Guillaume Faye, postmoderne identitaire, est mort

7 mars 2019 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Guillaume Faye, né en 1949 et mort la nuit dernière, était un théoricien paneuropéen révolutionnaire-conservateur qui fut à l’origine du renouvellement du corpus doctrinal de l’extrême droite identitaire française, et plus largement de l’évolution de l’extrême droite euro-américaine, avec son concept d’« archéofuturisme », forgé au milieu des années 1990 mêlant philosophie postmoderne, éléments issus de la contre-culture occidentale et discours racistes. Stéphane François, chercheur spécialisé sur l’extrême droite, nous a proposé cet article qui reprend à la fois le parcours et l’œuvre de Faye, refus à la fois de la modernité et du conservatisme (le site antifasciste REFLEXes avait lui aussi fait il y a quelques temps un portrait du personnage).

Nous avions fait une petite place à Faye dans notre jeu des 7 familles de l’extrême droite, à retrouver ici.

La pensée de Guillaume Faye a dépassé largement le cadre français pour être lue et commentée par les militants européens et américains. En ce sens, il est un penseur très important de l’extrême droite euro-américaine. Son militantisme a connu deux grandes périodes : de 1970 à 1986, il a été membre de GRECE (Groupement d’Études et Recherches de la Civilisation Européenne) et peut être considéré comme son second théoricien après Alain de Benoist. À l’époque, il défendait une forme de pensée révolutionnaire-conservatrice plutôt pro-arabe. Après un retrait de l’activisme politique (1987-1996) pour travailler dans les médias français (radio, presse et télévision), il est revenu en tant que théoricien identitaire important, avec un discours très violent focalisé sur l’islam et l’immigration arabo-musulmane. De ce fait, Guillaume Faye est un homme complexe et parfois déconcertant. En raison de cette complexité, nous organiserons notre propos en trois parties. Dans un premier temps, nous reviendrons sur sa biographie et ses évolutions professionnelles. Ensuite, nous analyserons ses deux grandes périodes de militantisme. Enfin, nous étudierons son influence dans les extrêmes droites, française, européenne et américaine.

Entre activisme politique et médias

Guillaume Faye occupe une place à part dans le petit monde de la droite radicale. Il est né le 07 novembre 1949, à Angoulême, une ville moyenne du Sud Ouest de la France. Il est issu d’un milieu bourgeois aisé, avec une famille plutôt de droite bonapartiste (une droite autoritaire et nationaliste). Contrairement à beaucoup de membres fondateurs du GRECE, il ne vient pas d’une famille ayant collaboré durant la Seconde Guerre mondiale. Il n’a pas non plus milité au sein des milieux pro-OAS ou nationalistes. Guillaume Faye a fait ses études à l’Institut d’Études Politiques de Paris, où il a animé de 1971 à 1973 le Cercle Pareto, l’association du GRECE dans cette grande École. Il est devenu militant de ce dernier en 1970. Orateur doué, théoricien assez brillant, il devient durant les années 1980 un permanent du GRECE (il occupe le poste de secrétaire aux « études et recherches ») et l’un de ses principaux auteurs publiant dans les revues de la Nouvelle Droite : (Éléments, Nouvelle École, Orientations, Études et Recherches). Durant les années 1970 et 1980, il est également un journaliste publiant dans plusieurs grands journaux et magazines nationaux français (Figaro magazine, VSD, Paris-Match) et contre-culturels (L’Écho des savanes) français.

Guillaume Faye dans les années 1970.

