Un point de vue antifasciste sur les Gilets jaunes

19 décembre 2018 31 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Alors que le mouvement des Gilets jaunes commence à se structurer et, du fait des miettes jetées aux pigeons par le chef de l’État, est un peu à la croisée des chemins (continuera ou pas ?), il nous a semblé intéressant de proposer notre point de vue, dont on espère qu’il contribuera à alimenter les discussions sur la nécessaire vigilance à l’égard des nouvelles stratégies nationalistes partis à l’assaut des mouvements sociaux. 

S’inquiéter de la présence de l’extrême droite dans le mouvement des gilets jaunes entraîne inévitablement un certain nombre de critiques : ce serait une façon de dénigrer un mouvement populaire, voire le reflet d’un mépris de classe qui voudrait que les gilets jaunes soient forcément des racistes prêts à suivre le premier facho venu. Il est donc nécessaire de rappeler que nous, antifascistes anticapitalistes, sommes capables de faire la part des choses, et de proposer, comme n’importe qui, des analyses de ce mouvement sous un angle particulier, celui de la lutte contre l’extrême droite, sans qu’elles soient simplistes, réductrices ou moralisatrices.

Si nous pensons qu’il est plus que nécessaire de rappeler le rôle nuisible de l’extrême droite dans un mouvement de ce type, c’est parce que justement nous pensons que tout n’est pas joué. Pour construire quelque chose au-delà de la colère, les gilets jaunes vont devoir se rassembler autour d’un certain nombre de valeurs : et c’est là que non seulement nous ne croyons plus au mariage de la carpe et du lapin, mais que la question de la pénétration des idées d’extrême droite est cruciale. Car il est malheureusement à craindre qu’une colère légitime qui ne s’affirmerait pas dans la défense d’une société égalitaire et ouverte, débouche finalement sur un durcissement du régime et de ses institutions, avec en prime un détournement du ressentiment populaire en direction des populations les plus fragiles, migrant.es en tête.

Un mouvement relativement inédit

Sur ce point, tout le monde s’accorde : les gilets jaunes forment un mouvement assez inédit dans sa structuration, son fonctionnement et ses pratiques, qui rompt avec toute forme d’organisation, et ne rentrent donc pas dans les grilles de lectures classiques des mouvements politiques. Spontanés, réfractaires à toute forme d’organisation traditionnelles (syndicat, association, parti politique) les gilets jaunes adoptent des modes d’apparition et d’expression qui ne sont pas traditionnels : communication uniquement via Facebook, absence de dépôt de manif et d’objectif hormis occuper un lieu, un espace. Ces « nouveautés » du mouvement sont cependant relatives, car les mouvements lycéens les ont adoptés depuis plusieurs années déjà.

Mais il faut reconnaitre, et c’est déjà là leur première victoire, que les gilets jaunes ont mis à l’amende les « champions » du marketing politique de la République en Marche, en les battant sur leur propre terrain, celui de la communication numérique, et ce sans faire appel à toutes les techniques de com’ appliquées par les grandes entreprises ou les jeunes loups de LREM.

Sous les gilets, deux visions du monde…

Là encore, n’importe qui peut constater que le mouvement est très hétérogène : entre les gens mobilisés sur les ronds points, les multiples porte-parole souvent décriés, celles et ceux qui se mobilisent sur Paris pour aller sur les Champs-Élysées, les multiples groupes constitués sur les réseaux sociaux, on peine à s’y retrouver. Mais cela fait maintenant cinq semaines qu’il dure et, même si les choses restent complexes surtout localement, deux tendances qui existent en son sein depuis l’origine commencent à se dégager. 

la permanence de la députée LREM à Saint-Nazaire repeinte en jaune, avec des revendications sans ambiguïtés.

D’une part, on entend des gilets jaunes qui réclament plus de justice sociale, qui dénoncent l’exploitation, la misère, qui parlent de bien commun, de défense des services publics, d’environnement même, et qui le revendiquent pour toutes et tous, quelque soit leur origine. Ce sont pour l’essentiel des travailleurs pauvres, de petits employés, des ouvriers. Ces gilets jaunes sont souvent rejoints par des syndicalistes, des militant.es de la gauche anticapitaliste ; la brochure de Syllepses a publié leurs nombreux appels et textes de revendication. Ce sont celles et ceux qui, à Paris, se sont retrouvé.es nassé.es à Saint-Lazare hier…

Mais, d’autre part, il y a les gilets jaunes qui, avant toute chose, se plaignent de la « pression fiscale » exercée sur les artisans, les petits commerçants, les petits patrons, qui revendiquent de pouvoir “jouir du fruit de leur travail » en toute liberté, qui réclament la mise en place de référendums d’initiative citoyenne, tout en revendiquant leur « apolitisme »… Ce sont ces gilets jaunes qui dominent sur les réseaux sociaux, qui sont invités à la télé. Ce sont les gilets jaunes qui se sont, en masse, rassemblés à Opéra, pour écouter une allocution de leurs représentants, Priscilla Ludosky, qui est à l’origine de la première pétition contre la hausse du prix des carburants, et Maxime Nicolle, alias Fly Rider, un youtubeur populaire qui ne répugne pas au complotisme.

Les porte-parole des Gilets jaunes à Opéra , samedi 15 décembre 2018.

