Lyon : un étudiant s’immole pour dénoncer le néolibéralisme et le fascisme ambiant

11 novembre 2019 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Le jeune Stéphanois qui s’est immolé devant le CROUS et qui est toujours entre la vie et la mort est non seulement un militant engagé dans la défense des droit des étudiants, mais aussi un camarade antifasciste. Voici le texte que ses amis du collectif le Gueuloir ont publié ce week-end, accompagné de son texte de revendication. Nous nous associons à elles et eux pour l’assurer, lui et sa famille, de tout notre soutien. Solidaires étudiant-e-s appelle à des rassemblement devant les CROUS ou bâtiments universitaires mardi 12 novembre partout en France.  À Lyon, le rendez-vous est au 59 rue de la Madeleine à 10h.

Aujourd’hui c’est dans l’émotion et la rage que Saint-Etienne s’est réunie en soutien à un étudiant, un syndicaliste, un camarade, un compagnon, un ami.

Originaire de Saint-Etienne, cet étudiant de 22 ans n’a cessé, à travers de nombreuses organisations, d’apporter de son temps et de son énergie pour la lutte contre toutes les oppressions. Toujours présent pour aider son prochain il avait encore très récement permis l’inscription de “sans-fac” dans son université.

Mais hier, ce dernier s’est immolé par le feu devant le CROUS Lyon afin de dénoncer les conditions de vie scandaleuse des etudiant.e.s, la violence de l’Etat, du libéralisme, du facsisme et plus généralement du système oppressif et mortifère dans lequel nous sommes contraints de survivre. Nous relayons ici son message et ses revendications publiés sur Facebook quelques minutes avant son passage à l’acte :

Bonjour,
Aujourd’hui, je vais commettre l’irréparable, si je vise donc le bâtiment du CROUS à Lyon, ce n’est pas par hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l’enseignement supérieur et la recherche et par extension, le gouvernement.
Cette année, faisant une troisième l2, je n’avais pas de bourses, et même quand j’en avais, 450€/mois, est ce suffisant pour vivre ?
J’ai eu la chance d’avoir des personnes formidables autour de moi, ma famille et mon syndicat, mais doit-on continuer à survivre comme nous le faisons aujourd’hui ?
Et après ces études, combien de temps devrons nous travailler, cotiser, pour une retraite décente ? Pourrons nous cotiser avec un chômage de masse ?
Je reprends donc une revendication de ma fédération de syndicats aujourd’hui, avec le salaires étudiant et d’une manière plus générale, le salaire à vie, pour qu’on ne perde pas notre vie à la gagner.
Passons à 32 heures de travail par semaine, pour ne plus avoir d’incertitudes vis à vis du chômage, qui conduit des centaines de personnes comme moi chaque année à ma situation, et qui meurent dans le silence le plus complet.
Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nos diviser et créer et du libéralisme qui crée des inégalités.
J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes que l’avenir de tous-tes, j’accuse aussi le Pen et les éditorialistes d’avoir crée des peurs plus que secondaires.
Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter, pour en finir définitivement avec tout ça.
Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la sécu.
Et désolée pour l’épreuve que c’est.
Au revoir

Il s’est brulé à 90% avant d’être secouru. Entre la vie et la mort il a été pris en charge à l’Hopital Edouard Herriot à Lyon. Pour avoir des nouvelles sur son état et sur l’évolution de la situation vous pouvez vous informer et soutenir les camarades de Solidaire Étudiant-e-s Lyon.

Aujourd’hui, à 14h, un peu plus de 150 personnes se sont rassemblé.e.s spontanément place du peuple à Saint-Etienne avant de se diriger devant le CROUS du campus Tréfilerie. Mais cela ne fait que commencer : un appel à se rassembler mardi prochain à 10h00 devant tous les CROUS de France a déjà été lancé par son syndicat. Ce premier appel doit et va en entrainer d’autres. Loi ORE, Parcoursup, Réforme du chomage, réforme des retraites… l’Etat ne cesse de porter atteinte à nos droits, nos libertés et nos acquis sociaux ! Alors dès maintenant partout, tous et toutes revoltons-nous ! Que son acte ne reste pas sans suite : le pouvoir va trembler !

Cher ami, cher camarade, sache que nous t’apportons tout notre soutien et te garantissons que nous continuerons de lutter tant qu’il le faudra ! Ni oubli, ni pardon !

Les Gueulard.e.s

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