Grèce : Que se passe-t-il après les élections législatives

18 juillet 2019 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Le 7 juillet se déroulait des élections législatives en Grèce, qui ont amené un nouveau premier ministre de droite, Kyriakos Mitsotakis, au pouvoir. Notre camarade Yannis Youlountas avait fait une petite synthèse des résultats de ces élections, avec la disparition d’Aube Dorée du parlement, mais aussi les menaces du nouveau premier ministre sur les lieux de luttes, dont le quartier rebelle d’Exarcheia,  en affirmant « nettoyer Exarcheia en un mois ». Toute notre solidarité va avec les personnes en lutte en Grèce. Pour suivre les dernières nouvelles sur la mobilisation contre l’expulsion du quartier d’Exarcheia, n’hésitez pas à aller sur le blog de Yannis Youlountas ici.

Résultats définitifs des élections législatives du 7 juillet en Grèce

Bon, en me levant, j’ai trouvé beaucoup de questions, en particulier concernant certains partis et certaines régions. Du coup, je vous ai préparé cette petite synthèse avec la traduction de quelques cartes. Après, on passera à autre chose, car le plus important est à venir.

Kyriakos Mitsotakis ridiculisé toute l’après-midi, sur les « réseaux sociaux » en Grèce, par cette image…reprise par certains médias. « Kyriakos Mitsotakis a voté devant un emblème anarchiste. »

Total des inscrits : 9.959.012. À savoir qu’en Grèce, le vote est censé être obligatoire, avec même des peines de prison en cas d’abstention, mais jamais appliquées.

Abstention : 4.190.920 (très forte hausse) soit 42,08% des inscrits (on est passé de 29% à 42% d’abstention ces dernières années)
+ 2 urnes électorales volées par des anarchistes d’Exarcheia

Participation au scrutin : 5.768.092 soit 57,92% des inscrits
dont nuls : 77.462 (1,34% des votants)
et blancs : 42.655 (0,74% des votants)

PARLEMENT (300 sièges)

Droite : 2.250.866 voix (39,85% des votants) 158 sièges
SYRIZA : 1.780.737 (31,53%) 86 sièges
Parti socialiste : 457.441 (8,10%) 22 sièges
Parti communiste : 299.494 voix (5,30%) 15 sièges
Ext droite religieuse : 208.737 voix (3,70%) 10 sièges
DIEM25 (Varoufakis) : 208.737 (3,44%) 9 sièges

AUCUN SIÈGE

Aube dorée : 165.682 voix (2,93%)
Gauche Cap liberté (Zoé Konstandopoulou) : 82.631 (1,46%)
Union des centristes : 70.132 voix (1,24%)
EPAM (vous connaissez l’UPR ?) : 28 250 (0,50%)
Anticapitalistes ANTARSYA : 23 184 (0,41%)
Gauche Unité populaire (Lafazanis) : 15 943 (0,28%)

Remarque : si le total vous parait énorme par rapport au nombre d’habitants en Grèce, c’est parce qu’il y en a beaucoup hors de Grèce (diaspora grecque).

En régions : celle qui a voté le plus à droite est celle de Kastorias dans le nord de la Grèce (plus de 50% pour la droite). Et celle qui a voté le plus à « gauche » est la Crète (comme toujours), en particulier le département d’Héraklion où Syriza obtient 13% d’avance sur la Droite et où le total des voix de « gauche » approche les 67%.

Lire la suite avec différents graphiques

Aube dorée viré du parlement grec !!!

Avec une chute de 6,99% (Législatives précédentes en septembre 2015) à 2,96%, soit une perte de plus de la moitié de ses électeurs, Aube Dorée disparait complètement du spectre politique parlementaire. 3% étaient nécessaires pour avoir un siège. Aube Dorée est brutalement passé de 18 sièges à 0 !!!

C’est le résultat d’une lutte antifasciste formidable au cœur d’Athènes (Agios Pantélémonas), au Pirée ou encore en Crète (où le parti a vu tous ses locaux détruits un par un jusqu’à abandonner). Une preuve de plus qu’on ne lutte pas contre le fascisme en discutant avec ses leaders ni ses passerelles, mais en le combattant frontalement et sans relâche. C’est ce que nous avons fait en Grèce, avec mes compagnons et camarades, alors que l’État laissait faire puis tardait à juger les assassins de Pavlos (2013) et d’autres victimes, et que les médias de masse acceptaient presque tous de leur servir la louche.

Pas besoin de l’État ni des médias de masse pour lutter contre le fascisme, bien au contraire.

Y.Y.

L’opération policière « loi et ordre » contre Exarcheia et Rouvikonas serait prête à être lancée

Le compte à rebours approche de la fin, au centre d’Athènes, pour les anarchistes, les autogestionnaires, les migrants et les solidaires.

Selon le nouveau ministre de l’ordre public, Michalis Chrysochoidis, et le sous-ministre en charge de la politique pénale et pénitentiaire, Lefteris Economou, le plan de l’État serait prêt pour attaquer le quartier rebelle d’Athènes.

Un énorme dispositif policier se prépare, avec des MAT (CRS), des voltigeurs DIAS, des agents des services de renseignements, des équipes antiterroristes et d’autres unités.

Le nouveau premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, veut absolument que son mandat commence en frappant un grand coup, au plus vite, contre « les « anarchistes et « les cagoulés » qui seraient soi-disant responsables du trafic de drogues et du trafic d’armes dans la capitale. « Les migrants » seraient également responsables de cette chienlit, selon les chaînes de télé, plus précisément « employés par les antiautoritaires » dans une sorte de « mafia libertaire et internationale au centre-ville ».

Bref, une très grosse parano dans tous les médias à la botte pour justifier l’offensive imminente de l’État grec contre un des rares bastions d’autogestion en Europe. Un quartier d’Exarcheia qui « donne de très mauvaises idées ailleurs, depuis trop longtemps », notamment dans sa résistance contre les incursions policières.

Le nouveau gouvernement a annoncé l’évacuation imminente de tous les lieux occupés, quel que soit l’objet du squat, dans la totalité du quartier, et de nombreuses perquisitions pour chercher de la drogue, des armes et d’autres équipements utilisés dans les luttes.

Les principaux chefs de la police se déclarent prêts à intervenir et certains de leurs subalternes ont même fait le buzz sur Facebook en annonçant leur joie d’aller casser de l’anar et du migrant. Par exemple, le flic Konstantinos Iliopoulos a déclaré :
« À partir de demain, anarchistes de merde et fils de putes, nous serons dans Exarcheia comme chez nous avec l’équipe Delta » (groupe tristement célèbre de voltigeurs très violents recrutés dans l’extrême-droite la plus virulente).

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Un commentaire »

  1. Bégé Jeau Claude Maxi 19 juillet 2019 at 10:48 - Reply

    pour l’avenir démocratique et social de l’Europe prolétaire unissons nous

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