autres sympathisants de Troisième voie (K. V. d’abord) de la rixe qui se prépare. « On a appelé quelques amis pour les informer. » Puis les hommes du groupe lui confient leurs affaires « au cas où il arriverait quelque chose ». Ils partent ensuite vers la gauche et les antifas : « on a une fierté », dit la jeune femme aujourd’hui. Après la bagarre, durant son trajet vers le Local (le bar de Serge Ayoub qui servait de lieu de rencontre du groupuscule nationaliste Troisième voie), elle enverra plusieurs textos à des connaissances stéphanoises, disant que « Les rouges » ont été « défoncés ». « Il faudrait faire pareil à Saint-É. » »

Grand remplacement et néofascisme

Lydia Da Fonseca n’a visiblement rien renié de ses affinités d’extrême-droite. En 2019, elle a été candidate (en 56e position) aux élections européennes sur la liste du mouvement Dissidence française, fondé en 2018 par Vincent Vauclin. Ce dernier est un adepte de la thèse du Grand Remplacement. Il s’inspire du fasciste italien Julius Evola (1898 – 1974), théoricien et partisan d’une alliance avec l’Allemagne nazie. Entre autres joyeusetés, Vincent Vauclin dénonce « l’éloge normalisatrice de la déviance homosexuelle, et le message banalisant une homoparentalité qui est pourtant ce qu’il y a de plus anormal et déviant, que ce soit sur le plan sociologique, psychologique, ou biologique » et milite pour « l’abrogation du droit du sol, du droit d’asile et du regroupement familial, l’instauration immédiate de la préférence nationale et l’expulsion systématique des clandestins ».

Article publié sur le blog Sainté 2020.

2 commentaires »

  1. Touffany 5 avril 2020 at 12:48 - Reply

    Lydia Da Fonseca me rappelle la prétendue artiste de music-hall Mireille Provence, qui joua un rôle assassin sur le Vercors, en dénonçant aux Allemands (peu avant l’attaque) les noyaux de résistance. En toute époque, il se trouve de “pauvres filles” pour “servir la soupe” à une bande de nervis du grand capital, sous couvert de nationalisme. Le fameux lumpenprolétariat que Marx dénonçait, prêt à se vendre aux plus offrants pour mener de basses besognes, comme le meurtre… Haineux vis-à-vis de leur classe.

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