Anjou Patrimoine : un héritage d’extrême-droite

12 novembre 2018 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Lu sur le site du Réseau Angevin Antifasciste :

Ces derniers jours, une polémique occupe les pages saumuroises de la presse locale. La mairie étudie la possibilité d’octroyer un bail pour l’usage d’un édifice catholique désaffecté, la Chapelle Saint-Jean. Le groupe V&B aimerait y installer un débit de boisson. Le nom très douteux de « Levrette Café » a un temps été avancé.

Depuis quelques semaines une association nommée Anjou Patrimoine se formalise et c’est elle qui mène la fronde contre ce projet. Quelques tracts ont été diffusés, les journalistes contactés et surtout une pétition a été mise en ligne sur Change.org. Elle compte à ce jour un peu plus de 2600 signatures.

En substance, les arguments avancés contre le projet sont de deux ordres. D’abord, ce collectif juge infamant de destiner un ancien lieu de culte à des soirées alcoolisées, sous-entendu à la débauche. L’artillerie lourde est vite dégainée, le chapeau introductif de la pétition est le suivant : « Maman, Papa, qu’est-ce que ça veut dire, Levrette ? » Attendez-vous à ce que vos enfants vous posent cette question !. Le tout est appuyé par la mise en avant de captures d’écran de la promotion suggestive usitées par les autres « levrette bars » du groupe.

Le second argument est d’ordre économique. Avec des accents poujadistes Anjou Patrimoine exprime une inquiétude par rapport aux autres commerçants locaux qui ne bénéficieraient pas d’autant de largesse que le groupe V&B de la part des élus locaux.

Créée en septembre, l’association se présente comme une simple association de vulgarisation historique ou mémorielle : visite commentée de la cathédrale d’Angers ou commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918. La rhétorique fait tiquer sur ce dernier événement qui se présente comme un « hommage à nos morts ». « Nos morts » : un chauvinisme qu’on espérait révolu.

Inutile de tourner autour du pot. Bien que se présentant comme apolitique, Anjou Patrimoine est une nouvelle expression de l’extrême-droite la plus réactionnaire en Maine-et-Loire.

Pour s’en convaincre, il suffit de dresser le portrait peu flatteur de celui qui est à l’origine de l’association : Alexandre Rivet. Laissons le journal auquel il participe activement le présenter : Né en 1991, il fait partie de la jeune garde de Présent ! Recruté comme correspondant local, il écume donc sa belle région du Nord-Pas de Calais pour rapporter informations, entretiens et photos. […] Il aborde parfois ses thèmes de prédilection que sont la religion et la politique, mais aussi le sport et le cinéma. En plus de Présent, il œuvre pour la réinformation en travaillant pour TV Libertés et en prenant la parole lors de réunions publiques.

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