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Jeu : les 7 familles de l’extrême droite

En cette période de fêtes, quoi de mieux qu’un petit jeu de société ? La Horde est fière de vous présenter sa dernière création pédagogique pour mieux connaitre l’extrême droite contemporaine. Jouable et imprimable, c’est aussi le cadeau DIY de dernière minute idéal pour tou.te.s les les antifascistes !

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Ce jeu des 7 familles, à télécharger en version imprimable ici [2] a comme objectif premier de donner des repères pour mieux comprendre qui compose l’extrême droite française d’aujourd’hui : nous vous invitons donc, lorsque ce n’est pas à vous de jouer, de prendre le temps de lire les courtes biographies des personnalités présentées (et, si vous voulez en savoir plus, à vous rendre sur notre site où la plupart d’entre elles font l’objet de biographies détaillées).

Les règles du jeu

Mais c’est aussi un vrai jeu de société, dont nous vous rappelons les règles de base, et auquel, par le biais de cartes joker, nous avons ajouter quelques règles supplémentaires.

Le but du jeu est d’être le joueur ou la joueuse ayant réussi à réunir le plus de familles complètes.

Une famille est composée de 6 membres : le grand-père, la grand-mère, le père, la mère, le fils et la fille. Du fait de la sous-représentation des femmes à l’extrême droite, nous avons dû prendre quelques libertés avec les genres, et, pour d’autres raisons, avec l’âge de ses personnalités, généralement moins pris en compte que l’ancienneté des personnalités dans l’extrême droite.

Il y a 7 familles, dont chaque membre vous est présenté un peu plus loin : les souverainistes, les réactionnaires, les traditionalistes, les influenceurs, les islamophobes et les antisémites.

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Le joueur ou la joueuse le plus à droite distribue 7 cartes à chacun.e. Le reste des cartes, en tas, sert de pioche. Ensuite, il ou elle demande à la personne de son choix si elle possède la carte souhaitée (ex. “chez les Bourrins, je voudrais le père”). Si on a la carte, on doit la donner au joueur ou à la joueuse ayant posé la question. Attention : on ne peut demander une carte d’une famille que si l’on en possède déjà une dans son jeu. Sinon, on doit piocher une carte. Si on tire la carte qu’on souhaitait, on dit  «Bonne pioche» et peut rejouer. Si on ne pioche pas la carte voulue, on passe son tour : c’est alors à la personne suivante de demander une carte.

Si on possède toute une famille (les 6 cartes), on pose la famille devant soi et la partie continue jusqu’à ce qu’il n’y est plus de cartes à piocher. Celui ou elle qui possède de familles complètes gagne la partie.

Les Jokers

Afin de pimenter la partie, il existe des cartes joker, qui permettent des coups spéciaux.

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Xavier Dor, l’arrière-grand-père : peut remplacer le grand-père ou la grand-mère des familles « réactionnaires » et « traditionnalistes ».

Xavier Dor, bientôt 90 ans, a traversé les époques et côtoyé différentes familles. Son beau-père (le vrai) Jacques de Bernonville était impliqué dans le régime de Vichy. Comme lui, Dor est national-catholique à la sauce antisémite. Véritable légende dans les milieux anti-IVG, il a été condamné à plusieurs reprises pour ses actions avec son association SOS Tout-Petits.

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Alain Soral, le beau-frère : c’est le pouilleux, impossible de gagner avec cette carte en main, mais on peut le donner à la place d’un ou une antisémite ou réactionnaire.

Chroniqueur télé dans les années 1980, Soral s’invente un passé militant lorsqu’il émerge sur la scène d’extrême droite au début des années 2000. Il fonde en 2007 Égalité & Réconciliation, un mouvement qui est aujourd’hui réduit à lui servir de fan-club. Sa réputation s’est faite par de longues vidéos, dans lesquelles l’antisémitisme le dispute au machisme le plus trivial.

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Patrick Buisson, le tonton : à son tour, permet de prendre une carte au hasard dans la main de son voisin ou de sa voisine de droite.

Que ça soit en tant qu’homme de médias (Minute, Valeurs Actuelles, les chaînes LCI ou Histoire…), conseiller politique (pour de Villiers ou Sarkozy) ou historien, Patrick a toujours la même tactique : murmurer à l’oreille des autres ses préceptes nationalistes et réactionnaires. Sa stratégie n’est pas toujours payante, car il a été mis en examen plusieurs fois…

 

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Richard Spencer, le cousin d’Amérique : en jouant cette carte, il est possible de rejouer si on n’a pas eu la carte demandée.