… avec des points de convergence

Ces deux tendances se retrouvent malgré tout dans une détestation du pouvoir en place en général et du président en particulier, une volonté de reprendre ses affaires en main, un sentiment de dignité retrouvée. On peut noter également qu’en dehors du gilet jaune, le mouvement, toutes tendances confondues, n’est pas très inventif, et peine à créer ses propres codes : c’est le plus souvent le drapeau français qui flotte sur les ronds-points, et la Marseillaise qui fait office de chant de révolte, d’union, et peut-être aussi de victoire (la coupe du monde est passée par là !). Ils représentent les plus petits dénominateurs communs aux gilets jaunes ; mais il nous faut quand même questionner cette référence aux symbole nationaux, cette fierté nationale assumée, surtout dans un mouvement qui se construit aussi dans une opposition à l’Etat…

Par ailleurs, il est vrai aussi que les éléments les plus déterminés des deux tendances peuvent sporadiquement se retrouver dans l’émeute, situation confuse par nature, et dans ce cadre agir de concert. On veut bien entendre aussi que les gens peuvent légitimement descendre dans la rue sans défendre d’idées précises, sans orientation idéologique claire, simplement animé.es par la volonté d’en découdre face à un pouvoir méprisant et agressif.

Une répression toujours plus forte

Car face à ce mouvement hétéroclite, la répression de la part de l’État a été particulièrement brutale : des centaines de blessé-e-s, des milliers d’interpelé.es et de gardé.es à vue… Ce n’est certes pas une surprise. Les quartiers populaires la subissent depuis longtemps, tandis que du côté des mouvements sociaux, le mouvement anti-CPE en 2006 l’avait annoncé, cette stratégie de la terreur policière s’est plus encore affirmée dans la lutte contre la loi El-Khomri et à l’encontre des mouvements lycéens de ces dernières années.

Mais en un mois, force est de constater qu’elle s’est désormais banalisée. Personne n’y a échappé, que ce soit à un rond-point d’une petite ville, aux contrôles avant les mobilisations, aux péages ou dans les gares. L’Etat, même après un changement de tête à l’exécutif, continue ainsi dans sa nouvelle stratégie de maintien de l’ordre, qui consiste à décourager les gens de venir s’exprimer en leur faisant peur et mal. L’usage du flash-ball en manifestation est devenu banal pour les forces répressives de l’Etat, comme celle de viser pour blesser et mutiler. N’oublions pas les différents types de grenades utilisées lancées en direction de regroupement de manifestants, afin que l’engin au moment de la déflagration fasse un maximum de dégâts.

Le maintien de l’ordre est passé de la gestion de foule à une vision militarisée des événements, avec l’utilisation d’équipement dont la finalité n’est pas de repousser les manifestants, mais de blesser physiquement. À ce jeu-là on se demande à qui profite le crime. Même si quelques-uns à l’extrême droite dénoncent cette répression, beaucoup rêvent d’un « ordre » tel celui mis en place aujourd’hui…

L’extrême droite dans la rue

Pour reprendre une analyse développée dans un texte publié sur Lundi matin (https://lundi.am/Maidan-1667) il y a quelques jours, et qui faisait le parallèle entre la situation actuelle en France et les rassemblements de Maïdan en Ukraine en 2014, nous sommes conscients que « la présence de l’extrême droite [dans la rue] ne signifie pas son hégémonie. » Autrement dit, pour que les choses soient tout à fait clair, nous ne pensons pas, et n’avons jamais pensé, que l’extrême droite était à la manœuvre dans ce mouvement, que les gilets jaunes étaient manipulés par des formations nationalistes. Mais ce n’est pas non plus par hasard si des groupes et des personnalités d’extrême droite s’y sont dès le départ associés, contrairement, par exemple, au mouvement contre la loi Travail en 2016-2017.

Dès les premières manifestations parisiennes, l’extrême droite a pointé son nez, de différentes façons. Souvent de façon individuelle, des militants et quelques responsables nationalistes ont enfilé un gilet jaune et se sont mêlés aux manifs ou aux blocages le temps d’un selfie posté aussitôt sur les réseaux sociaux : Génération identitaire, Dissidence française, Parti de la France, Civitas, Bastion social, les militants de ces groupuscules ont ainsi pu à moindre frais se sentir enfin faire partie d’un mouvement social « du peuple ». Des nationalistes russes et des fascistes italiens de Casapound ont aussi fait des apparitions…

Des catholiques intégristes de Civitas, en haut, aux abrutis du GUD, en bas, tout le petit monde de l’extrême droite radicale était de sortie…

Il y a également des groupes affinitaires de militants plus ou moins jeunes, de différentes formations, qui se sont organisés soit pour tenter de prendre la tête des gilets jaunes, comme on l’a montré ici, soit dans le but d’aller à l’affrontement, à la fois avec la police et avec tout ce qui pourrait être identifié comme « de gauche » : c’est le cas des Zouaves Paris, composés d’anciens du GUD, et de façon aléatoire de membres de Génération Identitaire, de l’Action française et de supporters de foot d’extrême droite.

Les Zouaves parisiens en gilets jaunes.

Enfin, mais cela a été plus rare, certaines formations nationalistes ont tenté des apparitions politiques revendiquées : c’est le cas en particulier de l’Action Française, le samedi 1er décembre devant la bourse de Paris, ou encore à Bordeaux ou Toulouse. Avec comme slogan « Aujourd’hui l’anarchie, demain la monarchie ! » ses militants se sont pas mal agités ces derniers jours, en faisant plusieurs actions symboliques. À Lyon, Génération identitaire a réussi à mettre sa banderole en tête de cortège la semaine dernière, et ce week-end, c’était au tour du Bastion Social et du groupe la Montagne (dirigé par David Berton, ex-FN) à Chambéry, sans que personne n’ait tenté de les virer de la manif…

Le Bastion social en t^te de manif des Gilets jaunes à Chambéry.

Certains militants d’extrême droite ont même tenté de s’auto-proclamer porte-parole des gilets jaunes, comme Patrick Bunel, par exemple, un ancien du DPS, a voulu le faire à Caen. La plupart d’entre eux ont assez rapidement été démasqués, mais parfois la proximité avec l’extrême droite ne pose finalement pas plus de problème que ça, comme dans le cas de Benjamin Cauchy. Le Rassemblement national de Marine Le Pen, quant à lui, est resté discret, sachant que tout vient à point à qui sait attendre.

