1993 : Makomé est assassiné dans un commissariat parisien

7 avril 2014 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet
Quand :
7 avril 2017 Journée entière
2017-04-07T00:00:00+00:00
2017-04-08T00:00:00+00:00

Makomé est assassiné au commissariat des Grandes Carrières, le 7 avril 1993. La hiérarchie policière appelle cela un « incident de police » en langage administratif, pour nous, il s’agit d’un crime raciste et sécuritaire.

MakoméIl y a dix ans, la droite est revenue au pouvoir, les flics se croient tout permis. Dans le quartier, c’est des contrôles au faciès, les mains contre les murs, des fouilles au corps. Le 7 avril, Makomé est arrêté, pour vol de cigarettes. Il a 17 ans, et il refuse de se laisser interroger et humilier. Pascal Compain, un flic mal noté par ses supérieurs, avec 12 ans de service, le menace de son arme… à bout touchant, appuyé et Makomé se prend une balle dans la tête.

Compain est placé en garde à vue. Immédiatement après, le quartier s’enflamme. Après les premières manifestations, les flics se déchaînent, les civils chassent les jeunes devant la mairie, à chaque arrestation, c’est des applaudissements à tout rompre des flics en tenue, tandis que les soutiens essaient de s’organiser pour être présents.

On s’en souvient, impossible de se retrouver à plus de deux, sauf à se faire arrêter illico. Une sorte d’état d’urgence, le 18ème est bouclé et les médias s’offusquent: Paris n’est pas la banlieue, et pourtant le quartier est en état de siège. Pendant ce temps-là, la famille attend, la justice n’est pas faite.

Il faut attendre presque trois ans pour que le procès ait lieu. Dans l’intervalle, d’autres jeunes meurent ou sont blessés grièvement dans toute la France par d’autres flics qui, grisés par l’impunité, laissent libre cours à leur racisme.

Le 12 février 1996, le procès a lieu. Malgré les démonstrations techniques qui montrent qu’un coup de pistolet ne part pas comme ça, qu’il faut exercer une forte pression sur la détente pour que la balle parte, Compain n’est plus jugé pour homicide involontaire, les faits ont été requalifiés : violences volontaires avec arme, ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Peu importe qu’il se soit agi d’un flic, que Makomé ait été menotté et ait crié, juste avant de mourir « Arrêtez, vous n’avez pas le droit! »

Compain est condamné à 8 ans. Il en a fait trois, au moment du procès, il est libérable un an après.

Dans de nombreux autres cas, les flics ne sont même pas inquiétés : leurs victimes sont diffamées et leurs familles n’ont pas le droit d’exprimer leur douleur.

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