Canada : échec historique pour l’extrême droite à Montréal

7 juillet 2018 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Lu sur le site du Greda (Groupe de recherche sur l’extrême droite et ses allié·e·s) :

Le 1er juillet dernier, malgré une chaleur accablante, avec un soleil de plomb et près d’un facteur humidex de 42 celsius, plus de 300 personnes ont manifesté contre l’extrême-droite au centre-ville de Montréal.  Des représentants de divers groupes politiques (IWW, QS et du PCR), de groupes antifascistes, de membres de la communauté LGBTQ, de membres de Solidarité sans frontières, de groupes minoritaires ainsi que des Premières Nations ont organisé un rassemblement Place Valois dans l’est de Montréal.

Le groupe Wolfpack Street Patrol, un groupe d’activistes venant en appui aux SDF des diverses communautés autochtones de Montréal, y a pris part. Comme leurs chapitres ailleurs au Canada, ils sont venus dénoncer les groupes racistes et haineux actifs au pays. Ils ont souvent confrontés les patrouilles des Soldats d’Odin contre les réfugiés, particulièrement dans l’Ouest canadien.

Faire barrage à l’extrême droite en centre-ville

La mobilisation populaire a pris le métro pour manifester contre la présence des groupes de l’extrême-droite de La Meute, des SA et des quelques membres d’Indépendance Day (ID) réunis dans l’atrium avec leurs autobus devant les bureaux d’Immigration Canada (ainsi que certains bureaux du Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS) du fédéral.

La coalition brunâtre avait promis une manifestation historique. Un échec total, alors que les membres de l’extrême-droite ont passé 3 heures, encerclés par deux groupes de la mobilisation populaire et protégés par les Services de la Police de la Ville de Montréal.

Plusieurs avaient parcouru des centaines de kilomètres en autobus pour ce Happening dit historique. En fait, la majorité venaient de la région de Québec ( plus de 6 heures de route) et de la région du Saguenay ( plus de 9 heures de route). Comme le claironnait les SA,  on vient prendre d’assaut l’incubateur de l’extrême-gauche ! Tout au plus, une centaine de membres de La Meute, environ 40 SA et moins de dix membres d’ID. Les FQS et Atalante, ainsi que les Soldats d’Odin brillaient par leur absence. Certains ex-membres des SA, alarmés par les appels à l’aide de La Meute au téléphone, ont quitté la manifestation du FPQ (nous y reviendrons) pour tenter de briser le barrage !

Comme le soulignait un militant antiraciste, la Meute est devenu une ligue de garage. Il faut se rappeler que l’an dernier, ils avaient passé 5 heures dans un garage souterrain avant d’émerger, alors qu’ils ont sortis après 3 heures pour retourner dans leur tanière. Face au mur populaire, les gens de La Meute et des SA scandaient, on est le peuple alors que leurs leaders étaient perplexes, le moment d’un petit caucus avec la Police, à l’air climatisé.

 

Pas de lien avec Walkyrie, le KKK pour la Meute ?

Alors que le second de La Meute a affirmé sur les ondes de CTV, en anglais bien sûr, que Walkyrie Larocque, ex-grand dragon de l’Empire Invisible du KKK, n’est pas membre de La Meute et qu’ils n’ont pas de lien avec lui, la réalité montre autre chose. Walkyrie Larocque est un des dirigeants d’Independance Day (ID), invité par le cheuf de La Meute à se joindre au groupe.

Pendant ce temps, Walkyrie Larocque s’est placé sous la protection des sbires de la Garde de La Meute et des membres des SFSA, derrière la protection policière.

Walkyrie Larocque : Avec sa casquette, ses verres fumées et son drapeau d’ID derrière un sbire de La Meute! ; à la maison en 2016 avec son tatouage de La Meute.

Dès que les caméras ont fait présence au sein du pack, il a subtilement entré, à l’air climatisé de l’Atrium, pour laisser une de ses kkkamarades représenté le groupe publiquement! Par la suite, il s’est glissé dans l’autobus des SA pour rentrer à Québec.

