Lyon : vidéo d’hommage à Clément et bilan de 5 ans d’extrême droite lyonnaise

10 septembre 2018 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Nos camarades de la GALE ont publié la semaine dernière une vidéo de leur action en hommage à Clément, à l’occasion de l’ouverture du procès de ses agresseurs : on en profite pour rappeler que le Comité pour Clément invite toutes celles et tous ceux qui le souhaitent à assister aux audiences (qui ont lieu au TGI de Paris à Cité, de 9h30 à 20h environ jusqu’au 14 septembre), afin de soutenir la famille et les proches.

Le groupe antifasciste lyonnais a également publié un bilan de ces cinq dernières années de violence d’extrême droite dans leur ville, à lire en intégralité ici, et dont voici un extrait :

Les dissolutions n’ont fondamentalement rien changé (nous pensons qu’ils ont été juste KO quelque temps). Les fascistes ont simplement changé d’enseigne, ont pleurniché pour se faire plaindre, et se sont remis au travail.

Leurs locaux ont continué à tourner. Ainsi, le local des identitaires, qui avait ouvert en 2011  » la Traboule  » a servi de base d’opération pour plusieurs agressions. A peine un an après la mort de clément, en 2014, ce sont deux jeunes qui se sont faits poignarder dans le quartier du Vieux-Lyon, pas très loin du local des identitaires. Poignardés car suspectés par leurs agresseurs d’être des militants de gauche, les agresseurs , quant à eux, étaient sans surprise des militants d’extrême-droite. Les deux jeunes sont sortis quelques jours plus tard de l’hôpital, malgré des blessures sévères. Le procès des agresseurs est d’ailleurs ce mercredi 5 septembre 2018.

Plusieurs membres avaient déja été condamnés pour violences, mais à des peines symboliques. Ce local est aujourd’hui toujours ouvert malgré plusieurs manifestations pour exiger sa fermeture. Il s’est même agrandit avec une salle de boxe, l’Agogé, la plus grande salle de boxe identitaire de France.
La Traboule n’a jamais donc été inquiétée par une fermeture. A ces premiers locaux se sont joints d’autres. L’Action Française, qui en possède un dans le Centre de Lyon, puis le GUD, qui est parvenu, lui aussi à ouvrir le sien.

Les fascistes se sont aussi progressivement dotés de locaux commerciaux. Salon de tatouage, boutique de vêtements. Il est cependant difficile à croire que cela soit des affaires rentables, et il n’est pas impossible que des activités illicites et des tours de magie comptables s’y déroulent.
En 2017, le GUD a ouvert un premier Bastion Social sous forme de squat, qui a pu être fermé par la mobilisation populaire, puis un deuxième, qui, lui, continue d’opérer et sert à lancer des attaques contre divers lieux. Comme en avril dernier, ou 5 militant-e-s antifascistes de Lyon se sont fait agresser par une trentaine de membre du Bastion Social. Ce succès a fait que le GUD opère désormais sous le nom de Bastion Social, leur nouvelle identité.

Et malgré le nombre d’agressions à caractères racistes, homophobes ou contre des militant-e-s de gauche faites par cette organisation les pouvoirs politiques de la ville disent ne rien pouvoir faire tant qu’ils n’enfreignent pas la loi.
Le message est clair par les amis politiques de Collomb, tant qu’il y a pas de mort, ils ne peuvent rien faire.
[Il y aurait par ailleurs matière à se poser des question sur les liens entre police et groupes fascistes, et quant à savoir jusqu’à quel point les fascistes sont des indics]

En cinq ans, la situation s’est dégradée, tout comme la situation partout dans l’hexagone. Cette dégradation est autant le fait de conditions objectives, approfondissement de la crise, effondrement de la sociale-démocratie… que de conditions subjectives. Parmi celles-ci se trouvent la naïveté effarante avec laquelle la situation est analysée. Que certains essaient de faire de l’antifascisme pour dorer ou redorer leur image et rameuter des votants, cela de nous surprends pas. Mais ce qui est grave, c’est que malgré les discours radicaux, une grande partie de la « gauche » et de la « gauche de la gauche » persistent à croire dans les promesses des institutions et à marcher main dans la main avec les charognards qui voulaient utiliser Clément Méric comme symbole à leur profit.

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