Lyon : L’afa’buleuse repeint l’avenue Berthelot

17 avril 2019 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

La semaine dernière, face aux slogans néonazis et racistes qui avaient été tagués sur l’avenue Berthelot au début du mois, et face à la récupération politicienne nauséabonde qui s’en est suivie, des antifascistes ont pris l’initiative de repeindre l’avenue (lu sur Rebellyon).

Depuis déjà des années, les fascistes s’implantent de plus en plus. À Lyon, des groupuscules tels que le Bastion « social », Génération identitaire, l’Action française, ou Blood and Honor ont pu ouvrir de nombreux locaux : bars, salle de boxe, commerces… Avec une indifférence complice de la part des autorités.

Nous, étudiant⋅e⋅s du quartier, nous voyons depuis plusieurs années des tags racistes et anti-migrant⋅e⋅s recouvrir nos murs et nos trottoirs sans aucune réaction de la part des politicien⋅ne⋅s. Cette implantation fasciste se traduit notamment par une multiplication des agressions dans nos rues.

La semaine dernière, de nombreuses personnalités politiques – dont le maire Gérard Collomb – se sont rendues devant les tags nazis de l’avenue Berthelot. Une belle opportunité de s’afficher devant la presse comme « déterminés à lutter contre le fascisme ».

Ce coup de com’ s’inscrit dans la stratégie des pouvoirs locaux de ces derniers mois de fermer certains espaces fascistes. Alors qu’iels le laissent se développer impunément depuis des années, ces pompiers incendiaires se servent aujourd’hui du fascisme comme d’un épouvantail à l’approche des échéances électorales (élections européennes et surtout municipales).

Nous refusons que la lutte antifasciste serve un quelconque calendrier politique. Elle doit être un combat permanent, populaire et autonome.

En dépit de leur opposition de façade au fascisme, les autorités mènent une répression que certains régimes d’extrême-droite n’ont rien à envier : contrôles policiers acharnés contre les personnes racisées, surveillance de masse de la population, violences policières contre les mouvements sociaux, incarcération dans des centres de rétention comparables à des prisons et expulsions des personnes migrantes…

Le fascisme n’est qu’un des multiples visages du capitalisme d’État. Le récent titre de membre d’honneur accordé à Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, par le groupuscule fasciste Génération identitaire, ne fait que mettre un peu plus en évidence cette collusion. Les fascistes peuvent remercier Castaner et sa caste de légitimer politiquement les discours vaseux que l’extrême-droite tentent d’imposer dans les médias et l’opinion depuis des décennies.

Localement, notre cher maire Gérard Collomb entretient lui aussi de bonnes relations avec la nébuleuse identitaire. Bien qu’il ne l’affiche pas publiquement, l’actuel maire de Lyon est un très bon ami de la famille de Clément Gandelin – dit « Clément Galant », l’un des porte-paroles de Génération identitaire.

Face au fascisme sous toutes ses formes, face à sa récupération politicienne… riposte antifasciste !

L’AFA’BULEUSE (Action antifasciste Berthelot Ultra-Libertaire Engageant Un Soulèvement Étudiant)

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