Un échec lamentable pour la Meute

Promis comme la plus grande manifestation de l’histoire, il faut reconnaître un lamentable échec. Si on peut évaluer le nombre moins important que prévu dans les rangs de la mobilisation populaire contre l’extrême-droite par le long week-end et la canicule, pour la Meute, c’était le moment.

Le lendemain, le cheuf a donné un entrevue à Magnan de Poste de Veille. Ses propos jugés trop mous ont alors été dénoncés par la Fédération des Québécois de Souche (FQS). Encore une fois, le don de se faire des amis n’est pas l’une des qualités de cette direction de la Meute. Les SA ont tenté de se féliciter, tout en déplorant le manque d’effectifs !

La Meute, comme toute entreprise, génère des fonds au sein de ses actionnaires (membres). Dans le passé, Brouillette vendait les pancartes à 8$/ pièce pour les membres. Mais, compte-tenu du “moment historique”, il a changé sa politique :

Le Conseil de la Meute a décidé de fournir gratuitement les pancartes pour la manifestation du 1 juillet 2018 à Montréal aux membres de la Meute qui seront identifiés avec un vêtement de la Meute. Il y aura environ un centaine de pancartes de disponible. Les premiers arrivés seront les premiers servis. C’est une façon de redistribuer aux membres les profits de la Boutique de la Meute (…) Pour ceux qui désirent se procurer des vêtements aux couleurs de la Meute, nous venons de recevoir une grosse commande d’article de la Boutique. Ceux qui commanderont avant le 20 juin pourront recevoir leur commande avant le 1 juillet pour la manif. Toutes les commandes en suspend et les B/O sont partis vendredi passé et il nous reste beaucoup d’inventaire.

Sa tactique de vente n’a pas réussi. Même en solde, la haine n’a pas trouvé preneur.

Lors de la couverture médiatique, les médias anglophones et la plupart des médias francophones ont traité correctement La Meute comme un groupe Identitaire d’extrême-droite. Il y a bien eu les médias de l’empire Québécor qui ont donné une place disproportionné au Cheuf de la Meute en tentant de se légitimer auprès de la population. Nous aurions eu plusieurs questions. Mais, en voici une que personne du monde journalistique n’a posé. Voici le topo :

En août 2017, sur les ondes d’Ici Radio-Canada, Brouillette affirme que; Après les événements de dimanche, La Meute dit avoir fait le plein de sympathisants. Ils ont maintenant tout près de 60 000 membres sur leur site Facebook. En janvier 2017, lors d’un entrevue avec Vice Média, Maikan maintient que 43 000 est le nombre exact et qu’un grand nombre de volontaires ont vérifié minutieusement chaque profil Facebook. En ce qui a trait aux cartes de membre, il affirme que La Meute n’a pas les ressources pour bâtir un système pareil.

En fait, La Meute ne compte qu’un peu plus de 300 membres selon nos informations. Ils sont sur une pente descendante. Le mouvement de l’extrême droite est en pleine explosion au niveau des divers groupes. Mais, ils sont toujours dangereux et comptent prendre leur revanche.

Pour les membres de la communauté journalistique, nous aimerions rappeler que ces extrémistes de droite qui réclament la liberté d’expression, réclament bien plus le droit à l’exclusion et à l’intolérance. Dans les derniers mois, dans la région de Montréal, des membres de ces groupes ont perturbé une session de formation sur l’extrême-droite tenue par l’Université Populaire de Montréal dans les locaux de la librairie Zone Libre. En mars, la Meute et les Soldats d’Odin ont envahi un colloque académique sur la droite identitaire. Ils ont ensuite intimidés les étudiant·e·s dans la cafétéria du CEGEP Édouard-Montpetit à Longueuil. Nous ne voulons pas leur donner la liberté de poursuivre leur propagande et leurs actions d’intimidation.

Greda

Photos militantes, CBC, Facebook et twitter

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