Il a inventé l‘Alt-Right mais pas l‘eau chaude : c’est derrière lui que se rangent les suprémacistes blancs états-uniens. Il a fait le buzz après l’élection de Trump, quand ses fans l’ont acclamé aux cris de « Heil Trump », ensuite quand il s’est fait puncher dans la rue et enfin quand il a avoué qu’il abandonnait parce que les antifas étaient trop forts.

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L’antifasciste : en jouant cette carte, on peut refuser de donner la carte demandée, qu’on l’ait ou pas.

Dans les années 1980,  la figure de l’antifasciste réapparait en réaction à la percée du FN dans les médias et dans les urnes. Dans les années 1990, les antifascistes se structurent en créant le réseau libertaire No Pasaran puis le Réseau Ras l’Front, aujourd’hui disparus. Cela n’empêche pas les antifascistes d’être toujours présent.es dans la rue pour s’opposer aux nationalistes.

La famille “souverainistes”

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Le père : le Vicomte de Villiers est parmi les premiers à lancer la mode souverainiste. Après avoir été secrétaire d’État à la culture, puis avoir fondé son parti, le Mouvement pour la France (MPF), il s’allie à la fin des années 1990 à Charles Pasqua pour fonder le Rassemblement pour la France (RPF) au sein duquel il fait une partie du chemin avec Asselineau et Dupont Aignan.

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La grand-mère : après une carrière de haut fonctionnaire et un parcours politique au RPF, François Asselineau s’est refait une virginité en 2007 en fondant l’Union Populaire Républicaine (UPR), dont le cyber-activisme mené par une petite armée de trolls à sa solde se limite à le présenter comme l’homme providentiel, tout en relayant ses vidéos explicatives et ses thèses conspirationnistes.

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Le père : ancien RPR puis UMP, Nicolas Dupont-Aignan fait un passage entre temps au RPF. En 2008, il crée Debout la République qui deviendra Debout la France en 2014. Il se présente aux présidentielles de 2017 et s’allie à Marine Le Pen pour le second tour  (il avait déjà apporté son soutien à Ménard pour les municipales de 2014). Il considère la présidente du RN comme « positive ».

La mère : benjamine des filles de Jean-Marie, Marine a pris en 2011 la présidence du Front national, le parti créé par son père, qu’elle n’a eu de cesse depuis de tenter de «dédiaboliser» : elle en a même changer le nom, le FN devenant Rassemblement national. En dépit de ces efforts, elle reste isolée, et beaucoup ne lui pardonne pas son échec à la présidentielle de 2017

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Le fils : candidat pour la présidence des Jeunes Républicains en 2018, lors du lancement de sa campagne, Erik Tegnèr était entouré de Dupont-Aignan, Sébastien Chenu (RN) et Romain Espino (Génération identitaire). Président de Racine d’Avenir, il prône l’union des droites des LR au RN, puis entre au bureau du Cercle Audace fin 2018, avec un président et vice-président RN.

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La fille : souvent présente aux côtés de Marine Le Pen au début des années 2010, Kelly Betesh représentait pour la présidente du FN la nouvelle image qu’elle voulait donner de  son parti : jeune et surtout sans aspérité. Mais quand Florian Philippot s’en est allé, Kelly l’a suivi aux Patriotes. Betesh incarne aussi cette nouvelle génération «ouverte», prônant l’union des droites.

La famille “réactionnaires”

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Le grand-père :  « Taisez-vous ! » C’est à ce cri qu’est désormais associé la pensée de celui qui fit partie des «nouveaux philosophes» des années 1970, avant de devenir un philosophe de plateaux télé dans les années 1980. Au début des années 2000, Alain Finkielkraut se distingue par des prises de positions réactionnaires, antiféministes et racistes, qu’il peine parfois à assumer.

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La grand-mère : fervente catholique, Christine Boutin se fait remarquer par ses déclarations anti-IVG et son homophobie, considérant l’homosexualité comme une « abomination ». Boutin était présente lors des mobilisations contre le PACS en 1998-1999, et avec la Manif pour Tous à partir de 2012. Fondatrice de l’Alliance Vita et de Force Vie, elle est présidente d’honneur du Parti Chrétien Démocrate.

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Le père : après avoir dirigé Reporters Sans Frontières, Robert Ménard fonde en 2012 le site Boulevard Voltaire puis devient maire de Béziers en 2014 avec l’aide du MPF, de DLF et du FN. Il fait référence régulièrement aux thèses de Camus sur le « grand remplacement ». avec sa femme Emmanuelle, il espère toujours réunir autour de lui toutes les familles de la droite, à travers des initiatives comme Oz la France ou l’appel d’Angers.

