Calendrier

Déc
8
ven
1942 : rafle de Tunis
Déc 8 – Déc 9 Journée entière

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 90 000 Juifs vivaient en Tunisie. Dès octobre 1940, les lois antisémites de Vichy s’appliquent dans ce pays colonisé par la France. Pour affirmer son opposition à l’occupant français, Moncef Bey, le « chef de clan » de Tunis, refuse que soit imposé le port de l’étoile jaune, et tente de protéger la population juive de la ville. Mais le 9 novembre 1942, les nazis envahissent le pays et organisent des rafles dont la plus importante se déroule à Tunis : près de 5 000 Juifs sont envoyés dans dans les 32 camps de travaux forcés que compte la Tunisie, principalement vers Bizerte et dans les environs de Tunis. À partir d’avril 1943, commenceront les premières déportations en avion en direction des camps de Pologne et d’Autriche. En mai 1943, les nazis fuient la tunisie sous la pression des Alliés…

Mar
13
mar
Dreux, 1983 : le FN dépasse les 16%
Mar 13 Journée entière
Jean-Pierre Stirbois (à gch.) et Jean-Marie Le Pen.

Jean-Pierre Stirbois (à gch.) et Jean-Marie Le Pen.

La liste Front national menée par Jean-Pierre Stirbois fait plus de 16 % des suffrages au 1er tour du scrutin à l’élection municipale de Dreux (Eure-et-Loir). La liste du FN va ensuite fusionner avec celle du RPR (ancêtre de l’UMP) menée par Jean Hieaux qui est élu maire au second tour. Cette première victoire à une élection locale, et la cogestion de la ville avec la droite « traditionnelle » marque un tournant dans l’histoire du FN : c’est le point de départ de sa percée électorale, et l’illustration que le travail de terrain peut se révéler payant, au-delà des ambitions présidentielles des Le Pen père et fille…

Mar
17
sam
Russie : meurtre d’Alexeï Krylov
Mar 17 Journée entière

Le 16 mars 2008, à la sortie d’une station de métro située dans le centre de Moscou, un groupe de skinheads néonazis armés de couteaux ont attaqué cinq personnes qui se rendaient à un concert punk hardcore. Un punk de 21 ans, Alexeï Krylov, a succombé à de multiples blessures avant que l’ambulance arrive sur les lieux de l’attaque. Par la suite, on a appris que le meurtre avait été planifié sur un site de hooligans du Spartak de Moscou.

Mar
19
lun
Toulouse : meurtres antisémites dans une école
Mar 19 Journée entière

Toulouse—meurtres—MerahjpgAprès avoir tué 4 militaires quelques jours avant, le 19 mars 2012 à Toulouse, Mohamed Merah, 23 ans, ouvre le feu devant un lycée juif et tue un enseignant, Jonathan Sandler, et ses deux enfants, ainsi que la fille du directeur, âgée de huit ans, qu’il exécute d’une balle dans la tempe. La nature antisémite du meurtre ne fait aucun doute, et même s’il reste de nombreuses zones d’ombre dans cette affaire (en particulier parce que Merah sera abattu dix jours plus tard par le Raid, sans s’être expliqué sur ses actes), on sait que c’est animé par le fanatisme religieux que Merah a perpétré ses meurtres.

Avr
7
sam
2006 : Samba, militant antiraciste, tué par des néonazis russes
Avr 7 Journée entière

Samba Lampsar, un étudiant originaire du Sénégal, qui militait dans une ONG antiraciste, a été tué le 7 avril 2006 à  Saint-Pétersbourg par des hommes qui l’attendaient à la fin d’une soirée en discothèque qui célébrait l’amitié interculturelle entre Russes et étrangers. Les agresseurs attendaient les étudiants africains, embusqués sous une porte cochère : ils se sont précipités en hurlant des slogans nazis, les étudiants sont partis en courant, pris de panique. Un coup de feu est parti, l’homme qui a tiré sur Samba Lanpsar s’est enfui après avoir abandonné son arme, sur laquelle était gravée une svastika. Les médias se sont emparés de l’affaire, et l’enquête de police (au sujet de l’arme) a conduit à un certain Dimitri Borovikov, qui dirigeait un groupuscule skinhead néonazi, Madcrowd.

1993 : Makomé est assassiné dans un commissariat parisien
Avr 7 Journée entière

Makomé est assassiné au commissariat des Grandes Carrières, le 7 avril 1993. La hiérarchie policière appelle cela un « incident de police » en langage administratif, pour nous, il s’agit d’un crime raciste et sécuritaire.

MakoméIl y a dix ans, la droite est revenue au pouvoir, les flics se croient tout permis. Dans le quartier, c’est des contrôles au faciès, les mains contre les murs, des fouilles au corps. Le 7 avril, Makomé est arrêté, pour vol de cigarettes. Il a 17 ans, et il refuse de se laisser interroger et humilier. Pascal Compain, un flic mal noté par ses supérieurs, avec 12 ans de service, le menace de son arme… à bout touchant, appuyé et Makomé se prend une balle dans la tête.

Compain est placé en garde à vue. Immédiatement après, le quartier s’enflamme. Après les premières manifestations, les flics se déchaînent, les civils chassent les jeunes devant la mairie, à chaque arrestation, c’est des applaudissements à tout rompre des flics en tenue, tandis que les soutiens essaient de s’organiser pour être présents.