Ses références intellectuelles étaient les Français Henri Lefebvre, Jules Monnerot, Robert Jaulin, Julien Freund, Michel Maffesoli, Gilles Deleuze, Guy Debord ; les Allemands Friedrich Nietzsche, Hegel, Martin Heidegger, Arnold Gehlen, Jürgen Habermas, Georg Simmel, Ferdinand Tönnies, Carl Schmitt ; les Britanniques Herbert Spencer et Robert Ardrey, l’Américain Christopher Lash. Il ne reconnaît qu’une influence provenant de l’extrême droite, celle du journaliste et philosophe italien Giorgio Locchi, qui joua un grand rôle dans l’élaboration des premières doctrines du GRECE. Avec d’autres, il participe à la diffusion des thématiques identitaires et révolutionnaires-conservatrices (défense de l’identité culturelle biologique et culturelle, nationalisme européen, anti-américanisme, antilibéralisme, rejet de l’immigration au nom du respect des différences et des particularismes ethnoculturels) ; des thématiques défendues avant lui par différents groupes nationalistes-révolutionnaires ou néonazis. Spirituellement, il est proche depuis cette époque d’une forme de paganisme, mais sans accepter les tentatives de reconstruction de celui-ci. Il est alors proche de la tendance païenne du GRECE et a participé au Serment de Delphes prononcé au début en 1979 à l’instigation de Pierre Vial, alors secrétaire général du GRECE, serment prononcé à Delphes, devant la Stoa, par plusieurs militants européens païens et radicaux du GRECE. Ce serment consistait en la promesse de ces militants de combattre pour l’identité européenne.

Des divergences intellectuelles et financières avec Alain de Benoist firent qu’il fut marginalisé au sein du GRECE. Il le quitta au printemps 1987. Il s’éloigna alors du militantisme au sein de la Nouvelle Droite pour se concentrer sur ses activités dans les médias. Parallèlement à son activité dans la presse écrite (sous on nom ou sous pseudonymes), il devient animateur (« Skyman ») sur une grande radio française (Skyrock), mais il avait déjà eu une expérience d’animateur radio entre 1983 et 1986, en participant à la radio libre La Voix du Lézard, ancêtre de Skyrock. En tant que Skyman, il fit la joie de ses auditeurs par ses canulars et son esprit provocateur.

Guillaume Faye (à droite), alias Skyman.

Il participa également entre 1991 et 1993 à une émission généraliste d’une chaine publique française. Il affirme avoir également joué dans des films pornographiques. Il publie aussi trois livres destinés au grand public sous le pseudonyme de Skyman, dont deux furent publiés par les Presses de la Cité : Le Guide de l’engueulade (1992) et Le Manuel du séducteur pressé (1993), tous deux avec Jean-Philippe Serrano (1992) et un dernier chez Grancher, Viol, pillage, esclavagisme, Christophe Colomb, cet incompris : essai historico-hystérique, (1992), avec Jean-Christophe Florentin.

Enfin, il écrivit des scénarios de bandes-dessinées, une expérience commencée en 1985 avec le roman graphique, Avant-guerre. Il en publiera d’autres dans les années 2000, aux scénarios très militants, dont Chirac contre les fachos, en 2002. N’étant pas hostile à l’homosexualité et au transsexualisme, il écrit durant cette période pour la revue homosexuelle Gaie France, où il fit parfois l’éloge de l’homosexualité adolescente (pour ne pas dire pédophilie) au nom du paganisme.

Il revient à la politique en 1998 avec un livre important publié par un grand éditeur de l’extrême droite française L’Æncre, L’Archéofuturisme, après lequel il enchaîne avec La Colonisation de l’Europe en 2000. Dès lors, il multiplie les activités avec toutes les tendances de l’extrême droite. Il fait des conférences avec des proches du GRECE, avec des royalistes, avec des jeunes catholiques traditionalistes, avec des néopaïens, etc. L’année 2000 voit les attaques d’Alain de Benoist et de ses proches, qui l’accusent de racisme. Le moment est mal choisi pour Faye et son éditeur, L’Æncre : les deux étaient poursuivis en justice pour incitation à la haine raciale, suite à la parution de La Colonisation de l’Europe. Guillaume Faye est finalement exclu du GRECE par une assemblée fédérale des cadres convoquée en mai 2000 par Alain de Benoist, afin de donner une apparence de légitimité à la vindicte de ce dernier. Faye évoluera ensuite dans les milieux identitaires, participant au groupe Terre & Peuple, fondé par les anciens grécistes Pierre Vial, Jean Mabire et Jean Haudry, jusqu’à son exclusion en 2007 à la suite de la parution de son ouvrage La Nouvelle question juive.

