Paris : conférence Féminisme et Antifascisme

25 novembre 2013 5 Imprimer ce billet Imprimer ce billet
Quand :
5 décembre 2013 @ 18:00 – 20:00
2013-12-05T18:00:00+00:00
2013-12-05T20:00:00+00:00
Où :
Amphi Erignac
13 Rue de l'Université
Sciences Po, 75007 Paris
France

universite_alternative_couleurÀ l’heure où l’extrême droite est de plus en plus présente, alors que le 5 décembre, cela fera 6 mois que notre camarade Clément Méric a été assassiné par un membre du groupe fasciste Troisième Voie, les agressions fascistes se multiplient et bénéficient d’une indifférence d’autant plus grande que les personnes agressées sont racisées et/ou des femmes et/ou LGBT.

Dans un contexte d’islamophobie décomplexée, les femmes voilées sont de plus en plus exposées à la violence raciste et sexiste des fascistes. Au printemps, la Manif pour tous et le Printemps français ont été le théâtre de passages à tabac et de viols correctifs de personnes LGBT. En septembre, une jeune militante du Parti de Gauche a été menacée de viol. En octobre, une militante de l’Unef a été agressée devant chez elle au cutter. Tout cela nous rappelle que les idéologies fascistes sont racistes, mais aussi sexistes et homophobes.

« La famille traditionnelle est le socle de la Nation » affirmaient les militant-e-s d’extrême droite lors des mobilisations contre le mariage pour tou-te-s. Et pour cause, en stigmatisant l’homosexualité, en assignant les femmes à un rôle d’épouse au foyer et de mère, l’extrême droite affirme sa vision patriarcale et hétérosexiste de la société et exalte la reproduction de la « race » blanche.
On peut également mentionner des groupes appartenant à la mouvance « rouge-brune » tel Égalité et Réconciliation, dont la devise « gauche du travail, droite des valeurs » est emblématique d’une rhétorique articulant anticapitalisme, racisme, antisémistisme et hétérosexisme, et trouve écho chez des personnes se réclamant pourtant de la gauche radicale.
Si certaines femmes sont victimes des mouvements d’extrême droite, d’autres peuvent aussi en être des instigatrices actives. Jouant sur les stéréotypes associés aux femmes qui seraient « naturellement » douces et pacifistes, elles contribuent à la normalisation de l’extrême droite : Marine Le Pen a largement exploité cette stratégie. Mieux encore, ces militantes et figures politiques parviennent à se faire passer pour les véritables défenseures des droits des femmes, à faire croire en une possible « émancipation » des femmes (blanches) à travers la « nation »… tout en s’opposant à l’accès à l’avortement libre et gratuit, tout en faisant des hommes musulmans l’incarnation même du sexisme pour mieux les stigmatiser.
Dans ce contexte, il est indispensable d’organiser une riposte à la fois antifasciste et féministe, en permettant la convergence de nos idées et de nos organisations. Mais comment articuler ces combats à la fois sur le plan théorique et pratique ? Comment construire une pratique féministe de l’antifascisme, et vice-versa ?

L’Université Alternative vous invite à en discuter le jeudi 5 décembre de 19h00 à 21h, amphi Erignac, 13, rue de l’Université.

Avec les interventions de:

Irène Pereira, sociologue
Lola Lafon, romancière
Une militante de La Horde.

5 commentaires »

  1. La Plume du Singe 3 décembre 2013 at 09:10 - Reply

    En tant que militants antifascistes « blancs », nous ne ne parvenons pas (plus ou quasiment) à mobiliser avec nous les victimes directes de la libération de la parole et des actes racistes et xénophobes. Nous étions hier soir en réunion dans les quartiers Nord de Marseille et nous entendons depuis plus d’un ami les mêmes propos. Nous sommes perçus non comme des complices des racistes mais comme des archaïques qui radotent depuis 50 ans les mêmes slogans, les mêmes qui à travers la lutte anti-raciste souhaitent prolonger la « domination » des « blancs » sur les victimes pour les faire voter puis les oublier après les élections.
    La réponse de la Horde n’est vraiment pas à la hauteur de la problématique soulignée. L’accuser de reprendre la réthorique des fascistes est pour le moins au mieux maladroit au pire totalement stupide.

    • La Horde 3 décembre 2013 at 17:05 - Reply

      Notre réponse était à la hauteur du commentaire de départ, qui n’était pas une argumentation, mais un jugement expéditif et injuste. Au lieu de nous insulter (notre réponse serait « totalement stupide « ), demande-toi si l’expérience que tu as faite dans les quartiers Nord de Marseille n’est pas plutôt le signe d’une usure du mouvement antiraciste en France, due à son instrumentalisation à des fins politiciennes par l’ensemble des mouvements de gauche. En ce qui nous concerne, nous ne roulons pour aucun parti, et défendons un antifascisme autonome : en quoi serions nous des paternalistes néo-colonialistes ? Juste du fait de notre couleur de peau ?

  2. La Plume du Singe 3 décembre 2013 at 08:57 - Reply

    Nous comprenons très bien ce que souligne Majnouna.
    Nous sommes des individus qui souhaitant s’engager de manière plus active dans l’antifascisme, nous avons créé un collectif très autonome de socialistes libertaires « blancs » pour l’immense majorité, collectif qui n’est affilié à aucune structure ou parti.

  3. Majnouna 27 novembre 2013 at 09:44 - Reply

    Ce qui est bien c’est de se réunir entre blanches pr parler racisme. Bien bien, très pertinent tout ça…! Si les féministes blanches pouvaient arrêter de se faire mousser sur le dos des femmes racisées ce serait bien. Même pr afficher une solidarité, parler à la place des dominées quand soi-même on participe structurellement du système de domination, ça craint!

    • La Horde 27 novembre 2013 at 10:06 - Reply

      Au lieu de faire un procès d’intention sur internet, viens donc débattre avec les gens présents ce jour-là. Car contrairement à ce que tu affirmes, personne ne s’y fera mousser ni ne parlera à la place de… Mais pour ce qui nous concerne, que les choses soient claires : d’une part le féminisme et le racisme sont l’affaire de toutes et tous, sans distinction ni de sexe ni d’origine, et d’autre part opposer systématiquement « blancs » et « racisés » comme tu dis, ce n’est ni plus ni moins que reprendre le discours de l’extrême droite qui cherche depuis des décennies à substituer à la lutte des classes une « lutte des races ».

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