On s’en souvient, impossible de se retrouver à plus de deux, sauf à se faire arrêter illico. Une sorte d’état d’urgence, le 18ème est bouclé et les médias s’offusquent: Paris n’est pas la banlieue, et pourtant le quartier est en état de siège. Pendant ce temps-là, la famille attend, la justice n’est pas faite.

Il faut attendre presque trois ans pour que le procès ait lieu. Dans l’intervalle, d’autres jeunes meurent ou sont blessés grièvement dans toute la France par d’autres flics qui, grisés par l’impunité, laissent libre cours à leur racisme.

Le 12 février 1996, le procès a lieu. Malgré les démonstrations techniques qui montrent qu’un coup de pistolet ne part pas comme ça, qu’il faut exercer une forte pression sur la détente pour que la balle parte, Compain n’est plus jugé pour homicide involontaire, les faits ont été requalifiés : violences volontaires avec arme, ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Peu importe qu’il se soit agi d’un flic, que Makomé ait été menotté et ait crié, juste avant de mourir « Arrêtez, vous n’avez pas le droit! »

Compain est condamné à 8 ans. Il en a fait trois, au moment du procès, il est libérable un an après.

Dans de nombreux autres cas, les flics ne sont même pas inquiétés : leurs victimes sont diffamées et leurs familles n’ont pas le droit d’exprimer leur douleur.

Avr
15
dim
2004 : l’islamophobie, déjà…
Avr 15 Journée entière

Le 15 avril 2004, un incendie manque de détruire la mosquée d’Haguenau, au nord de l’Alsace : deux croix gammées sont retrouvées sur la façade. Quelques jours plus tard, ce sont les pompes funèbres musulmanes de la région sont aussi visées par un incendie ; sur la façade, encore des croix gammées. Le 19 avril, la mosquée la plus fréquentée d’Alsace, dans le quartier de la Meinau, subit le même sort. Le 22 avril, une épicerie halal est détruite par un incendie à Koenigshoffen. Les Musulmans ne sont pas les seuls visés, et la semaine suivante, 127 tombes sont barbouillées à la peinture rouge de croix gammées, de croix celtiques et de sigles SS…

Avr
16
lun
2006 : l’antifa russe Sacha Ryuhin est assassiné
Avr 16 Journée entière

Le 16 avril 2006, Sacha Ryuhin (19 ans) a été assassiné par plusieurs skinheads néonazis alors qu’il se rendait à un concert de What We Feel à Moscou. Trois de ses agresseurs ont été arrêtés : ils ont été inculpés de hooliganisme, malgré leur appartenance à des groupes d’extrême droite violents. Les autres, qui n’ont pas été arrêtés, sont inculpés de meurtre.

Ni oubli, ni pardon !

Avr
21
sam
2002 : Jean-Marie Le Pen arrive au second tour de l’élection présidentielle
Avr 21 Journée entière

Capture-d’écran-2010-04-17-à-11.34.06Alors que la plupart des observateurs (journalistes, politiques…) avaient déclaré le Front national mort et enterré suite à la scission de 1999, Jean-Marie Le Pen crée la surprise en arrivant pour la première (et dernière) fois de sa carrière politique au second tour de l’élection présidentielle, la seule qui comptait à ses yeux. C’est la panique, surtout dans le peuple de gauche : le soir même, et plus encore à l’occasion de la manifestation du Premier mai, une foule immense, principalement des jeunes, se rassemble dans la rue un peu partout dans l’Hexagone pour dire non à Le Pen.

475669On s’imagine en 1933, et on va même, pour « sauver la démocratie », jusqu’à appeler à voter pour le candidat Jacques Chirac, l’homme « du bruit et des odeurs », celui qui choisira Nicolas Sarkozy comme ministre de l’intérieur… De nombreux antifascistes radicaux à l’époque, marquent leur scepticisme, et on les accuse de faire le jeu du Front national : mais qui se chargera de créer un ministère de l’identité nationale ? de durcir les lois anti-immigrés ? de conduire une politique de démantèlement du système de protection sociale mis en place par le conseil national de la Résistance ? La droite portée au pouvoir au nom de l’antifascisme républicain, comme l’avait fait avant elle les gouvernement de droite comme de gauche depuis le milieu des années 1980.

Juin
5
mar
1984 : premier appel du SCALP à Toulouse
Juin 5 Journée entière

scalp indien5 juin 1984 : premier appel du Scalp (Section Carrément Anti-Le Pen) à Toulouse, pour manifester contre la venue de Jean-Marie Le Pen dans la ville : derrière le slogan « contre le FN, le SCALP déterre la hache de guerre », plus de 4000 personnes se rassemblent, et quelques centaines d’entre elles viendront taquiner la police au moment de la dispersion… La veille, plusieurs kilos d’explosifs avaient détruit la salle municipale où devait avoir lieu le meeting.
Cette manifestation est à la fois l’aboutissement de toute une série de mobilisation anti-FN au cours des semaines précédentes, et le point de départ de l’antifascisme radical contemporain, car l’expérience du Scalp toulousain va se prolonger au cours des années suivantes un peu partout en France…