Mais finalement, la faiblesse organisationnelle et militante des mouvements d’extrême droite en France, leurs profondes divisions et l’absence de leadership incontesté, et la nécessité pour eux de se ranger derrière sinon un leader, au moins une figure à suivre (alors que les gilets jaunes forment un mouvement horizontal), tout cela rend la présence effective de l’extrême droite parmi les gilets jaunes assez anecdotique. On est pour l’instant très loin en tout cas de ce qu’on avait pu observer en janvier 2014, avec « Jour de Colère », où des « bonnets rouges » avaient tranquillement défilé dans Paris aux côtés de Civitas, du GUD et des soutiens de Dieudonné, qui menaient la danse… Ce précédent ne doit cependant pas être oublié.

Des Bonnets rouges (et même un gilet jaune, déjà !), à la manif d’extrême droite de janvier 2014, aux côtés du GUD, de Civitas et de Dieudonné…

L’extrême droite dans les têtes

Tout au long du mouvement, des gilets jaunes antifascistes et des antifascistes portant des gilets jaunes se sont opposé.es physiquement à la présence des militants d’extrême droite, souvent avec succès : ne pas laisser le mouvement à l’extrême droite était une première nécessité, et il fallait bien pour cela investir le mouvement des gilets jaunes, plutôt que le condamner d’emblée comme un mouvement réactionnaire dont il n’y aurait rien à tirer. Malgré tout, les idées qui traversent ce mouvement n’invitent pas à beaucoup d’optimisme sur ce qui pourrait en sortir. L’extrême droite, elle aussi, sent bien que le mouvement des gilets jaunes, de par ses origines et sa nature, lui offre de nombreuses opportunités. Et c’est bien le problème…

Vus à Paris (photos : Serge d’Ignazio)

La concentration des critiques (légitimes, cela va sans dire) sur la seule personne du président de la République, le slogan « Macron démission » étant sûrement le plus consensuel du mouvement, est déjà une aubaine électorale pour l’extrême droite. Est-il vraiment nécessaire de rappeler qu’en mai 2017, c’est Marine Le Pen qui incarnait l’opposition au futur président honni ? Le Rassemblement national l’a bien compris : « Ne cassez pas, vous pouvez vous exprimer autrement, il y a des élections bientôt… Macron ne pourra pas éviter une dissolution, ce n’est pas possible ! » déclarait ainsi le 3 décembre dernier Ludovic Marchetti, délégué départemental dans le Loiret.. On pourrait nous répondre que les gilets jaunes est un mouvement d’abstentionnistes, mais il y a quand même 7 millions de Français qui ont voté FN au premier tour, et 10 millions au second. Certains l’ont fait car était pour eux un vote protestataire et non de conviction, mais on ne nous fera pas croire que la majorité d’entre eux ne sont pas gilets jaunes aujourd’hui. Or en cas d’élections anticipées, la plupart des sondages créditent la droite et l’extrême droite de près de 45% des suffrages…

L’apolitisme, le meilleur allié de l’extrême droite

Quoiqu’il en soit, l’apolitisme revendiqué, la volonté d’être « ni de droite ni de gauche », la dénonciation de l’opposition entre un « peuple » et une « élite » et les théories du complot qui parfois en découlent, la méfiance généralisée envers les médias sont bien présents au sein des gilets jaunes, et autant de points d’ancrage pour l’extrême droite, qui laboure ces thématiques depuis bien longtemps.

L’opposition d’un centre (le « système ») et d’une périphérie (tous les courants qui les combattent quelques soient leurs divergences idéologiques) était déjà une idée déjà présente au sein du courant nationaliste-révolutionnaire, mais cette idée connaît aujourd’hui une nouvelle vitalité, beaucoup oubliant au passage que les ennemis de nos ennemis ne sont pas forcément nos amis (contrairement à ce que prétend Eric Hazan). C’est donc sans surprise qu’on voit ressurgir des personnalités comme Étienne Chouard, qui refuse de reconnaitre le danger que représente l’extrême droite parce que cela rentre en contradiction avec son projet de démocratie intégrale. De même, présenter le référendum d’initiative citoyenne (RIC) comme la solution miracle à tous les problèmes est en soi un problème.

[Photo : Boris Horvat]

De même, refuser de considérer comme un problème le nationalisme assumé des gilets jaunes à travers à la fois des symboles et une façon de se définir (« les Français ») est d’autant plus dangereux que, en particulier sur les réseaux sociaux, cette identité nationale est non seulement interclassiste, mais également construite contre un cosmopolitisme associé dans l’esprit des gens au capitalisme sans frontière. Or c’est justement ce que l’extrême droite défend, comme Civitas qui appelle à « l’union sacrée contre l’ennemi commun du peuple : les représentants du système mondialiste et cosmopolite. » 

Le point de départ même du mouvement, la dénonciation des taxes sur le carburant, rejoint deux luttes dans lesquelles la légitimité de l’extrême droite est incontestable : la lutte contre la fiscalité et la défense des automobilistes. De la Ligue des Contribuables des années 1980 en passant par le Mouvement Anti-Radar des années 2010, ce sont toute une myriade d’associations, souvent ultra-libérales et toujours dirigées par de vieilles têtes de l’extrême droite, qui dénoncent le « trop d’impôts » et l’entrave à la « liberté de circuler ». Le Rassemblement National, y compris au temps où il s’appelait Front national, a toujours caressé les automobilistes dans le sens du poil, dénoncé la « pression fiscale » et prôné un désengagement de l’État. Dans ce sens, si les gilets jaunes se contentent d’être un mouvement de grogne contre l’Etat, dont le principal souci est le maintien d’un certain style de vie à travers la défense du pouvoir d’achat, quoi qu’il en coûte à la planète, bref, si l’individualisme et la défense des intérêts particuliers l’emportent sur la justice sociale et le bien commun, l’extrême droite saura apporter des solutions séduisantes.

