Nantes, Saint Nazaire : Laurent Obertone n’était pas le bienvenu

29 octobre 2019 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Face à la venue à Nantes et Saint Nazaire de l’auteur Laurent Obertone, un auteur encensé par une partie de l’extrême droite, des mobilisations ont tenté de perturber sa présence. Vendredi à Nantes l’auteur devait initialement faire une soirée à la maison des syndicats, il a du se réfugier dans une autre salle communale sous la pression des antifascistes et des syndicats. Voici deux textes parus à propos de ces événements.

Lu sur Nantes Révoltée :

Fascisme à Nantes : que fait la mairie ?

Avant la Maison des Syndicats, plusieurs salles municipales prêtées à l’extrême droite violente

Hier soir à Nantes. Dans la nuit, des militants néo-nazis, notamment plusieurs membres du GUD, montent la garde devant une salle municipale. Ils sont épaulés par des policiers cagoulés, et lourdement armés. Des témoins affirment qu’ils ont vu des agents serrer la main d’individus d’extrême droite. Que se passe-t-il ? L’auteur Laurent Obertone, qui appelle à la guerre civile et prône une France « homogène » sur le plan ethnique, anime une soirée dans une salle prêtée par la mairie socialiste.

Initialement, cet événement de l’extrême droite radicale était programmé dans la Maison des Syndicats. Un événement fasciste dans un bâtiment abritant les organisations sociales et ouvrières. Une provocation incroyable. Il est désormais clair que les syndicats n’avaient absolument pas été prévenus. Ils ignoraient tout de ce scandale, qui avait été géré par la mairie dans leur dos. Autrefois, les syndicats nantais étaient basés dans une Bourse du Travail, un espace autonome d’organisation ouvrière, qui existait depuis une centaine d’année. Depuis leur déménagement dans une « Maison des Syndicats », moderne, sécurisée, appartenant à la mairie, ce sont les services municipaux qui gèrent les lieux, et y programment les événements. C’est donc à l’insu des organisations syndicales que Laurent Obertone a été invité à cet endroit.

Une fois informés, les syndicats CGT et Solidaires ont fortement protesté, et obtenu que l’auteur raciste ne viennent pas dans le bâtiment. Mais plutôt que d’annuler la soirée, la mairie a choisi d’offrir une autre salle à l’extrême droite. La salle de l’Egalité, à Chantenay. La soirée a donc eu lieu : des membres du GUD, connus pour leur violence, ont donc paradé en ville, puis autour de la salle, sous protection policière. Cela signifie que si l’information n’avait pas été découverte, le GUD aurait pu s’installer à la Maison des Syndicats, avec la permission de la mairie. Inimaginable.

Cette soirée n’est malheureusement pas isolée. Avant Laurent Obertone, il y a eu Alain Soral, le théoricien raciste Renaud Camus, le militant d’extrême droite radicale Le Gallou, ou encore des soirées du FN. A chaque fois, accueillis dans ses salles de la mairie. A chaque fois, ces soirées sont l’occasion pour l’extrême droite violente, mal implantée à Nantes, de se réunir, de parader, et même, souvent, de commettre des agressions. A chaque fois, lorsqu’on cherche les responsables, personne n’était « au courant » au sein de la mairie. Par contre, essayez d’organiser un événement anticapitaliste, ou contre la répression dans une de ces salles : c’est presque mission impossible.

Ces dernières années, l’extrême droite commet de nombreuses violences à Nantes. Notamment l’attaque armée d’un bar cet été, le début d’incendie d’un squat de réfugiés et la tentative d’homicide sur deux adolescents en mai 2017. Dans ce contexte, on peut se demander sérieusement à quoi joue la mairie de Nantes.

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Lu sur le facebook des Antifascistes Bassin Nazairien :

St Nazaire – 26 oct : retour sur la mobilisation antifasciste contre la venue d’Obertone

Samedi 26 dans la matinée nous apprenions que l’auteur Obertone serait à Saint-Nazaire à 17h pour dédicacer ses livres nauséabonds dans lesquels, entre autre, il appelle à la guerre civile contre les musulmans.

En très peu de temps l’information a bien circulé y compris à la CGT et chez les gilets jaunes. Un rassemblement antifasciste spontané s’est tenu face à la salle de conférence.

Une cinquantaine de Nazairien.nes, malgré la précipitation, est venue signifier à ces militants d’extrême droite qu’ils ne sont pas les bienvenus dans cette ville ouvrière et multiculturelle.

Face à nous une quinzaine de Gudars dont aucun n’habite ici et la plupart ont le visage dissimulé, stockent des cailloux, jouent à la provocation et aux baguarreurs derrière des policiers qui ferment les yeux et nous font face. La tension est vive jusqu’à ce que l’invité du jour soit vivement escorté et que le rassemblement, populaire, ne se dissolve.

comité d’accueil de la conférence d’Obertone à Saint Nazaire (photo Ouest France)

Merci à toutes les personnes présentes et à celles et ceux qui ont passé l’information. Cependant il semblerait que nous devions une nouvelle fois nous préparer à la mobilisation.

Un tel rassemblement de militants d’extrême droite, dont la plupart n’ont jamais mis les pieds ici et ne viennent que pour en découdre, ne doit pas pouvoir se reproduire. L’extrême droite n’a aucune histoire dans ce port international qui a toujours été et restera un point chaud de la lutte sociale.

Le racisme n’a pas lieu d’être ici ni nul part ailleurs et toute tentative d’implantation de leur part doit être combattue par la solidarité et la diversité qui nous caractérisent.

Or, aujourd’hui nous observons sur la page du RN local que le CERF (Cercle d’Études pour la Renaissance Française) compte tenir une réunion en ville le lundi 4 novembre.

Cette nouvelle intrusion de l’extrême droite est une provocation de plus. Nous ne voulons plus voir ces inconnus venir menacer tout le monde et c’est pourquoi nous vous invitons à passer le mot pour se rassembler à nouveau. L’horaire et le lieu qui accepte de les accueillir ne sont pour l’instant pas divulgués.

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