Gilets jaunes : l’extrême droite, ennemie des luttes sociales

29 décembre 2018 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Nantes Révoltée a publié sur son compte Facebook un argumentaire pour dénoncer la présence de l’extrême droite dans le mouvement des Gilets jaunes, rappelant que cette dernière est toujours du côté des possédants et des forces répressives de l’État, et que sa seule réponse aux injustices sociales est une autre injustice, en choisissant comme boucs-émissaires les étrangers.

Alors que la grande vague de contestation sociale née le 17 novembre dernier ne s’essouffle pas, et que les Gilets Jaunes continuent à tenir des ronds points et mener des actions dans tout le pays, le politicien d’extrême droite Florian Philippot, ancien bras droit de Marine Le Pen, a fait déposer la marque « Gilets Jaunes ». Une opération de récupération et de privatisation faite sur le dos de milliers de blessés et d’arrêtés ces dernières semaines, en vue de créer un « label » pour les élections européennes. Cette manipulation abjecte n’est pas le premier coup tordu venu de l’extrême droite. C’est l’occasion de rappeler que ce bord politique est l’ennemi absolu des luttes sociales.

MILLIONNAIRES ET ÉNARQUES

Premier élément, Marine Le Pen n’est pas du côté du peuple : c’est une femme millionnaire, fille d’un politicien millionnaire, professionnelle de la politique, qui n’a jamais travaillé de sa vie. Elle ne connaît rien à la vie des gens précaires, des gens qui galèrent, des gens qui occupent des ronds points. D’ailleurs, Marine Le Pen s’est prononcée contre l’augmentation du SMIC pendant la présidentielle. Or, l’augmentation des salaires est justement la revendication principale des Gilets Jaunes. La même appelait à « arrêter le mouvement » dès l’acte 3, début décembre. L’extrême droite ne cherche pas à défendre les plus pauvres, mais à récupérer leur colère lors des élections.

Quant à Philippot, c’est un énarque, arriviste, professionnel de la politique : il est partie intégrante du « système » qu’il prétend dénoncer. Tout comme le souverainiste Asselineau, énarque et ancien membre des réseaux Pasqua, ces réseaux proches de l’ancien ministre de l’intérieur. Un monde politique à cheval entre la droite dure et le Front National. Bref, ces individus sont au cœur des cercles de pouvoir depuis 30 ans. Comme opposants au « système », on a connu mieux !

SOUTIEN SANS FAILLE À LA POLICE

Alors que le mouvement des Gilets Jaunes subit une répression d’une extraordinaire violence, avec des mains arrachées, des manifestants éborgnés, des centaines de blessés et des arrestations massives, il est important de rappeler que l’extrême droite a toujours été du côté de l’ordre et de la répression. Marine Le Pen, et avant elle son père, ont toujours réclamé plus d’armement pour la police, et plus de répression pour les « fauteurs de trouble », notamment les manifestants. Marine Le Pen a aussi réclamé une « présomption de légitime défense » pour la police. C’est à dire qu’un policier qui aurait tiré sur quelqu’un serait automatiquement considéré comme innocent, et jamais poursuivi : des policiers au dessus des lois. Une mesure d’une grande injustice, alors que nos manifestants sont blessés par des tirs au visage. Lors des manifestations contre la Loi Travail, contre la casse des retraites ou pour défendre les services publics, l’extrême droite était toujours pour la répression la plus dure. Toujours du côté des matraqueurs. Et elle l’est encore aujourd’hui.

DÉTOURNER LA COLÈRE

Alors que le mouvement des Gilets Jaunes part d’une colère sociale, contre la pauvreté et la précarité, l’extrême droite a tout fait pour détourner cette colère vers les immigrés. On se souvient du faux débat sur le « pacte de Marrakech » : une véritable intox. Alors que le mouvement des Gilets Jaunes était à son apogée, l’extrême droite a monté en épingle un texte symbolique, non contraignant, partout sur les réseaux sociaux. Tout ça pour dénoncer l’immigration. Les militants d’extrême droite ont infiltré le mouvement pour orienter la colère vers des personnes encore plus pauvres et démunies que nous : les réfugiés, au lieu de de s’en prendre aux vrais responsables de nos souffrances : les riches, les puissants, les banquiers, les exploiteurs. Finalement, en détournant la colère sociale, l’extrême droite protège les puissants.

N’oublions pas que les étrangers en France subissent une grande violence : arrestations, mise en camp de rétention, expulsions, violences policières … Le Front National et En Marche ont d’ailleurs voté ensemble une loi très sévère contre l’immigration au début de l’année 2018.

Pour finir, des agressions racistes commises au début du mouvement, ou plus récemment les gestes antisémites d’une poignée d’individus, discréditent l’ensemble du mouvement des Gilets Jaunes. Les médias ne parlent que de ça ! Même si l’absence de leader et de parti chez les Gilets Jaunes doit être préservé, car il fait sa force, il est donc important de montrer que les racistes n’ont pas leur place dans le mouvement.

En bref : l’extrême droite est dirigée par des politiciens richissimes. Elle détourne la juste colère sociale pour taper sur les étrangers plutôt que sur les riches. Elle défend la police qui nous matraque. L’extrême droite et ses militants sont les ennemis de nos luttes.

Faisons le savoir. Discutons en.

Nantes Révoltée

Un commentaire »

  1. B. Girard 30 décembre 2018 at 22:01 - Reply

    “Le mvt des gilets jaunes part d’une colère sociale” : non, le mvt est parti de la contestation des radars et des limitations de vitesse, contestation à laquelle se sont greffées un certain nombre de revendications très disparates qui ne sont ni un projet social ni un projet politique.
    Pour le reste, il faut vraiment s’aveugler pour ne pas voir la présence massive des identitaires de tout poil et de l’extrême droite au sein des gilets jaunes.

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