Quand Le Parisien met involontairement en lumière les amis d’ultra droite du Rassemblement national

17 juin 2019 3 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

« Une photographie inédite de cette France de la contestation radicale » : voilà comment Le Parisien qualifiait son article consacré à « l’ultra droite » dans son édition du 8 juin 2019. Sur une photo qui accompagne l’article dans sa version papier, avec une légende sans équivoque (« pendant leurs manifestations, les activistes n’hésitent pas à multiplier les saluts nazis »), on reconnait sans peine, au premier plan, deux jeunes militantes bien connues : Kerridwen Chatillon et Clothilde Marie-Jeanne, dont nous vous avons déjà parlé ici et .

En haut : l’article du Parisien. En bas : Clothilde Marie-Jeanne (à gauche) et Kerridwen Chatillon (à droite).

Le terme « ultra droite » est généralement utilisé par la police ou dans la presse pour ne pas confondre, au sein de l’extrême droite, les mouvements « respectueux des règles démocratiques » type Rassemblement national des affreux « radicaux » qui s’en distingueraient par leur violence et leurs références explicites aux mouvements fascistes d’avant-guerre. Pourtant, Kerridwen, un des filles de l’ancien leader du GUD dans les années 1990, Frédéric Chatillon, ami très proche de Marine Le Pen, a été jusqu’à récemment (ou est toujours, leur romance ne nous regarde pas), la petite amie de Jordan Bardella, la tête de liste du Rassemblement national aux élections européennes. On peut ainsi la voir à ses côtés en compagnie d’un cadre important du RN, Jean-Lin Lacapelle, lui aussi du clan Chatillon, député européen et membre du bureau national du mouvement de Marine Le Pen.

Kerrdiwen Chatillon aux côtés de Jordan Bardella et Jean-Lin Lacapelle, en 2017, autour d’une petite fondue à Neuilly-sur-Seine.

Comme nous l’avions déjà dit dans un article précédent, Kerridwen est peut-être celle qui suit le plus fidèlement l’exemple paternel. Sur le plan politique, on l’a déjà aperçu à différentes manifestations d’extrême droite, et surtout à la « fête du cochon » de septembre 2015 à laquelle participaient entre autres Jean-Marie Le Pen, des anciens du DPS et Alain Escada de Civitas, chez sa mère Marie d’Herbais : Kerridwen y portait une joli croix celtique autour du cou, ainsi que son improbable bob que l’on voit aussi sur la photo du Parisien, qui date certainement de la même époque.

Source : le site d’extrême droite Info Média Libre (photo de gauche) et Facebook (photo de droite). À ses côté (la troisième en partant de la gauche), Clothilde Marie-Jeanne.

Clothilde Marie-Jeanne n’est pas non plus une inconnue dans le milieu néofasciste, puisqu’on l’avait vu traîner au Renouveau français et au GUD, et en première ligne sur différentes initiatives nationalistes sur Paris, dont les manifestations du 9 mai ou bien, lors des mobilisations homophobes de 2012 à 2014, au premier rang avec le Printemps français lors des incidents qui ont émaillé les « Manifs pour Tous ». On avait aussi parlé d’elle à l’occasion d’un article sur le 9 mai, apparemment ça lui avait plu :

Clothilde et sa petite copine Charlène Blanc, alias Epona, la chanteuse du groupe de RAC Northmen Impakt, nous avaient adressé un petit coucou via Facebook. Nous aussi, on vous aime !

Et comme leurs aînés, les Chatillon, Loustau et autres, cette jeune génération faf sait fonctionner en réseau, voire en clan. C’est ainsi grâce à l’oncle de Kerridwen, Pierre d’Herbais, que Clothilde a pu trouver un emploi au sein de « Cap France Sécurité Privée».

La fine équipe de Cap Sécurité : Pierre D’Herbais (A), Charles d’Herbais (B), Clothilde Marie-Jeanne (C), Xavier Maire (D) et Baptiste Coquelle (E). “Irréprochables”, nous précise le Courrier de la Mayenne d’où est extraite la photo du haut… Disons que ça se discute !

Fondée en 2015, cette société a travaillé pour de nombreuses salles de spectacles prestigieuses, comme le théâtre Mogador, les Folies bergères ou le Casino de Paris, ou encore pour l’hôtel de luxe Hilton, mais elle avait surtout comme particularité d’embaucher exclusivement des militants néofascistes. En effet, la fiche de la société précise que ses effectifs n’excèdent pas cinq salariés : or, si on met à part Pierre d’Herbais lui-même et son jeune frère Charles, le reste de l’équipe est composée de Clothilde Marie-Jeanne et de deux autres militants du GUD, également proches du Front national.