Une revendication qui reste encore très minoritaire chez les gilets jaunes…

On peut également souligner que ces revendications interclassistes sont le fruit d’alliances contre-révolutionnaires, tout particulièrement en ce qui concerne celle des ouvriers et des patrons. Il est vrai qu’on peut se contenter de les comprendre comme le résultat d’une stratégie opportuniste. Mais n’étant pas, ou peu, représentative des rapports sociaux à l’œuvre dans notre pays, cette stratégie ne peut être porteuse de perspectives enthousiasmantes pour le camp révolutionnaire…

La question des migrants comme ligne de fracture

Enfin, il est frappant de voir que les migrants sont pour le moment les grands absents des mouvements « insurrectionnels » des derniers week-ends, pas seulement en tant que personnes, mais dans les slogans, sauf parfois pour les dénoncer, heureusement à la marge. Même chose pour les précaires, les chômeurs et les habitant.es des quartiers populaires dans une moindre mesure, car certains se sont fort heureusement invités dans le mouvement, pour mettre en avant que les difficultés des uns sont aussi celle des autres. Mais en attendant, nombre de gilets jaunes défilaient en continuant à dénoncer les « assistés » de la société… 

Si les valeurs portées par le mouvement des gilets jaunes étaient clairement l’égalité et la solidarité, le rejet des migrants ne pourrait plus fonctionner. Or, cette semaine, la cyber-mobilisation d’une grande partie des gilets jaunes sur les réseaux sociaux autour « du pacte de Marrakech » a mis en lumière une vision complotiste de ce pacte « secret » et une perception de la présence des migrants comme un coût pour la société, un impôt supplémentaire.

Le 20 novembre, six migrants cachés dans un camion-citerne sont dénoncés par des gilets jaunes à un barrage situé à Flixecourt, dans la Somme.

De la même manière, certaines des revendications présentes dans le document diffusé aux médias par les Gilets Jaunes le 29 novembre dernier ont de quoi nous inquiéter : « Que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine », « Qu’une réelle politique d’intégration soit mise en œuvre », « Que les causes des migrations forcées soient traitées »… Une certaine bienveillance y côtoie la xénophobie ordinaire en toute ambiguïté.

Aussi, le point de rupture au sein des gilets jaunes, et aussi avec une partie des forces anticapitalistes et antifascistes, sera certainement sur cette question.

La Horde

31 commentaires »

  1. Touffany 11 février 2019 at 13:45 - Reply

    Au sein des Gilets jaunes, tout le monde est d’accord pour dénoncer la politique libérale de Macron. On a vu des monarchistes, des identitaires, des trotskystes, des membres du Parti communiste maoïste, d’Alternative libertaire, d’autres arborant des croix de Lorraine (gaullistes ?)… Mais dès qu’il s’agit d’avancer des solutions, il est clair que chacun reprend ses billes : chacun a “sa” solution, dictée par son engagement politique personnel. Il en va ainsi à chaque révolte, émeute ou révolution. Le tout, c’est d’en être. Le puriste, qui fera la fine gueule, se laissera dépasser.

  2. Sylvain 20 janvier 2019 at 20:59 - Reply

    Si je comprends bien, la difficulté des collectifs antifa à se positionner ou prendre part au mouvement reside dans le fait de se joindre à des principes dénigrant le droit humain?
    Pourquoi ne voyez vous pas, l’occasion unique de sensibiliser et ‘convertir’ un grand nombre de gens mobilisé? Surtout que dans le cortège bordelais, la parole est ouverte et l’échange possible. Les gens sont en demande, et la récupération par l’extrême droite peut s’avérer catastrophique.
    Si tel sera le cas, je ne me sentirai plus français. Car être français pour ma part, c’est être solidaire dans le respect du droit humain.
    Et c’est bien pour cela que j’ai rejoins ce mouvement car les français méritent mieux que du prosélytisme d’extrême droite.

    A part ça, jai vraiment aimé votre propos tout en nuance, qui prouve bien encore une fois que les antifa ne sont pas ce que la majorité des médias montrent.

  3. passantdepassge 15 janvier 2019 at 12:47 - Reply

    Merci, c’est une analyse intéressante, qui démentit le fantasme de la manip de l’ultradroite qui est beaucoup utilisé par le gouvernement et les médias.
    Il serait intéressant aussi de faire une analyse antifasciste du gouvernement Macron: depuis sa réponse tout-répressive à ce mouvement social, l’hyperviolence policière érigée en système et l’arsenal juridique qui va avec (arrestations préventives et arbitraires) , grâce aux nouvelles lois soi-disant dues au terrorisme. Et enfin l’omniprésence des oligarques et des richissimes qui ont le contrôle de Macron (c’est leur pion) et des médias (90% des médias appartenant à 10 d’entre eux ) On peut faire un jeu: sur les 14 caractéristiques du fascisme de lawrence Britt combien le gouvernement en remplit il (complètement ou pas) ? J’en ai compté 9, sans exagérer.

  4. jean-luc 9 janvier 2019 at 17:13 - Reply

    Bonne analyse. Merci pour les éléments apportés au dossier.