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La mère : c’est en 2013 que Ludovine de la Rochère  s’est trouvée une vocation en devenant présidente de La Manif Pour Tous. Le modèle familial qu’elle y défend est à l’image de sa famille politique : rigide, inégalitaire et tourné vers le passé. Elle s’entête à animer son mouvement, bien que n’attirant quasiment plus que des cathos issus de l’aristocratie, qui lui ressemblent, forcément.

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Le fils : s’il s’est dit anarchiste durant sa crise d’ado, c’était pour mieux revenir dans le giron de sa famille politique. Rédacteur en chef de la revue l’Incorrect, il est membre du réseau l’Avant-Garde. En 2018, il soutient sa « sœur » Marion Maréchal (née, comme lui, un 10 décembre) dans la création de l’ISSEP à Lyon, une école ayant pour vocation de former les réacs de demain…

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La fille :  comme ses aïeux, elle porte un projet de société résolument passéiste. Après avoir fait ses armes aux côté de sa tante au FN, elle choisi de s’émanciper du parti en 2017. En 2018, elle crée l’ISSEP avec son « frèreJacques de Guillebon. Officiellement sortie du jeu politique, elle pourrait utiliser cette école pour un come-back souhaité par de nombreux nationalistes.

La famille “traditionalistes”

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Le grand-père : Sans conteste la figure de l’extrême droite française la plus connue, Jean-Marie Le Pen fut pendant des décennies le patron du Front national, avant d’être poussé vers la sortie par sa fille, qui ne lui pardonnait plus ses «dérapages» verbaux. C’est vrai que «le Vieux» n’a pas sa langue dans sa poche : il s’est depuis rapproché de l’extrême droite la plus radicale, en attendant sa retraite définitive.

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La grand-mère : ancien membre d’Ordre nouveau, du GUD, dirigeant du Parti des Forces nouvelles, Roland Hélie a fait des aller et retours au Front national de Jean-Marie Le Pen. En 2006, il lance une nouvelle revue, Synthèse nationale, qui se veut un média ouvert à différentes tendances de l’extrême droite, sans exception ou presque. Chaque année, la revue organise une rencontre à Rungis.

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Le père : originaire de Belgique, Alain Escada devient en 2009 le secrétaire général de Civitas, un mouvement politico-religieux catholique intégriste. D’abord lobby «anti-christianophobie», Civitas est devenu un véritable parti politique voulant imposé sa foi à toute la société. Si ce mouvement était musulman et non catholique, Escada serait sans doute en prison depuis longtemps !

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La mère : entré au Front national dès 1978, il devient responsable de son mouvement de jeunesse puis secrétaire général du parti.  Alors que Jean-Marie envisage sa fille Marine pour le succéder, il quitte le parti et fonde en 2009 le Parti de la France, une sorte de FN bis version années 1980, qui réunit les militants isolés de l’extrême droite, surtout les plus radicaux. [24]

Le fils : depuis 2014, François Bel-Ker est secrétaire général de l’Action Française, qui fait alors son retour dans la rue. Mais ce royaliste optimiste voit son mouvement comme un « laboratoire d’idées » : il rêve d’alliances avec la gauche mais sans faire de compromis au sujet de « l’immigration massive »… Même s’il est un professionnel du travail social, sa générosité a des limites

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La fille : après avoir commencé sur internet en donnant des conseils de beauté capillaire, Virginie Vota s’est vraiment faite reconnaitre comme youtubeuse en postant une série de vidéos anti-féministes, qui firent les délices de la fachosphère. Elle s’est ensuite rapprochée des catholiques intégristes de Civitas, et se retrouve désormais régulièrement invitée à parler à la tribune.

La famille “influenceurs”

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Le grand-père : essayiste et journaliste, de Benoist est le principal représentant de ce qu’on appelle la «Nouvelle Droite», dont le projet est depuis les années 1970 de remettre au goût du jour les idées de l’extrême droite, en les débarassant du poids de l’histoire. Esprit plutôt libre, il n’est d’aucune chapelle, ce qui lui permet, en particulier à travers la revue Éléments, de brouiller les cartes. 

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La grand-mère : connu comme le concepteur de la fumeuse « théorie du grand remplacement », qui imagine que l’immigration est un vaste projet visant à faire disparaitre les « Blancs » européens, Camus est également le président du Conseil national de la Résistance Européenne (CNRE),  un petit mouvement qui cherche à fédérer diverses personnalités d’extrême droite.

