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Allemagne: Derrick, trois épisodes inavouables ?

Derrick2 [1]

Mise à jour le 27/10/2013

Quatre ans après la mort de Horst Tappert, l’acteur qui incarnait le fameux inspecteur principal Derrick sur le petit écran, on apprend qu’il a servi pendant la Seconde Guerre mondiale sur le front de l’Est dans le régiment SS « Totenkopf ». Le bataillon auquel il a appartenu à partir de l’année 1942 s’est rendu coupable de nombreuses exactions dans des villages polonais. Lorsqu’elles ont appris cela, les chaînes étrangères (néerlandaises, belges et françaises), ont décidé de ne pas reprogrammer la série Derrick qui avait fait connaître Tappert hors des frontières allemandes, mais avec un délai… de 4 ans ! Mais le scandale ne faisait que commencer, car il ne s’agit pas seulement de Tappert, mais aussi de Herbert Reinecker, le créateur de Derrick, qui a non seulement conçu le personnage mais a écrit les scénarios de la plupart des épisodes. Il était lui aussi dans la Waffen-SS mais en tant que journaliste de propagande du régime nazi. Dans le cadre du « travail critique de fond mené sur l’Histoire », la deuxième chaîne de télé allemande, ZDF, a décidé d’ouvrir son armoire aux poisons. Dedans, trois épisodes de Derrick qui ne passèrent jamais à l’écran, et pour de bonnes raisons…
Nous, on y a d’abord cru, avant qu’un lecteur nous alerte (cf. commentaire ci-dessous) sur le fait qu’il s’agissait d’un fake, et nous démontre que la source, le journal allemand taz, avait en réalité fait un canular (voir ici [2])…

« La mort de l’usurier »

Le requin de la finance Aaron Goldenberg a été assassiné à coups de marteau. Derrick se saisit de l’enquête sans enthousiasme. Il connaît en effet les nombreuses familles munichoises que cet homme sans scrupule a jetées dans la misère. « Tous les meurtres ne se valent pas », dit l’inspecteur principal à Harry Klein, son adjoint. Mais, en bon criminologue allemand, il fait son devoir et parcourt la région pour réfléchir. Pendant ce temps, Harry collecte les adresses de ceux qui se sont endettés chez Goldenberg. Ce faisant, il surprend le maréchal-ferrant Eberhard Horre en train de laver un marteau ensanglanté. Ce dernier prétend que le sang provient d’un cheval de course blessé alors qu’il était en train de le ferrer. L’inspecteur Klein ne trouve rien à redire à cet alibi. Son supérieur non plus : « Les choses ne sont jamais simples lorsque des gens de l’engeance de Goldenberg se font trucider. » Il retourne parcourir la région en long et en large et finit par trouver le meurtrier à la seule force de sa déduction. Goldenberg était membre d’une loge maçonnique munichoise derrière laquelle se cachait la fraction bavaroise des Protocoles des Sages de Sion. Pour que Goldenberg, qui avait le vin bavard, ne révèle à personne les projets de conquête du monde de la loge, ses confrères ont disposé de lui d’une façon aussi cruelle que mystique. « Car le marteau est le symbole le plus important de cette assemblée malfaisante », explique doctement Derrick à son assistant et il dessine, comme pour se protéger, une croix gammée. Mais les indices ne suffisent pas pour arrêter la bande.

« L’assassin venait de l’ombre »

L’inspecteur principal Derrick profite d’un week-end « souvenir » à l’hôtel du « Casque de Fer » au bord du lac de Starnberg. Avec ses camarades de bataillon de police du Sicherheitsdienst (SD) « Siegfried », il se remémore les aventures qu’ils ont vécues ensemble au cours de la campagne de Russie. Mais la joyeuse beuverie se termine par un décès : Anton Hackbrett, autrefois cantinier du bataillon et actuel directeur du « Casque de Fer » est retrouvé mort dans la chambre froide de l’hôtel. Derrick commence par miser sur le sommelier aux cheveux longs, Henri Dechateau, et il le fait placer en détention préventive. C’est alors que se produit le meurtre suivant : cette fois-ci, la victime est Emil Holtzwurm, autrefois gratte-papier du bataillon. C’est un long cheveu brun recueilli sur la chemise de Holtzwurm qui conduit Derrick au meurtrier, ou plutôt à la meurtrière, la serveuse Gudrun. Elle s’appelle en réalité Ludmilla, et a été infiltrée par le KGB en Allemagne. Le motif de ses actes est clair : en s’attaquant au bataillon réuni ce week-end-là, elle voulait venger la mort d’une de ses tantes d’Odessa, devenue contre son gré une « fille à soldats » que le bataillon Siegfried avait emmenée avec lui. « Il faut pourtant laisser le passé reposer en paix », moralise Derrick avant de donner le coup de grâce à Ludmilla en lui tirant en balle dans la nuque.

« Folie furieuse »

Le conseiller commercial Höllriegl est désespéré : Freya, son berger allemand, a été enlevé. Il demande son aide à son compagnon d’armes Derrick. « Stephan, il s’agit d’une catastrophe nationale. Freya est une descendante de Blondie, la chienne de notre führer ! » Derrick ne tergiverse pas longtemps. À coup sûr, des casseurs communistes veulent se servir de la noble chienne pour leurs objectifs anti-nationaux. Derrick fait établir des barrages autour de la ville de Munich et arrêter de façon préventive tous les rouges. En même temps, il fait publier un ultimatum : si Freya n’est pas ramenée le lendemain matin, les chats de la ville seront tous pendus à des crochets de boucher. Car Derrick sait bien que, du fait de leur caractère fourbe et indépendant, les chats sont les animaux préférés des gangs bolcheviques. La situation se tend de façon dramatique lorsque l’inspecteur Harry Klein suit une piste qui l’emmène chez le sinistre vétérinaire Jossele. Un commando du Mossad s’est embusqué à son cabinet, qui retient Freya en otage. L’histoire, prévue initialement pour se poursuivre dans un deuxième épisode, a été finalement stoppée en pleine production, sur une fin ouverte : Derrick négociera-t-il avec les kidnappeurs de chiens ou ordonnera-t-il la solution finale ?