    Force est de constater que l’extrème-droite et son pendant à gauche (difficile à donner un nom) se retrouvent parfois “ensembles”, en particulier depuis le vote négatif sur le TCE en 2005 et aujourd’hui dans le mouvement des Gilets Jaunes.
    Avec les thèses de Michéa, la critique de la valeur on sait que le capitalisme c’est l’innovation continue (la révolution ?), la mondialisation, le déracinement, mais aussi la centralité accordée au travail.
    On entre dans une zone dangereuse, ne pas revivre un passage de l’extrème gauche vers l’extrème droite comme dans les années 1930 avec Doriot par exemple, mais affirmer haut et fort notre antiracisme, notre lutte contre l’homophobie, notre anticapitalisme, notre féminisme, même si sa définition a évolué et consisterait plus à lutter contre les productions proposées (nucléaire, pesticides, armes, voitures, avions, etc…) en collectivisant ce qui peut l’être qu’à l’intérieur du lieu de production contre un méchant propriétaire.
    Bref il est temps de s’attaquer au secteur de la production dans ce pays…..

  5. Eve 6 janvier 2019 at 20:53 - Reply

    Belle analyse
    je crois qu’il faut cependant différencier les groupes politisés qui participent aux manifestations et le mouvement des gilets jaunes lui même qui est composé de groupes disparatres;.certains ont une influence FN, d’autres Extrème gauche, la plus part ce construisent en réfléchissant et avancent à leur rythme
    dans le groupe de GJ que je fréquente il y a surtout des gens qui découvrent l’action collective, l’échange, la démocratie participative…. certains ne sont pas politisé, d’autres sont de gauche, d’autres de droite mais tout le monde s’écoute;
    Les militants révolutionnaires ont toute leur place au milieu des gilets jaunes pour peser et expliquer les contradictions du système. Il faut de la patience et de l’écoute; Mais certains ne veulent pas perdre leur temps avec ce mouvement mal défini, protéiforme; C’est pourtant une belle résistance de lutte d’un peuple en révolte.

  6. Alex 27 décembre 2018 at 21:38 - Reply

    Salut à tous je comprends pas trop en quoi le drapeau Français et la marseillaise peuvent deranger ou être inquiétant pour la suite du mouvement . Je penses que cela est fait d’abord pour montrer aux flics qu ils tirent sur la France donc le peuple et non pas sur tel ou tel syndicat ou mouvement politique , asso etc . Pour moi le drapeau représente les 3 valeurs que les monarches ont oubliés . Donc en tant que magnifestant novice j aimerai vraiment avoir vos avis et explications sur ça.

    • La Horde 28 décembre 2018 at 11:36 - Reply

      Quand on agite le drapeau bleu-blanc-rouge ou qu’on chante la Marseillaise, on manipule des symboles. Or dans une lutte, les symboles sont importants, car ce sont eux entre autres qui donnent son identité au mouvement. Or, qu’est-ce qui devrait rapprocher le plus les manifestant.es ? Le fait d’être français.es ou le fait d’être exploité.es ? Les patrons et les politiciens sont français eux aussi, mais ce sont des exploiteurs ; tandis qu’un travailleur étranger est lui aussi un exploité. Par ailleurs, on peut le regretter mais c’est ainsi, ces symboles ont depuis bien longtemps été récupérés par l’extrême droite, pour qui justement l’appartenance nationale est plus importante que les rapports de classe. On peut déplorer que les gilets jaunes fassent de même, car la question n’est pas de défendre le “peuple français”, mais la partie de la population qui est sous le joug de l’exploitation capitaliste.

  7. EH! 26 décembre 2018 at 08:47 - Reply

    Bonne analyse, plutôt rare par les temps qui courent.

    Analyse politique, mais… il y manque l’analyse socio-comportementale sur le “cas” GJ, largement constitué maintenant de gens tellement apolitiques, qu’ils sont fondamentalement des gens peu impliqués IRL dans la vie associative, citoyenne, participative, sociale, découvrant après des années de solitude (dont ils sont avant tout responsables même s’ils ne le voient pas comme ça, surtout dans une tendance sociétale d’expression victimaire individuelle, transformée par chacun en complainte universelle…), une forme de convivialité facile – et bienvenue – autour d’un barbecue et d’une bouteille partagée.

    Ce manque de socialité antérieure, jusqu’à sa découverte d’un seul coup sur des ronds-points en novembre, fait aussi d’eux des gens plutôt spontanément naïfs dans leurs idées politiques, qui de fait sont profondément simplistes et dans lesquelles ils ne savent pas vraiment se projeter concrètement (combien d’eux iraient régulièrement – voire toute leur vie – dans des assemblées citoyennes pour gérer une administration, une économie solidaire, etc).

    Le fossé entre leurs connaissances politiques, leurs références, pour ne pas dire, leur culture (sans parler de leur capacité d’expression écrite…), et celles des gens habitués à la vie associative est flagrant… alors que les origines sociales, le niveau de vie, le niveau scolaire, sont globalement les mêmes.

    C’en est d’autant plus agaçant de les entendre répéter perpétuellement “nous sommes le peuple”, oubliant qu’ils ne sont qu’une partie du peuple et pas plus, même s’ils sont nombreux, et rien ne dit qu’ils soient majoritaires (même si ils ont su le devenir sur leurs ronds-points et leurs pages FB en éliminant assez vite les “autres”).

    De plus, comme les comportementalistes l’ont démontré depuis un demi-siècle, ils sont comme tout groupe humain, constitués aux deux tiers de gens par nature suivistes… combien d’entre eux sont capables de faire le tri et de voir pointer des idées malsaines dans le discours de la “grande gueule” qui par ailleurs sait se rendre indispensable et conviviale ?

    Et la grande gueule du groupe, comportement autocratique par excellence, a peu de chance de ne pas être ancré (très) à droite… posture comportementale dont le prolongement politique naturel est du même ordre…

  8. Pierre Cloutier 26 décembre 2018 at 00:24 - Reply

    Titre: Les 8 doléances des Gilets jaunes

    “Nous rentrerons chez nous quand ces mesures seront appliquées

    1. Nous voulons de la démocratie directe à tous les niveaux. Nous voulons un gouvernement d’union nationale avec une régence d’exception pour éviter que les partis politiques, qui sont disqualifiés, n’instrumentalisent notre détresse et notre colère.