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Le père : Le Gallou a rencontré Alain de Benoist au sein du GRECE au début des années 1970, après quelques années dans des partis de droite, il entre au FN pour retrouver Jean Marie Le Pen. Mais au début des années 2000, il se démarque et fonde sa fondation Polémia, pour lancer ensuite en 2014 la web télé TV Liberté, où on retrouve comme animateur Roland Hélie.

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La mère : « Ma seule identité politique, c’est d’être pas-de-gauche » C’est avec ce leitmotiv qu’Elisabeth Levy déverse ses idées conservatrices, dans tous les types de médias, depuis une vingtaine d’années (elle à notamment co-créé Causeur). Jamais à cours d’arguments malhonnêtes, elle n’a de cesse de pourfendre le « politiquement correct » (comprendre : tout les combats progressistes).

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Le fils : Ismaïl Ouslimani (alias Raptor Dissident) est le rejeton illégitime de la famille. Après avoir passé plus de temps à la salle de sport qu’à la bibliothèque, c’est en tant que Youtubeur d’extrême droite qu’il s’est fait connaître. Pour entrer dans la famille, il a tué son « père », Alain Soral, qui ne lui a jamais pardonné. Il a de nombreux petits frères (Papacito, etc.), plus ou moins talentueux.

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La fille : Eugénie Bastié est membre de la rédaction de la revue Limite. Cette journaliste tient de sa famille de toujours réciter les mêmes rengaines, coûte que coûte, et dans différents médias. Elle vient en général y parler de ce qu’elle tient en horreur : l’immigration, l’islam mais surtout le féminisme. On lui doit cette sortie : « une main aux fesses n’a jamais tué personne ».

La famille “islamophobes”

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Le grand-père : régionaliste identitaire, Richard Roudier a fait ses premières armes à Europe-Action, époque à laquelle il se fait déjà remarqué pour sa violence. Il a ensuite co-fondé le Bloc identitaire, avant de s’en éloigner en 2012 : il crée alors son propre mouvement, la Ligue du Midi (qui est une affaire familiale, sa femme et ses deux fils étant de la partie), habitué des actions coups de poing. 

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La grand-mère : théoricien de la Nouvelle Droite dans les années 1970, Guillaume Faye fut également animateur radio sur Skyrock. En 2000, il publie La Colonisation de l’Europe (par les immigrés africains !) qui appelle à « l’alliance du monde blanc ». Il fut l’une des principales références des Identitaires jusqu’en 2008, et reste encore populaire dans les milieux les plus radicaux.

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Le père : ancien responsable d’Unité Radicale et ex chanteur du groupe de rock d’extrême droite Fraction, Philippe Vardon participe à la fondation des Identitaires en 2002. Co-dirigeant du mouvement avec Fabrice Robert, il tente de rejoindre le FN à partir de 2013 avant de l’intégrer définitivement en 2015. Depuis 2018, il est membre du bureau national du Rassemblement national.

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La mère : se revendiquant elle-même «islamophobe», Christine Tasin anime l’association Résistance républicaine, et participe au site Riposte laïque de son copain Pierre Cassen, qui l’un et l’autre instrumentalisent la laïcité (elle se dit même «de gauche») pour donner libre cours à leur haine des musulmans. Discrète dans la rue, elle est très virulente sur les réseaux sociaux…

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Le fils : après des débuts au FNJ, Damien Rieu, de son vrai nom Damien Lefèvre, rejoint Génération Identitaire et devient l’un des cadres sur Lyon. Tout en participant aux actions des Identitaires, il mène une carrière en tant que conseiller en communication auprès des cadres du Rassemblement National. En 2018, il participe au « blocage » du col de l’Echelle dans les Alpes.

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Les filles : apparues en 2015 sur Youtube, les Brigandes sont devenues une curiosité d’internet en mêlant musique mièvre, chorégraphies improbables et paroles racistes. Mais le groupe est aussi le porte-voix d’une communauté identitaire qui s’est installée dans l’Hérault, à la Salvetat-sur-Agout, au grand dam de ses habitant.es qui se sont organisé.es pour leur résister.

La famille “antisémites”

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Le grand-père : bien que n’ayant aucune qualification d’historien (ou peut-être à cause de cela !), Faurisson, selon qui les chambres à gaz nazies n’auraient jamais existé, s’est imposé comme le principal diffuseur des thèses négationnistes en France, jusqu’à son décès en octobre 2018.  Souvent condamné, il est resté jusqu’à sa mort un symbole pour de nombreux nationalistes. 

