Gilets jaunes acte X : l’extrême droite se lâche

22 janvier 2019 3 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Si, comme le montre l’exemple nantais, alors que certains Gilets jaunes revendiquent leur antifascisme, du côté de l’extrême droite, l’heure est désormais à la récupération décomplexée, et ses militants les plus déterminés n’hésitent plus à agresser physiquement des Gilets jaunes ou leur soutien.

Alors que la manifestation parisienne de samedi s’est tristement illustrée avec la présence de militants nationalistes en tête de cortège pour faire le service d’ordre (dont certains que nous avions présentés ici), les tentatives de récupération des Gilets jaunes par l’extrême droite se multiplient.

Ainsi, Marine Le Pen, en pleine campagne pour les élections européennes, a déclaré dans le Vaucluse “les Gilets jaunes, c’est nous !” avec un certaine impudence quand on connait son attitude antisociale au Parlement européen, comme on peut le lire ici. Les antisémites Benedetti, Soral et compagnie ont eux aussi fait leur petit numéro à Rungis pour draguer les Gilets jaunes… Plus généralement, les militants d’extrême droite se sentent depuis ce week-end pousser des ailes, tant sur les réseaux sociaux que dans certains cortèges, s’estimant désormais probablement plus légitimes à influencer le mouvement, alors même que leur efforts pour faire venir les Gilets jaunes sur leur thématique (immigration, PMA…) peinent à aboutir.

Mais cette arrogance de l’extrême droite s’est malheureusement aussi traduite par des agressions physiques samedi. “Gilets Jaunes info”, un organe de presse qui s’est constitué au sein du mouvement, a ainsi publié le communiqué suivant :

L’acte X, samedi 19 janvier 2018, a été un succès, mobilisant à nouveau partout en France des dizaines de milliers de Gilets Jaunes pas dupes du simulacre de discussion ouvert par Emmanuel Macron. La contestation ne s’essouffle pas et elle est partie pour durer !

Pourtant, des incidents inadmissibles ont eu lieu à plusieurs reprises dans le cortège Parisien. Plusieurs Gilets Jaunes et une militante syndicale, venue nous apporter son soutien, ont été agressés par des militants identitaires qui portaient eux aussi un gilet jaune pour semer la confusion dans nos rangs.

Nous voulons faire passer très clairement, aux victimes, aux Gilets Jaunes, aux militants d’autres horizons qui nous soutiennent, le message suivant : ces agressions sont inacceptables et nous les dénonçons haut et fort. Ces actes indignes n’ont pas leur place au sein de notre mouvement .

Nous disons ici clairement que toute notre solidarité va aux personnes agressées.

Nous leur présentons publiquement nos excuses, puisque les agresseurs sont sortis de nos rangs.

Et nous tenons à remercier particulièrement cette militante d’être venue nous apporter son soutien et lui dire qu’elle est et reste la bienvenue parmi nous, contrairement à ceux qui s’en prennent lâchement aux manifestants.

Depuis le début du mouvement, les Gilets Jaunes ont mis l’accent, de manière unanime, sur la nécessité d’unir le peuple, au-delà des appartenances politiques, syndicales, ethniques ou religieuses. Notre mouvement est une véritable convergence des luttes.

Pour pouvoir nous retrouver sur nos intérêts communs, nous nous sommes définis apartisans et asyndicats. Il est évident que cette volonté commune est strictement incompatible avec les agressions dont se sont rendus coupables quelques nervis d’extrême droite qui veulent faire passer leur idéologie partisane avant l’intérêt général.

Face à ces agissements, notre responsabilité, en tant que Gilets Jaunes, est de faire savoir, sans équivoque, que ces agressions n’ont pas leur place dans nos cortèges. Ceux qui s’en rendent coupables s’excluent eux-mêmes de la démarche unitaire qui définit notre mouvement.

Nous réaffirmons que tous les citoyens qui le souhaitent doivent pouvoir nous rejoindre sans subir de discriminations, sans craindre d’être pris à partie et ce, quelles que soient leurs opinions, dans le respect des principes d’union populaire rappelés ci-dessus.

Tout comportement faisant obstacle à cette nécessité est indigne, contraire aux valeurs des Gilets Jaunes et fait le jeu du gouvernement. Nous ne l’accepterons jamais.

3 commentaires »

  1. D 30 janvier 2019 at 19:20 - Reply

    En tant que Gilet jaune toulousain et plus proche de loin des antifas que de l’extrême droite je suis choqué pour toutes vos conneries. Continuez de combattre le fascisme là où il se trouve : chez toutes les personnes et entités présentes sur votre diagramme comme celle qui tentent se s’y faire une place (je pense à notre bon gouvernement centriste qui cache des mesures à tendance fascisantes) mais laissez les Gilets jaunes tranquilles ! Il y a des fachos dans nos rangs parce qu’il y a des gens qui se tournent vers l’extrême-droite dans le peuple français, ni plus ni moins.

    • La Horde 1 février 2019 at 18:48 - Reply

      Malheureusement, c’est plus compliqué que ça. Et on ne voit pas pourquoi on laisserait les Gilets jaunes “tranquilles”. Comme n’importe quel autre mouvement social, les Gilets jaunes doivent au contraire être questionnés, et éventuellement critiqués. On t’accorde qu’on a tendance à appuyer là où ça fait mal, mais c’est pour le bien du mouvement. Il ne sert à rien d’adopter une politique de l’autruche, qui est celle qui prévaut pour le moment.

  2. M. 23 janvier 2019 at 17:21 - Reply

    Ben oui… Comme vous l’espériez, ça commence à décanter un peu, tant mieux. Oui mais… On voit bien, et ça nous surprend pas, que le pouvoir, ce qu’il aime mieux écouter, ce sont les “porte-paroles” – la plupart du temps d’extrême droite. Plus pratique pour y discuter tranquille RIC et “problème de l’immigration”, ça c’est sûr.Et faut pas se cacher que ceux qui se rangeraient plutôt sous la bannière “on veut vivre et pas survivre” que sous celle de la défense du pouvoir d’achat, ils sont numériquement (et malheureusement pas que) plutôt en infériorité sur les ronds-points, pour ce que j’ai pu en voir.
    Alors, je crains bien qu’on soit en plein dans le scénar développé par un Rodolphe Crevelle : prendre appui à un certain moment sur l’extrême gauche en faisant alliance avec eux, et s’en débarrasser le moment venu…
    Et comment lutter contre ça ?

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