    2. Nous voulons une baisse de 20% de toutes les taxes et les charges touchant la classe moyenne, les travailleurs pauvres et les entrepreneurs. Baisser ces taxes, c’est monter nos salaires. Nous voulons une action immédiate pour taxer ce qui vaut la peine d’être taxé: les GAFA et les transactions financières.

    3. Nous voulons que la France arrête de vivre au-dessus de ses moyens et arrête d’accueillir la misère du monde parce qu’elle et déjà dans la misère avec ses millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Nous voulons une immigration choisie, qui ne nous détruise pas culturellement. Nous demandons ainsi un retrait du pacte de l’immigration de l’ONU.

    4. Nous voulons une relocalisation de toutes les décisions dans les régions, les villes et les communes. L’Etat et ses fonctionnaires à Paris ne sont pas qualifiés pour décider de l’avenir de nos communes.

    5. Nous voulons une sortie de la PAC qui corrompt nos agriculteurs en n’allouant ses aides qu’aux productivistes et aux empoisonneurs répandant le cancer en France. Nos impôts ne doivent en aucun cas servir à financer Bayer-Monsanto.

    6. Nous voulons la création de barrières commerciales pour empêcher l’Allemagne de nous vendre des produits fabriqués en Roumanie, sous le label “Deutsche Qualität” et d’ainsi détruire nos emplois.

    7. Nous voulons le retrait de toutes les aides à la presse pour une vraie séparation des pouvoirs médiatiques et politiques.

    8. Nous voulons une action immédiate pour arrêter l’intégration dans l’Europe car elle ne se construit que sur la ruine des petites gens.

  9. Arthur 25 décembre 2018 at 23:36 - Reply

    Bonjour, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article qui est d’ailleurs relayé par un site qui se classe « patriote » pour signifier que l’extrême gauche avoue son échec dans la récupération du mouvement des GJ qui serait fondamentalement identitaire. Je contribue activement sur ce site dans un esprit de dialogue quitte à me faire insulter régulièrement mais pas par tous. Certains acceptent le dialogue et même me défende alors que j’affirme régulièrement mes idées de gauche. J’aimerais faire de même ici en dialoguant sur cette question de l’immigration que vous présentez comme une ligne de fracture au sein des GJ et qui est le fonds de commerce de l’extrême droite. Je pense que l’immigration, le multiculturalisme, la place de l’islam dans la société française sont de vraies questions aujourd’hui qu’il faut aborder frontalement en partant vraiment du vécu des français. Pourriez vous développer votre point de vue sur ces sujets ?

    • La Horde 26 décembre 2018 at 09:53 - Reply

      Et toi, pourrais-tu développer ton point de vue sur ces questions ? Parce qu’on t’entend un peu venir, avec tes gros sabots !

      • Arthur 26 décembre 2018 at 14:29 - Reply

        Mon point de vue. Assez simple. J’ai vu débarquer des dizaines de migrants dans mon quartier. Je vis dans le 19e à Paris. Les types campaient dans des conditions indignes. Mais quand on parle de l’accueil des migrants en tout cas à Paris on les installe dans les quartiers les plus défavorisés et pas dans les quartiers huppés. Pourquoi ? Par ailleurs j’ai discuté avec une dame musulmane qui voit d’un très mauvais œil les jeunes musulmans qui se servent de la religion pour exprimer un point de vue politique. Ma sœur s’est convertie à l’Islam. Elle a fait du prosélytisme dans la famille et porte le voile. Ma mère féministe et soixante-huitarde ne le supporte pas et je la comprends. Je suis athée attaché au principe de laïcité, de gauche. Alors c’est très simple, peu importe qu’on soit musulman, juif ou catho l’essentiel est de respecter les lois de la république et le principe de laïcité. Je me fais insulter quand je défends ce point de vue sur riposte laïque (mon pseudo sur ce site : Arthur’). On me traite d’Islamo gauchiste collabo ou pire. Ca ne me gêne pas. Je continue à démonter leur raisonnement qui n’en est pas un car à la base il y a la haine de l’arabe, du musulman, de l’africain. Par définition je pense être plus proche des points de vue ici et j’aimerais les connaître. Peut être que ce n’est pas dans le cadre de cet article. Mais comme vous avez abordez l’immigration comme point de rupture possible au sein des GJ et avec les antifas et que je débarque ici, ça m’intéresse de comprendre votre point de vue.

        • La Horde 27 décembre 2018 at 09:21 - Reply

          Tu mélanges un peu tout (la question des migrants, celle du voile…), et c’est justement le genre d’amalgames que l’on dénonce. Si tu souhaites au contraire les défendre, on te conseille de lire les réponses aux idées reçues à leur sujet, que l’on a publié ici : http://lahorde.samizdat.net/2015/12/02/repondre-aux-prejuges-sur-les-migrants-en-partenariat-avec-ritimo/
          Pour le reste, tu donnes des exemples vagues, qui en soi ne montrent rien du tout : quels sont ses jeunes musulmans “qui se servent de la religion pour exprimer un point de vue politique” ? En France, il n’y a qu’une seule organisation politico-religieuse intégriste qui a pignon sur rue, c’est Civitas, et elle est catholique. Quant à ta sœur qui porterait le voile, c’est pour toi du prosélytisme : mais ce sont tes préjugés surl’islam qui te le font penser.

      • Arthur 26 décembre 2018 at 14:40 - Reply

        Dernier point. Je combats le fascisme à ma manière en démontant les raisonnements sur risposte laïque. Allez sur ce site c’est instructif. Alors vos arguments m’intéressent. Encore merci d’avoir publié mon premier commentaire.