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La grand-mère :  exclue des Verts en 2005 pour son soutien affiché aux  négationnistes, Skandrani a été membre du bureau de campagne de Dieudonné lors de sa campagne de 2007, puis encore en 2009 sur la « liste antisioniste ».  Elle préside l’association Entre la Plume et l’Enclume qui a pour but la défense de la liberté d’expression des négationnistes.

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Le père :  en duo avec Elie Semoun dans les années 1990, l’humoriste Dieudonné s’engage d’abord contre le FN. Mais au début des années 2000, il multiplie les déclarations antisémites, et, devenu paria, se rapproche de l’extrême droite : Le Pen, Faurrisson, et bien sûr Soral, avec lequel il promeut Égalité & Réconciliation. Il continue aujourd’hui ses spectacles racistes.

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La mère : ce national-catholique nostalgique de Vichy représente un antisémitisme bien de chez nous. Il milite sans relâche depuis une trentaine d’années pour partager ses obsessions. Il est passé par le FN, l’Œuvre Française, mais il est surtout connu pour être le directeur de l’hebdomadaire Rivarol. C’est le souffre-douleur de la famille, et il lui est arrivé de se prendre des claques.

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Le fils aîné : nationaliste breton d’extrême droite, Le Lay s’est fait une réputation à la fin des année 2000 en faisant des vidéos outrancièrement antisémites et en publiant sur son site Breizatao des insanités qui lui vaudront plusieurs condamnations pour incitation à la haine raciale. Obligé de fuir au Japon, il  animait un des pires sites du genre, Démocratie participative, aujourd’hui bloqué.

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Le fils cadet : adepte des vidéos sur internet, il passe la plupart de son temps à se filmer. Se croyant supérieur à ses copains d’extrême droite, il est même allé jusqu’à en venir aux mains avec Soral, à son cours défendant. Depuis, il essaie de constituer des communautés de nationalistes blancs avec son site Suavelos, mais s’est fâché avec son ancien pote Ryssen. Il reste cependant en contact avec sa “maman”, Jérôme Bourbon.

La famille “Bourrins”

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Le grand-père : Fils d’un responsable de la Milice, il fonde Jeune Nation en 1949 et s’engage dans le soutien à l’OAS. Le groupuscule est dissout en 1958 suite à un attentat. Emprisonné, Pierre Sidos fonde Occident à sa sortie de cellule. Il quitte ce mouvement pour créer en 1968 l’Œuvre Française, ouvertement antisémite et aux inspirations néofascistes. Il le dirige jusqu’en 2012.

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La grand-mère : sous le surnom «Batskin», il fut chef de bande de skins néonazis dans les années 1980, avant de disparaître de la circulation. En 2010 il réactive ses mouvements de jeunesse (Troisième Voie, JNR) : le responsable de la mort de Clément Méric, Estaban Morillo, en était membre. Depuis, Ayoub s’est recyclé chez les bikers, avec le chapitre Gremium, sans rien renier pour autant.

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Le père : Yvan Benedetti fait ses premiers pas au sein d’Europe-Jeunesse, mouvement de jeunesse de la Nouvelle Droite. Quelques années plus tard il adhère à l’Œuvre française dont il devient rapidement le numéro 2. Membre du FN dans les années 2010, il prend la tête de l’Œuvre Française en 2012 après son exclusion du FN. Lors de la dissolution du mouvement, il fonde le Parti Nationaliste Français (PNF).

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La mère :  patron du GUD sur Paris au début des années 1990, réputé pour sa violence, Frédéric Chatillon continue à veiller maternellement sur l’extrême droite estudiantine, tout en faisant de son engagement un business : avec sa société de communication Riwal, il va faire son beurre sur le dos des candidats FN, attirant l’attention de la justice… Il est toujours un proche de Marine Le Pen. 

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Le fils aîné : membre du GUD en 2011 sur Lyon, il fréquente ensuite Alexandre Gabriac et l’Œuvre Française. Après avoir rompu avec ces derniers, il relance le GUD sur Lyon. Chef du GUD après le retrait de Logan au niveau national, il transforme la structure en Bastion Social en 2017. En 2018, lui-même condamné, il crée Cicero, association de soutien aux prisonniers d’extrême droite.

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Le fils cadet : surnommé « Gamin », Szkatulski est un skin néonazi qui a fréquenté la LOSC Army (hools faf lillois) et édité des fanzines d’extrême droite. Après un passage en prison pour avoir agressé un SDF en 2008, il lance début 2010 la marque de vêtements Pride France et s’associe avec les  Russes de White Rex dans l’organisation de concerts RAC et de tournois de MMA clandestins.

La Horde