Pour mémoire : l’insurrection gitane du 16 ami 1944

19 mai 2018 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Lu sur le site de l’Insurrection gitane, qui organise ce jour une fête à Saint-Denis (93) à la mémoire de l’action de résistance du 16 mai 1944 :

Le 16 mai 1944, les femmes et les hommes du “camp des familles tziganes” d’Auschwitz II Birkenau, avertis par le réseau clandestin de la résistance du camp, se sont organisés et ont réussi à repousser les gardes SS venus les conduire aux chambres à gaz. Les meneurs de cette insurrection, membres d’un plan secret de soulèvement général du camp, furent après cette nuit dispersés et assassinés dans d’autres sites d’extermination du 3ème Reich. Les enfants, les femmes et les hommes restés dans le “camp des familles tziganes” ont été exterminés dans la nuit du 2 au 3 Août 1944. Le plan général de soulèvement du camp fût mis en œuvre le 7 octobre 1944, par les membres des “sonderkommandos” depuis le site des chambres à gaz.

Cette année encore La voix des Rroms et ses amis célèbreront en France et en Europe, le soulèvement, le 16 mai 1944, des femmes du « camp des familles tziganes » d’Auschwitz II-Birkenau, sous la forme d’un Spectacle Politique Vivant. Suite aux efforts de La voix des Rroms auprès de ses partenaires, le 16 mai est devenu depuis mai 2015  l’International Rromani Resistance Day et simultanément des évènements auront lieu  encore en 2018 dans de nombreuses villes d’Europe, dont Berlin, Vienne, Budapest, Skopje, Brno, Prague etc…

Tout particulièrement, l’événement de Saint-Denis portera cette année le thème de l’évasion. Internement, Génocide, Incarcération de masse, harcèlement policier, exil,  déportations, il est des femmes, des hommes et des enfants pour qui l’évasion est une stratégie historique de résistance contre un monde hostile qui trop souvent ressemble dehors comme dedans à la  prison. Le militant afro-américain George Jackson disait, “il se peut que je fuie mais dans ma fuite je cherche une arme”. Telle pourrait être le refrain de la résistance rromani dont chacun.e s ici sera aussi un représentant vivant.

Grand manifeste contre le racisme  structurel, la Fête de l’Insurrection Gitane veut aussi être  un acte d’affirmation d’une nouvelle appartenance commune fondée sur la cohésion non hiérarchique de tous en tant que multiplicité résistante. L’identité rromani, multiple, dans son acte d’insurrection historique, et en tant que cible contemporaine parmi d’autres des violences nationales et gouvernementales en Europe, se propose comme paradigme de cette unité harmonieuse des différences dans un ensemble continental cohérent.  C’est donc tout naturellement que cet acte qui veut participer d’un mouvement général de refondation de la citoyenneté doit prendre place pour la France à Saint-Denis, localité cosmopolite organisée, et donc objet métropolitain de la haine nationaliste, et précisément sur le parvis de la Basilique où sont les gisants des Rois et qui par ailleurs, est mentionné dans le Journal d’un bourgeois de Paris (1427) comme lieu l’apparition des Rroms dans le Royaume de France. Cette année encore, la fête, parodie d’une insurrection, sera aussi la parodie d’une foire, en hommage à la foire du Lendit, qui du haut Moyen-Âge à l’aube du monde industriel fût le motif d’un afflux dans les parages de Saint-Denis des peuples français et de toute l’Europe continentale. ​

Plus d’information sur la fête ici

Laisser un commentaire »