La DNR : des néonazis, pas “une association nationaliste à but caritatif”, contrairement à ce que laisse dire une certaine presse

15 avril 2019 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Oui, ce sont bien des néonazis qui avaient l’intention de ce rassembler le week-end prochain en Ille-et-Vilaine, et non de simples “nationalistes” menant des activités “caritatives” ou “sociales”. Nous vous avions informé d’un rassemblement de la Division Nationaliste Révolutionnaire à Plélan-le-Grand près de Rennes, car nous n’acceptons pas la présence de néonazis, quand bien même il ne serait que quelques dizaines. Or une certaine presse commerciale a tenté de faire le buzz en ouvrant ses colonnes au chef de la DNR, Johann Faust, lui donnant ainsi l’occasion de tenter de faire prendre des vessies pour des lanternes. Mise au point.

Notre article a au moins eu le mérite de permettre une mobilisation antifasciste dans la région, qui a très certainement permis de faire annuler le rassemblement que les néonazis de la DNR avaient prévu. Mais le groupuscule existe toujours, et il conserve un certain pouvoir de nuisance. Cette annulation n’est cependant pas en soi pas une véritable surprise, car c’est une habitude chez eux d’annoncer des rassemblements qui finalement n’ont pas lieu.

En octobre déjà, ils avaient annoncé un “grand rassemblement” à Plélan-le-Grand, qu’ils ont reporté au 11 novembre au dernier moment : le jour dit, ce sont huit personnes qui se sont rassemblées… Toujours en octobre, ils sont signataires de la manifestation de la Dissidence française : aucun militant de la DNR ne fait finalement le déplacement. Au mois de janvier, les voilà partis pour organiser un concert avec un groupe connu de la scène RAC((Rock Against Communist)), Match Retour, mais aussi No Blaz, un groupe de la région parisienne : le concert d’abord annoncé en Corrèze dans le coin de Sébastien Dudognon, se finit dans la Nièvre, pas très loin de chez Johann Faust.

La plupart des “événements” prévus par la DNR n’ont en réalité jamais eu lieu.

En janvier encore, la DNR Paris annonce une maraude dans la capitale pour février, finalement annulée (difficile de faire une maraude seuls, quand on a pas l’habitude d’aller au contact de ceux et celles qui vivent dans la rue). Pour finir, ce rassemblement annoncé à Plélan-le-Grand début mars, puis reporté au week-end du 20 avril, bien parti pour être lui aussi annulé.

La DNR n’est pas le Secours populaire, n’en déplaisent à certains journalistes ! 

On pourrait donc se dire que l’échec de la DNR est total, si certains journalistes peu scrupuleux, ayant pris contact avec son leader Johann Faust, ne s’étaient pas contentés de lui donner la parole sans à aucun moment apporter de démenti à ses mensonges éhontés. 

Ainsi, par exemple sur France 3, on peut entendre Faust affirmer : « on est là pour aider les gens », ou encore dans le Parisien, prétendre que la DNR est « une association nationaliste à but caritatif » : or nos vaillants néonazis ne sont là que pour s’aider eux-même, et récolter de l’argent pour financer leurs propres activités. Autant qu’on le sache, aucune action concrète n’a été faite en faveur de personnes extérieures à leur groupe.

Les “cadres” DNR de gauche à droite : A. Eddie Batista (Paris), B. Sébastien Dudognon, C. Johann Faust, D. Jérôme Galuppini (Alsace). En bas, les mêmes en pleine activité caritative.

On peut lire encore, sans que le journaliste ne trouve rien à y redire, dans le Parisien :  « On ne fête pas l’anniversaire du Führer ! Ce sont les antifascistes qui ont fait le rapprochement » ou, dans Ouest France, « On est nationalistes. On applique la préférence nationale, mais nous ne sommes pas politisés. On est très loin du groupuscule néonazi, vous n’allez pas trouver de skinheads. ».

Des élucubrations de Faust à la réalité

Évidemment, il n’en est rien. Nous avions d’ailleurs mis en ligne de nombreuses preuves du contraire, que même un journaliste paresseux aurait pu reprendre et publier en contrepoint des propos de Faust. En effet, depuis des mois, les militants de la DNR ont laissé des traces, dont nous avions déjà publié des captures d’écran. Puisque visiblement cela n’a pas suffi, en voici quelques autres pour les personnes qui douteraient encore de l’orientation proprement néonazie du groupuscule :

  • des saluts nazis en groupe, y compris devant une plaque commémorative, à la Butte aux Cailles à Paris, à la mémoire d’enfants juifs déportés  :

Les DNR quasiment au complet en train de s’aérer les aisselles. En bas à gauche : Eddie
Batista devant une plaque à la mémoire des enfants juifs déportés dans le Quartier de la Buttes aux Cailles à Paris.

  • Sébastien Dudognon, l’un des militants qui a le plus animé la DNR, avec comme livre de chevet Mein Kampf :

  • Certains de leurs membres se sont même rendus en Allemagne mi-mars pour rencontrer d’autres néonazis du mouvement Die Rechte, fondé en 2012 par Christian Worsch, une figure du mouvement néonazi allemand dans les années 1990.

On excusera l’orthographe approximative d’Eddie, qui ne connait pas plus les langues étrangères que sa propre langue. Pauvre France…

Il n’était donc pas difficile d’appeler un chat un chat, et un néonazi, un néonazi. De même, si l’on comprend bien qu’il faille donner la parole à Faust par rigueur journalistique, la moindre des choses aurait été de faire de même avec des antifascistes, ou au minimum de mettre un lien vers les documents que nous avons produits et qui présentent une toute autre image que celle que la DNR et son chef essayent désormais de se donner, en faisant au passage le ménage sur les réseaux sociaux.

La Horde

Un commentaire »

  1. Saya 5 mai 2019 at 14:57 - Reply

    Pour ces gens ne dit pas “de gauche à droite” mais de “droite à droite”.

    Merci de l’info et de tout votre taf

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