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Gilets Jaunes : Ni Macron, Ni Fachos

Un peu partout dans l’Hexagone les militant-e-s et élu-e-s d’extrême droite se montrent lors des rassemblements des gilets jaunes, comme samedi dernier à Paris [1]. Certains apparaissent même comme porte parole, nous publions quelques articles sur le sujet, à compléter :

En Savoie le Réseau Antifasciste de Savoie [2] a fait un petit tour d’horizon :

La mobilisation des Gilets Jaunes a réuni le 17 novembre plusieurs centaines de milliers de personnes dans toute la France. Point de départ de cette mobilisation : la hausse de la taxe carbone et de nombreux appels au blocage des routes sur les réseaux sociaux. L’indépendance vis-à-vis des organisations politiques et syndicales et la volonté d’éviter toute récupération ont aussi rapidement été mises en avant par une partie des Gilets Jaunes. Au final, nous avons pu assister à des réalités très différentes sur les milliers de rassemblements dans tout le pays, que ce soit par les modes d’action, les revendications, les motivations ou la sociologie des manifestant.e.s.

Malheureusement, comme à son habitude et dès le départ de la mobilisation, l’extrême-droite a tenté de surfer sur la colère de la population et de l’instrumentaliser à ses propres fins. En effet,  un certain nombre d’évènements sont venus confirmer que l’extrême-droite, ou tout du moins ses idées, ont pu s’exprimer cette semaine :

  • Bourg en Bresse : un élu local et son compagnon agressés après avoir été reconnus par des manifestants criant : « Je le reconnais, c’est un pédé ».
  • Saint Quentin : une femme contrainte de retirer son voile à un barrage routier.
  • A Cognac : une femme noire victime d’insultes racistes sous les yeux de ses enfants.
  • A Besançon : un journaliste victime d’insultes racistes et frappé au visage.
  • Somme : des migrants cachés dans un camion dénoncés aux flics par des Gilets Jaunes

Pour ce qui est des méthodes, on a pu observer sur certains barrages, des automobilistes contraints d’arborer un gilet jaune sur leur pare-brise s’ils souhaitaient poursuivre leur route. Drôle de manière de rallier à la cause, bien que légitime, des citoyens tout autant victime de la politique anti-social de Macron et de ses prédécesseurs…

En Savoie, plusieurs lieux de rassemblement se sont tenus le week-end dernier et nous souhaitons témoigner ici de la présence de l’extrême-droite et de ses sbires sur certains d’entre eux.

Rassemblement National (RN, anciennement Front National) : Marie DAUCHY (élue RN à la région Rhône Alpes Auvergne) et Brice BERNARD (président du RN Savoie) ont tout deux passé une partie de leur week-end sur le blocage de la voie rapide de Chambéry.

[3]

Clan la Montagne : association dirigée par David BERTON (ancien responsable du Front National Savoie) et adepte d’un curieux mélange de discours soralo-catholico-zemmourien. Présent sur le péage de Chignin puis sur la voie rapide de Chambéry le samedi. Il appelle au rassemblement sur le blocage du dépôt de carburant d’Albens cette semaine.

[4]

Bastion Social (aniciennement EdelweiSS Pays de Savoie) : voir nos articles à leur sujet (ici [5] et ici [6]). Présent sur le blocage de la voie rapide de Chambéry jusqu’à la nuit tombée, ils ont pu entonné leur fameux slogan « On est chez nous ! On est chez nous ! ».

[7]

Civitas : (voir notre article ici [8]) Alexandre GABRIAC, dirigeant national de ce parti catholique intégriste, a pu être aperçu au péage de la Motte Servolex puis rejoignant la voie rapide de Chambéry.

Lire la suite ici [9]

A Toulouse c’est un ancien du syndicat étudiant de droite l’UNI, mais aussi proche du groupuscule d’extrême droite l’Ucodel [10], selon France 3 Occitanie [11], qui se présente comme porte parole des Gilets Jaunes, voir l’article de l’IAATA [12] :

Depuis samedi 17 novembre, les gilets jaunes sont sortis de leurs groupes Facebook pour tantôt bloquer zones commerciales, autoroutes et périphériques. Dans ce mouvement qui a émergé « sans partis ni syndicats » commence à apparaître des leaders locaux et nationaux. Pour l’instant ces derniers se revendiquent pudiquement “porte-parole”. A Toulouse, la presse consacre Benjamin Cauchy. Qui est-il ?