Xavier Maire (à gauche) lors du défilé du 9 mai à Paris et Baptiste Coquelle (à droite) en pleine rigolade. La classe !

Le premier, Baptiste Coquelle, fait partie des quelques militants du GUD ayant rejoint le FN au début des années 2010, visiblement sans grande difficulté, à une époque où Marine Le Pen jurait pourtant ses grands dieux que les nazillons au FN, c’était de l’histoire ancienne. Le skinhead nazi Coquelle, à peine arrivé, est pourtant rapidement intégré, comme le montre la photo ci-dessous :

Coquelle en bonne compagnie lors de la soirée des 40 ans du Front National le 11 décembre 2012 : Julien Rochedy (alors patron du FNJ) à sa droite, et Marion Maréchal derrière.

Il fallu que l’information, initialement révélée par le site d’information antifasciste REFLEXes, soit reprise dans la presse mainstream  pour que Marion Maréchal soit obligée de se justifier, prétendant ne pas connaitre les jeunes de son propre parti, et que Coquelle soit viré du FN.

Le second, Xavier Maire, alias Henri De La Marchandise est un ancien de la section jeunesse d’Alsace D’abord à l’origine du retour du GUD à Strasbourg, et du Bastion social Strasbourg, ce qu’il peine à assumer, puisqu’il déclara qu’il était “allé une ou deux fois dans le local” lors de son procès. En effet, c’est à l’occasion du procès du 10 janvier 2019 à Paris de plusieurs militants d’extrême droite pour des faits de violence commis lors d’une manif de Gilets jaunes, que Maire est sorti de l’anonymat. Mais cette radicalité affichée n’empêche pas notre gudard d’avoir sa carte au parti de Marine Le Pen, comme son propre avocat l’a dit lors des débats… Il est également suffisamment proche de la famille Le Pen pour avoir été invité dans la résidence familiale de Saint-Cloud, en septembre 2015 :

Xavier Maire au calme chez les Le Pen à Montretout, en septembre 2015.

On voit bien, à travers ces différents exemples, que le Rassemblement national, malgré les dénégations de ses dirigeant.es, reste toujours en bon terme avec les éléments les plus radicaux de l’extrême droite, en particulier autour du GUD, dont les anciens militants, plus discrètement peut-être que les Identitaires qui eux aussi ont investi le mouvement de Marine Le Pen, ont par le passé, et encore aujourd’hui, conservé de bonnes relations avec le RN. Alors que Thierry Mariani vient de publier une lettre ouverte dans laquelle il invite ses anciens amis à se fondre dans le Rassemblement national, il n’est pas inutile de le rappeler, car si union des droites il doit y avoir, cela pourraient bien donner des ailes aux plus radicaux, même s’ils restent dans l’ombre…

La Horde

3 commentaires »

  1. tuco 28 juin 2019 at 11:21 - Reply

    une petite précision concernant Nicolas Bay et son emploi a Riwal
    il a été “salarié” de la boite de Frederic Chatillon en mai et juin 2012 et a perçu un revenu brut de 8385 euros

  2. tuco 19 juin 2019 at 14:59 - Reply

    EFFECTIVEMENT ON RESTE DANS CE MILIEU DANS L”ENTRE SOI
    KERRIDWEN PAR EXEMPLE A FAIT UN STAGE AU PARLEMENT EUROPÉEN AUPRÈS DE NICOLAS BAY
    CE DERNIER AVAIT BÉNÉFICIÉ EN 2012 D’UN CDD CHEZ RIWAL LA BOITE DU PAPA DE KERRIDWEN FREDERIC CHATILLON
    MANQUE DE BOL LA JUSTICE SE DEMANDE QUELLE EST LA REALITE DE CE TRAVAIL ÉTANT DONNE QUE NICOLAS BAY NE DISPOSAIT NI D’UN BUREAU FIXE NI D’ADRESSE MAIL PROFESSIONNEL
    QUAND A L’HISTOIRE D’AMOUR ENTRE LES 2 TOURTEREAUX CA NE NOUS REGARDE PAS
    MAIS L’ÉTÉ DERNIER LES AYANT CROISÉS DANS LES CALANQUES DE MARSEILLE ÇA AVAIT L’AIR D’ÊTRE SÉRIEUX

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