L’extrême droite a tué une centaine de personnes en Europe en dix ans

13 septembre 2018 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Il y a un peu moins d’un an nous étions revenus sur la passion pour les armes qu’ont les militants d’extrême droite .Le média libertaire Rapports de Force revient sur les violences d’extrême droite et rappelle qu’elle tue encore :

En 2013, Clément Méric, jeune antifasciste de 18 ans, mourrait sous les coups de militants nationalistes, dévoilant au grand public la violence de ces groupes d’extrême droite. Cinq ans plus tard, le nombre d’agressions commises par cette mouvance d’ultra-droite se compte toujours en dizaines chaque année, en France et en Europe.

« L’extrême droite tue, faisons son procès », proclame une affiche du comité pour Clément, à l’approche de la comparution devant les assises de Paris des trois militants du groupe Troisième Voie responsables de la mort de Clément Méric. Une alerte pour rappeler que la marque de fabrique de ces mouvements est d’imposer leurs idées par la violence, voire la terreur. Mais aussi une protestation contre les discours renvoyant dos à dos fascistes et antifascistes ou tendant à réduire la mort de Clément Méric à une banale bagarre de rue.

Si aucun autre mort n’est à imputer à la mouvance d’ultra droite en France depuis 2013, les agressions et projets d’attentats ou d’assassinats n’ont pas manqué. Au mois de juin, dix membres d’un groupuscule baptisés Action des forces opérationnelles sont mis en examen. Ils sont suspectés de préparation d’attentats contre des musulmans. Lors des perquisitions, 36 armes à feu et des composants servant à la fabrication d’explosifs sont saisis. L’an dernier déjà, dix personnes avaient été interpellées dans l’entourage d’un ancien militant de l’Action française, lui-même arrêté en juin, pour des projets d’attentats visant des hommes politiques et des mosquées. Parmi les cibles : Jean-Luc Mélenchon et Christophe Castaner.

Des velléités de déstabilisation qui rappelle la tentative d’assassinat visant Jacques Chirac pendant le défilé du 14 juillet 2002, année ou un parti d’extrême droite, le Front national, accédait au second tour d’une élection présidentielle pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le tireur s’appelait Maxime Brunerie. Il était proche du groupe Unité radicale, transformé par une partie de ses cadres après sa dissolution en Bloc identitaire. Certes, depuis l’assassinat de Clément Méric en 2013 aucun mort n’est à dénombrer dans l’hexagone du fait de l’extrême droite. Pour autant, il n’en est pas de même ailleurs. Cette année au mois de juin, un néonazi slovaque agresse un Philippin de 36 ans qui meurt quelques jours plus tard à l’hôpital. Dans l’été, c’est un Marocain de 43 ans qui est mort en Italie des coups qu’il a reçus.

Agressions partout

La violence politique des courants nationalistes ne se résume pas à ces cas les plus atroces. Hasard du calendrier, cinq militants de la mouvance d’extrême droite lyonnaise ont été jugés le lendemain de l’ouverture du procès des responsables de la mort de Clément Méric. Ils ont été condamnés à des peines de prison allant de un an à dix-huit mois, assortis partiellement de sursis, pour avoir poignardé deux mineurs considérés comme antifascistes, dans le quartier Saint-Jean en 2014. Toujours en France, deux membres fondateurs du Bastion social à Marseille ont été condamnés en juin à six mois de prison pour avoir frappé un gendarme et un de ses amis guadeloupéens. L’un des deux assaillants avait déjà été condamné au mois de mai pour l’agression d’un couple d’origine maghrébine à Aix-en-Provence à l’issue d’une manifestation du Bastion social.

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