[13]Aujourd’hui, lundi 19 novembre, Le Figaro [14] (et si) nous indique la stratégie développée par Benjamin Cauchy, toulousain de 38 ans et « cadre commercial dans les assurances. « Ce qu’on va faire aujourd’hui c’est évidemment maintenir la pression sur les artères et les centres économiques les plus importants ». Il s’exprimait aux environs de 7h ce matin sur RMC & BFM, interviewé par Jean-Jacques Bourdin. Jean-Jacques Bourdin, c’est le top du top pour les matinales des médias dominants, avec le bon compresseur qui va bien sur la voix du présentateur pour la rendre super grave.

Mais cette interview de 9 minutes (visibles ici pour les plus téméraires [15]) n’est pas sa première [16] une certaine Elise Cauchy les recense méthodiquement. Déjà 7 interviews en trois jours. La première dès le 14 novembre. Bon score. Faut dire que le type est à l’aise face aux caméras, il est commercial après tout, il balance cinq statistiques à la minutes. C’est propre. Mais on n’en sait pas vraiment plus sur lui à regarder ses discours télévisés. Interrogé sur les possibles récupérations de ce qu’on peut appeler son mouvement Benjamin Cauchy annonce “les gilets jaunes sont apolitiques”. Qu’a-t-il voté à la présidentielle de 2017 ? “Je n’ai pas voté Macron au premier tour” répond Benjamin Cauchy à JJ Bourdin.

Bref malgré les supers journalistes de BFM et CNews on n’en saura pas plus sur ce personnage “choisi par les gilets jaunes pour les représenter”. Sauf que…les gilets jaunes s’organisent sur les réseaux sociaux. Alors évidemment Benjamin Cauchy a un Facebook. Et là, le personnage apparait très “apolitique”. Apolitique comme l’UNI qui tracte sur un campus universitaire.

Lire la suite ici [17]

A Limoges celui qui se présente comme porte parole était déjà assez connu comme l’écrit le site La Bogue [18] :

Il n’est pas question ici d’analyser le mouvement des gilets jaunes mais il nous a semblé important de pointer du doigt ceux qui veulent se réapproprier un « mouvement citoyen » en prenant le masque de la respectabilité.

Focalisons-nous donc sur l’un des organisateurs autoproclamés des « gilets jaunes » à Limoges : Christophe Lechevallier.

[19]Ce visage bien connu des Haut-Viennois est passer par toutes les couleurs – le orange (du MoDem), le brun (du FN), le vert du glyphosate (avec la FDSEA), et le jaune (des gilets jaunes et de son syndicat FNSEA itou) – ces couleurs se marient très bien entre elles et forment une couleur virant vers le brun nauséabond…

Parcours politique et syndical :

D’abord au MoDem, il se présente aux législatives en 2012. Il organise même la venue de Bayrou dans sa ferme. Transfuge, il se rallie au Front national tout en étant secrétaire général de la FDSEA. Il organise encore un meeting à Pageas dans la ferme de ses parents en 2016, pour inviter sa nouvelle camarade Marine Le Pen.

Pour la FNSEA [1 [20]] et satellites régionaux (FRSEA), la pilule ne passe pas… Il devra « démissionner » . Pour rappel, entre la FNSEA et le FN, l’incompatibilité politique se base sur leurs

(…) valeurs fortes pour « plus d’Europe et mieux d’Europe » avec une Politique agricole commune (PAC) qui doit rester un enjeu stratégique, garante du maintien de l’activité de production agricole, du développement de filières agroalimentaires et de l’approvisionnement des consommateurs européens en produits sains et de qualité.

Pour la FNSEA, c’est donc une Europe ouverte aux capitaux et donc une fermeture des frontières par les barbelés de Frontex and co. Le dissensus porte donc sur la question de l’Europe et non sur les positions racistes, xénophobes, etc., du FN et de ses représentants.

Lire la suite ici [21]