La pensée de Guillaume Faye, entre postmodernité et identité

Intellectuellement, Guillaume Faye fait partie des inclassables du GRECE : il n’éprouve pas la nostalgie du völkisch (Pierre Vial, Jean Haudry ou Jean Mabire) ; il n’a aucun intérêt pour les théoriciens de la « Tradition » comme Julius Evola ou René Guénon, pour l’ésotérisme ou pour les tentatives de réinvention de cultes païens. Il n’est pas non plus un réactionnaire, ni un Moderne. Il se trouve également à mi-chemin des courants « culturaliste » et « biologique » du GRECE. Il fut très influencé par les philosophes et sociologues postmodernes français (Michel Maffesoli notamment). Comme nous l’avons dit plus haut, il participe à la diffusion d’une identité à la fois culturelle et biologique. Surtout, contrairement à une majorité de militants d’extrême droite, il n’est pas hostile à l’hypermodernité et à la libération des mœurs, à laquelle il a consacré deux livres : en 1983 Sexe et idéologie et en 2011, Sexe et dévoiement. Sa conception de la sexualité est depuis cette époque très « libérée », « païenne » selon lui. Elle va à l’encontre du discours moralisateur dominant de l’extrême droite. Elle porte aussi en elle une révolution culturelle, sapant les fondements de la morale chrétienne. La libération sexuelle permettrait donc l’acceptation d’un régime autoritaire.

Ses premiers ouvrages, parus au début des années 1980, sont à la fois une critique de la société de consommation, un refus de l’uniformisation et un rejet de l’occidentalisation du monde. Il s’agit de l’une des grandes constantes intellectuelles de Faye : il défend depuis cette époque un différentialisme radical, au point de proposer, dès le début des années 1980, le retour des immigrés extra-européens dans leur aire civilisationnelle, l’objectif du droit à la différence étant selon lui le rejet de la société multiraciale car une telle société serait multiraciste. Il condamne également et fort logiquement le multiculturalisme et ce qu’il appelle « l’ethnomasochisme ». Dès la fin des années 1990, il prône le combat culturel et l’idée que la culture européenne doit se penser comme supérieure.

À l’instar de certains théoriciens de gauche, en particulier ceux de l’École de Francfort, il considérait que l’Europe était colonisé par les valeurs américaines. Le rejet des États-Unis qui en découlait le plaçait alors dans le courant nationaliste-révolutionnaire, bien qu’il refusât le nationalisme au profit d’un nationalisme européen. Cette influence se retrouve dans sa géopolitique qui condamne « l’axe américano-sioniste ». Il proposait en retour en 1985 une alliance avec les régimes arabes, en particulier baasistes. Depuis son retour dans l’arène politique, Guillaume Faye a inversé son discours : il soutient Israël et les États-Unis contre le monde arabo-musulman. En effet, il est devenu un idéologue identitaire important, au discours violemment anti-immigration et islamophobe, au nom d’une défense des intérêts ethniques européens. Il se fait, depuis la fin des années 1990, le chantre d’un racialisme virulent digne des années 1900-1930.

Faye aux Assises de la remigration, en 2014.

Adepte d’un droit du sang fondé sur le concept d’allogène, il souhaite une campagne nataliste et eugénique pour les Européens au sens ethnique du terme. Il reprend aussi la thématique darwiniste-raciale national-socialiste de la « lutte pour la survie » considérant les autres civilisations comme des ennemies à éliminer, pour ne défendre que la civilisation européenne dont l’apport aurait été capital dans l’histoire de humanité (une vieille de l’extrême droite la plus raciste). Il en appelle à la « conscience ethnique » des Européens, indispensable selon lui au maintien dans l’histoire de la civilisation Européenne. Nous ne pouvons constater que l’extrême violence de ce discours ouvertement raciste. Allant au bout de sa logique, Guillaume Faye développe enfin l’idée d’une immigration extra-européenne (africaine, arabo-musulmane, asiatique) qui ne serait qu’une forme de colonisation. Son discours actuel est une complète inversion de ses positions du début des années 1980, lorsqu’il soutenait la nécessité d’une alliance euro-arabe pour lutter contre l’hégémonisme américain, il condamne encore l’américanisation des mœurs. Toutefois, il reconnaît que l’Amérique ne serait que l’adversaire principal, l’ennemi étant composé des populations immigrées et musulmanes. L’évolution est manifeste.