  10. Nanpon 25 décembre 2018 at 10:09 - Reply

    Je rajouterais qu un des point posoitif dans ce mouvement, c est le politisation de ses membres. Je pense qu énormément de personnes légèrement de droite se sont gauchisés et concientisés.
    Les manifestants ont compris le totalitarisme de la répression d état, la realité de la violence policière.

  11. Hugues 24 décembre 2018 at 11:03 - Reply

    Que voilà une belle analyse … Bon courage à ceux qui trouverons la solution pour structurer ce mouvement qui vient des tripes de chaque individu qui le compose … Au siècle dernier, je me souviens d’un slogan : la tyrannie c’est le pouvoir pris par certains contre la multitude … la démocratie c’est l’inverse !! Cette confusion me donne mal au crâne, je reprendrai bien un peu de café … A tchao bye ! et continuez à éclairer nos lanternes !

  12. guille 23 décembre 2018 at 00:09 - Reply

    je me permets juste ce commentaire qu’on s’est fait avec quelques camarades de diverses orgas sur Toulouse autour de la présence (très minoritaire chez nous d’ailleurs) des drapeaux françaouis et de la Marseillaise (perso aujourd’hui, je ne l’ai pas entendue mais le chant des partisans, oui…). A savoir que, sortis de nos milieux ultra-militants, quels sont les référentiels révolutionnaires que connaissent les Français-es “de base”, à part le drapeau et la Marseillaise justement parce que remontant… à la Révolution Française??
    Faut être honnête sur notre capacité à diffuser notre culture. Un paquet de nos référentiels sont passés largement dans le populo ces dernières années : les Ahou, cassez-vous lancez aux flics, ne nous regardez pas rejoignez nous, qui sèment la misère récolte la colère, tout le monde déteste la police, les ah anti, anti-capitalistes, l’équipement dont se dote une majorité de GJ dans les manifs, sans compter des ronds-points aux allures de ZAD… Tout ça, s’est passé (et bien passé), pour le reste, on a encore du taf…
    Après, clairement, le mélange d’individualité et de collectif ainsi que l’horizontalité d’un mouvement comme celui-ci me fait tout de même espérer que la capacité d’un gouvernement potentiellement autoritaire à tenir la rue serait bien maigre…
    saluts libertaris et merci pour l’article.

  13. AD 22 décembre 2018 at 00:35 - Reply

    Je suis globalement d’accord avec votre analyse, mais je voudrais rappeler un point qui me semble important : l’extrême droite et la droite dure sont bel et bien aux manettes de ce mouvement. J’aurais aimé que vous rappeliez que le mouvement a été initié par la vidéo de Franck Buhler, issu de la “patriosphère”. Il faut aussi penser que toute l’organisation ne s’est pas faite que sur Fb, il y a aussi eu des réunions, organisées par des figures de la droite conservatrice, si bien que les mairies de gauches leur refusaient les salles, là où les mairies Rn leur ouvraient grandes les portes. Le gilet jaune est une symbolique vortex aspirant toute trace politique et jouant pour un confusionnisme généralisé. En enfilant un gilet jaune, on nourrit le confusionnisme. Je pense qu’il ne faut pas se joindre à se mouvement, duquel rien de bon ne pourra sortir, comme vous le soulignez très bien. Et ne pas “laisser la rue à l’extrême droite”, ça ne veut pas dire manifester avec elle, en reprenant ses codes et ses symboles. De plus, vous avez très justement relevé et pointé du doigt les têtes de cortèges souvent prises par des fachos, avec des banderoles conspi/xénophobes/fascisantes (on peut relever à lyon la magnifique banderole “Marakech c’est non” à Lyon le 8 décembre, à ajouter à celles montrées dans l’article), mais j’aimerai rappeler que si, en effet, c’est une minorité d’extrême droite qui implante ces affiches/banderoles, il faut bien penser que visiblement, ça ne dérange pas tous les gens derrière ! De même que pour le panneau “Frexit, 11 vaccins = poison” vu à Paris, et tous les autres signes fachos/conspi. Si ils sont en effet l’oeuvre d’une minorité, les gens ne les rejettent globalement pas, les actions de mobs antifa comme on a pu le voir avec Benedetti (pur bonheur au passage) n’étant pas représentatives du mouvement en général. Loin de moi l’idée de dire que les gilets jaunes sont tous d’extrême droite, mais beaucoup sont de facto, facho-compatibles, sinon facho-tolérants.

  14. morto 21 décembre 2018 at 20:48 - Reply

    désolé mais votre texte est au mieux descriptif.
    Votre tentative d’analyse tourne en rond car vous êtes omnubilés par l’extrême droite.
    Si vous êtes de vrais révolutionnaires, vous devez renforcer la convergence des luttes au lieu, sous prétexte d’antifascisme, de servir de chien de garde au système !.

    • La Horde 21 décembre 2018 at 21:27 - Reply

      Au contraire, ton commentaire est la démonstration même de la nécessité du discours que l’on porte : car de quelle “convergence des luttes” parles-tu ? Celle qui verrait extrême droite et extrême gauche main dans la main contre le “système” ? C’est très justement la fable que l’on déconstruit dans l’article, si tu avais pris la peine de le lire attentivement.

      • morto 23 décembre 2018 at 15:39 - Reply

        Merci d’avoir accepté mon commentaire qui est à contre-courant.
        J’ai bien lu votre article et je maintiens que la seule façon de stopper “la bête sauvage” stade ultime d’un système qui mange ses enfants c’est la convergence de lutes. La pureté revendiquée affaiblit les légitimes revendication du peuple.
        Sorel, ou Proudhon seraient venus renforcer la lutte au lieu de disserter sur le sexe des anges.
        Réveillez vous vous stérilisez la tradition révolutionnaire française !!