Enfin, il y a aussi chez lui la volonté de mettre à bas la démocratie libérale pour faire face à ce qu’il appelle la « convergence des catastrophes » qui nous menacerait, pour reprendre le titre de l’un de ses ouvrages à la teneur survivaliste et apocalyptique, qu’il a signé du pseudonyme de Guillaume Corvus. Selon lui, les pays occidentaux seraient menacés par différents périls : la cancérisation du tissu social européen ; le déclin démographique ; la menace d’un Sud chaotique ; la crise financière mondiale ; la montée des intégrismes religieux et notamment musulman ; l’affrontement Nord/Sud sur des bases ethnico-religieuses ; et enfin, l’aggravation d’une pollution incontrôlée. Pour éviter l’effondrement civilisationnel et écologique, il propose de mettre en place un régime autoritaire sous l’égide d’un « chef né », d’un dictateur. Toutefois, s’il y a bien un risque de catastrophe écologique, il ne pense pas, contrairement aux écologistes radicaux qu’il qualifie de « naïfs », que la Nature soit en danger. Seule l’humanité le serait, la Terre se remettant du bouleversement climatique.

Une œuvre de plus en plus commentée

Guillaume Faye entretien de longue date des liens avec divers groupes et correspondants. Dès les années 1980, il est traduit en italien, en allemand et en espagnol, des pays où il existe de longue date des groupes néo-droitiers et nationalistes-révolutionnaires. Ceux-ci traduisirent plusieurs de ses ouvrages parus entre 1980 et 1985 : Le Système à tuer les peuples (1981) ; La NSC, la nouvelle société de consommation (1984) ; Les Nouveaux enjeux idéologiques (1985) ; Petit lexique du partisan européen (1985), coécrit avec les militants Belges Pierre Freson et Robert Steuckers. Ses articles furent également traduits dans les versions allemandes et italiennes d’Éléments et de Nouvelle École. Durant cette première période, Guillaume Faye participa à des colloques universitaires en Grèce (les « colloques d’Athènes » organisés par Jason Hadjinas entre 1982 et 1985) et en Belgique (université de Mons sur les liens euro-arabes en 1985). Il enseigna même la sociologie de la sexualité à l’université de Besançon. Surtout, il fit des conférences dans les cercles néo-droitiers européens. Durant sa période « médias », il abandonna ses interventions militantes. Cependant, ses premiers livres et ses articles de la période néo-droitière continuèrent d’être traduits et commentés par les militants européens, mais aussi par les militants américains dans la mouvance qui fut appelée ultérieurement « Alt-Right ».

Guillaume Faye en 2012, à American Renaissance Conference.

Sa notoriété grandit à l’étranger à compter de son retour en politique. Durant les premières années de celui-ci, entre 1998 et 2006, il renoua des liens avec les milieux identitaires issus du GRECE et de la nébuleuse nationaliste-révolutionnaire. Ainsi, il participa à des réunions et des colloques organisés par des militants de l’« Eurosibérie », sorte d’empire fédéral regroupant les peuples de « race blanche » tant en Europe qu’en Amérique du Nord. Les rencontres furent organisées en 2005, en Espagne, et 2006, en Russie. En Espagne, il se retrouva aux côtés de militants très radicaux, aux marges du nazisme : italien, avec Gabriel Adinolfi, allemands avec Pierre Krebs, qui le traduisit et le publia en allemand dans les années 1980, et Andras Molau, et enfin, Ernesto Mila. En Russie, il côtoya de nouveau Pierre Krebs ; l’Espagnol Enrique Ravello ; les Français Pierre Vial et Yann-Ber Tillenon, anciens cadres du GRECE ; le Grec Iephterios Ballas, l’Ukrainien Galina Lozko et enfin les Russes Vladimir Ardeyev, Anatoli Ivanov et Pavel Tulaev. L’objectif de ces rencontres était de mettre en place une structure défendant l’« avenir du monde blanc » : le Conseil des peuples d’origine européenne qui regroupe des groupuscules allemands, autrichiens, espagnols, flamands, français, italiens, portugais, russes, serbes, wallons (Belges francophones) et québécois. Dans la continuité, il proposa, lors de la Conférence Internationale sur « L’avenir du Monde blanc » qui se déroula à Moscou les 8 et 10 juin 2006, une alliance entre l’Eurosibérie et tous les peuples blancs d’origine européenne. C’est ce qu’il appelle la « notion de Septentrion ». Il s’agit selon lui de créer des « ethnosphères », c’est-à-dire des ensembles territoriaux ethniquement proches, associant civilisation et idée raciale. Il devient alors une figure importante du « national-occidentalisme ». Les idées récentes de Faye ont été reprises par l’Alt-right.

En effet, cette même période voit la multiplication des traductions des ouvrages de Faye, liée au contenu violemment anti-musulman et anti-islam de ceux-ci. Les ouvrages les plus importants de sa seconde période paraissent en anglais chez l’éditeur londonien Arktos Media, un éditeur radical, qui a des liens avec l’« alt-right » : The Archeofuturism, The Colonisation of Europe, Why we fight (Pourquoi nous combattons), The Convergence of catastrophes (La Convergence des catastrophes), Sexe and Deviance et Archeofuturism V 2.0 (L’Archéofuturisme V 2.0) et sont traduits dans d’autres langues.

Toutefois, la parution en 2007 de La Nouvelle question juive provoque une rupture d’avec ses anciens amis, très souvent antisémites : les nationalistes-révolutionnaires européens et les identitaires issus du GRECE le considèrent comme trop « sioniste ». Ses positions non hostiles à Israël et au judaïsme font qu’il est rejeté également par les négationnistes et les catholiques traditionalistes. Si ce livre provoque des ruptures, le philosémitisme de Faye lui ouvre les portes d’associations juives radicales, tant en France qu’aux États-Unis.

L’ouvrage de Faye n’est pas bien reçu dans les milieux NR et identitaires…

Enfin, les thèses de Guillaume Faye sont discutées par Telos. Pourtant, si Faye a des références communes avec la Nouvelle Gauche américaine (par exemple Jürgen Habermas, Carl Schmitt, Martin Heidegger, etc.), il s’en éloigne sur la question de la puissance, dont la raison instrumentale peut être un outil selon lui et, évidemment, sur la question du racisme. Paul Piccone soutenait l’idée que la Nouvelle Droite était une sorte de « nouvelle Nouvelle Gauche », mais le GRECE n’a rien de gauche, il ne fait que reprendre la stratégie national-révolutionnaire d’une extrême gauche de l’extrême droite.

Guillaume Faye est donc, depuis son retour dans le militantisme politique, un théoricien important de la pensée identitaire. Son rejet de l’islam et de l’immigration arabo-musulmane a rencontré un public favorable aux États-Unis, dont l’extrême droite est sensible à cette question à la suite du 11 septembre 2001. En outre, il est important de prendre en compte que les théoriciens de la Nouvelle droite française (Alain de Benoist, Guillaume Faye) lisent les penseurs américains (par exemple Paul Gottfried, Raymond Cattell, Arthur Jensen, Donald Swan, Wesley George, Roger Pearson, Kevin MacDonald, Robert Griffin, Samuel Francis, Jared Taylor, etc.) depuis la création du GRECE en 1968, malgré l’anti-américanisme affiché de celui-ci. Ces lectures ont donné naissance à un échange réciproque de références intellectuelles et de discussions. Depuis les années 2000, l’extrême droite américaine découvre ces penseurs européens dont elle s’approprie les thèses.

Stéphane François

 

Stéphane François nous amicalement communiqué ici une version courte d’un article, dont la version longue sera disponible dans un ouvrage à paraître Paganisme, écologie et identité. Etudes sur la Nouvelle Droite et ses dissidences

Un commentaire »

  1. darkjeanne 9 mars 2019 at 01:52 - Reply

    Faye parle peut-être de “transsexualisme” mais vous utilisez le terme hors-citation. Dans ce contexte l’emploi du mot est un peu choquant pour le special snowflake que je suis, peut-être que ça mériterait une révision ?

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