        • La Horde 25 décembre 2018 at 09:30 - Reply

          Contrairement à ce que tu maintiens, ce n’est pas une question de ” pureté ” derrière cette question de la convergence, c’est simplement le constat lucide de la proximité réelle entre engagements réciproques et renoncement à ses principes. Tout arrangement n’est pas bon, et si la ligne de front qui sépare compromis et compromission ne semble pas toujours évidente, certaines choses ne sont pas acceptables. Après, quand tu cites Sorel ou Proudhon, si c’est pour défendre le nationalisme intégral du premier ou l’antisémitisme du second, c’est qu’on n’a plus rien à échanger.

  15. Laurent Grenoble 20 décembre 2018 at 08:55 - Reply

    Merci et bravo pour ce nouvel article sur G. jaunes.
    >Petite remarque, élément de combat anticapitaliste , que je fais remarquer à tous antifas que je croise, à tous Gilets J : la sauvegarde de la planète, ce n’est pas du tout “un truc de bobos”” ça concerne en premier les plus pauvres ,, ceux du monde entier, mais ceux d’ici aussi = c’est eux, c’est nous qui subissons le plus la pollution au bord de nos logements près des boulevards périphériques , la mal-bouffe aux pesticides, les risques d’obésité, c’est encore pour nous, les catastrophes climatiques, les inondations à répétition c’est encore les + pauvres qui les prennent de plein fouet. …
    > VISA vient (le 18/12) de publier bonne analyse…=>>https://www.isere-antifascisme.org/ces-gilets-bruns-qui-polluent-les-gilets-jaunes-avec-visa-vigilances-et-initiatives-syndicales-antifascistes
    > Vu de Grenoble, je suis peut être légèrement moins pessimiste que vous ?? Dans mon coin, même si Civitas,Philippot, le FN et LR se sont ramenés aussi sur les ronds-points, il me semble que les GJ se gauchisent peu à peu, ne donnent pas trop dans “lutte de pauvres contre d’autres pauvres” ni dans machins anti-immigrés… Faut dire aussi que des antifas et solidaires divers s’impliquent aussi avec ou autour GJ, poussant à discours plus positifs…
    Je parle bien de la région grenobloise(du moins d’une partie d’entre elle, je ne connais pas tout, même dans autour de Grenoble. La situation dans le Nord Isere, càd + proche de Lyon, est sans doute bien plus inquiétante…

  16. Nopasaran 20 décembre 2018 at 08:39 - Reply

    Analyse quand même très axée sur l’extrême droite … Il y a beaucoup d’antifa, d’anticapitalistes, d’anar et d’humaniste dans les GJ qui refusent de laisser le terrain aux fachos… On peut se faire des brainstorming toute la journée mais l’inaction est la pire des choses! C’est à cause de l’inaction que ces bâtards arrivent à être aussi visibles.
    Ou sont les combattants??

    • luc 22 décembre 2018 at 17:30 - Reply

      ton commentaire ne tient pas debout. Si un “anar” a envie de se mêler aux gilets jaunes, c’est son droit, mais il ne saurait le faire sans perdre de vue ce qu’il est et surtout… cela ne change rien à la nature de ce mouvement, qui dans le meilleur des cas relève de l’analphabétisme politique et en bien des cas est saturé d’une idéologie droitière que cet article a eu parfaitement raison de rappeler.

      • Touffany 11 février 2019 at 13:52 - Reply

        A lire certains commentaires, j’ai l’impression que sous les plis du drapeau noir, on a des macronistes :”Les gars, si vous êtes anars, chez les Gilets Jaunes n’y allez pas… C’est droitier et plein de fachos.” Comme disait, naguère, un compagnon de la Fédération anarchiste : “Un imbécile qui marche ira toujours plus loin d’un intello assis”.

  17. Bibs 19 décembre 2018 at 22:09 - Reply

    Bonjour
    Article très intéressant!
    Cependant, je vous laisse aller faire un tour sur la page FB Mobilisation Savoyarde – Gilets jaunes de Savoie pour vous rendre compte que la présence du Bastion Social n’est plus vraiment souhaitée à l’avenir.
    Dans nombre de commentaires, il est question de les dégager.
    Cela ne fait pas des GJ de Savoie des antifascistes mais il ne me semble pas qu’illes acceptent pour autant d’être récupérés par les néo-nazes.

    • luc 26 décembre 2018 at 18:06 - Reply

      outre la récupération par les néo-nazes et le déploiement de tricolore (que cet article a eu parfaitement raison de rappeler) : un danger non négligeable est le risque de récupération… macronienne. Derrière les cris de “macron, démission” -qui ne sont pas sans rappeler le “De Gaulle, démission” de jadis- un certain nombre de GJ entretiennent un rapport d’amour déçu avec la République dont ils voudraient qu’elle les écoute (sic) et qu’elle les respecte (resic). Ils se perçoivent comme les… oubliés-de-la-République, de manière symétrique à d’autres qui se présentent comme les… indigènes-de-la-République. Et macron/philippe ne devraient pas avoir trop de mal à mettre ceux-là dans leur poche ou à tout le moins, à jouer les prolongations… à leur propre profit en entretenant la comédie du dialogue (sic) et de la participation citoyenne (resic). Et déjà plus d’un journaliste prend sa plume à deux mains mon cousin pour rédiger des articles sur le thème ‘Le nouveau Macron est arrivé’, exactement de la même façon qu’en 2007 ils avaient vendu du papier en nous assurant que ‘Le Front National nouveau est arrivé’ -sans apporter toutefois le début d’un commencement de démonstration…

  18. Greg 19 décembre 2018 at 20:01 - Reply

    Vraiment très bonne analyse!

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