« Souverainisme » : les origines

10 avril 2018 2 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Alors que l’extrême droite institutionnelle cherche à se recomposer, le « souverainisme » est défendu par certains comme la solution pour se rassembler, y compris en associant les “patriotes des deux rives”. Entre les tentatives d’entrisme de Philippot dans les luttes sociales, le confusionnisme rampant de l’UPR et le changement de nom du FN en “rassemblement national”, il nous a semblé d’actualité de présenter un petit rappel de l’histoire de ce courant particulier du nationalisme, qui, quoiqu’en disent ses promoteurs, est solidement ancré à la droite de la droite (en partenariat avec l’émission L’Actualité des luttes sur la radio associative FPP, nous avions il y a quelques jours animé une émission sur le sujet, à écouter ici).

Dès l’annonce par Marine Le Pen du nouveau nom de son parti, « Rassemblement national », les journalistes se sont rués sur Google pour voir si ce nom n’avait pas déjà été utilisé : et là, bingo, on pouvait convoquer le fasciste Marcel Déat, le populiste Tixier-Vignancour et même Jean-Marie Le Pen, puisque ce dernier l’avait choisi pour désigner le groupe FN à l’Assemblée nationale en 1986.

Or la notion même de “rassemblement national ” est un vieux fantasme du nationalisme (et, dans sa version extrême, du fascisme) comme l’a souligné l’historien Philippe Burrin[1], à savoir ” l’ambition d’opérer une rénovation nationale et sociale par-delà la droite et la gauche”. Tout en précisant que le fascisme n’est qu’une idéologie du rassemblement national parmi d’autres, il indique que “l’idéal d’un rassemblement national est le stade obligé à partir duquel peut s’effectuer la fascisation d’éléments venus de la gauche“.

En France, ce sont d’une part un partisan d’une droite musclée et autoritaire (Charles Pasqua) et d’autre part un réactionnaire patenté (Philippe de Villiers) qui ont, dans les années 1990, remis au goût du jour ce projet de rassemblement national sous le nom de “souverainisme” (à ne pas confondre avec la défense de la souveraineté populaire), projet politique qui n’est pas simplement comme le prétendent ses partisans la défense des États-Nations au sein de l’Europe, mais avant tout la tentative de faire tomber le clivage droite-gauche (et à travers lui le poids de la lutte des classes) au profit de la “défense de la Nation”.

Irruption du “souverainisme” dans le jeu électoral

Les élections européennes en France sont toujours l’occasion d’émerger pour des personnalités politiques plus ou moins marginales dans le paysage politique français. Ainsi, aux élections de 1999, une liste menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers a créée la surprise en réalisant un score équivalent à celui de la liste RPR (droite libérale). Cette liste qui se qualifiait elle-même de «souverainiste» s’intitulait le Rassemblement pour la France et l’Indépendance de l’Europe, généralement appelée Rassemblement pour la France (RPF), reprenant les initiales du Rassemblement du Peuple Français, parti du général De Gaulle dans les années 1950.

Philippe De Villiers, alors surtout connu comme président du conseil général de Vendée, avait réussi à forger dans les médias une image de “gauchiste de droite”, alors même qu’il n’y a pas plus conformiste, moraliste et traditionaliste, comme l’atteste le mouvement qu’il crée en 1991, Combat pour les Valeurs (le magazine antifasciste REFLEXes avait fait son portrait très complet en 1994, à lire ici). Pour lui cette utilisation opportuniste des élections européennes n’est pas la première, car les précédentes élections européennes l’avaient déjà vu créer son propre « Mouvement pour la France » (MPF), qui n’a pas eu de succès par la suite en dehors de son fief de Vendée. C’était aussi pour lui un outil de promotion personnelle : cette ambition explique l’antagonisme relatif avec le FN, De Villiers ayant vite compris que s’allier avec le parti de Le Pen lui serait politiquement fatal. De fait, si les thèmes développés pouvaient être similaires, une alliance ou même un travail commun n’étaient pas envisageables.

De 22 ans son aîné, Charles Pasqua a lui une expérience politique nettement plus riche que le vicomte de Vendée. Après quinze ans chez Ricard, le célèbre apéritif marseillais, où il développe sa faconde (il commence comme représentant) et remplit son carnet d’adresses, il participe en 1961 à la création du Service d’Action Civique (SAC), officiellement service d’ordre du parti du général De Gaulle et véritable police parallèle regroupant de nombreux truands du « milieu » du sud de la France et même à partir de 1968 des anciens de l’OAS. Avec la démission de De Gaulle, il quitte le SAC, entraînant avec lui un certain nombre d’amis, avec qui il rejoint en 1974 Jacques Chirac pour créer un nouveau parti, le RPR. Il garde néanmoins de bons contacts avec un certain nombre de figures de l’extrême droite, dont certains se retrouvent sur la liste du RPF. Il est ministre de l’Intérieur à deux reprises : en 1986 d’abord, où il s’illustre par une politique extrêmement autoritaire, entraînant un grand nombre de meurtres sécuritaires, en particulier de la part de policiers ; puis en 1993, où ses mesures contre les immigrés sont restées connues sous le nom de « lois Pasqua ».

S’il a toujours été un ennemi de la construction européenne, à chaque échéance électorale, Pasqua a joué les seconds couteaux dans les rangs de la droite : lassé de cette situation, il s’émancipe et annonce en décembre 1998, après avoir démissionné de la direction du RPR, qu’il conduira une liste indépendante anti-européenne pour les élections de juin 1999, appelant tous les « défenseurs de la souveraineté de la France », de droite comme de gauche, à le rejoindre. Suite à l’échec de cette initiative, il se rapproche de Philippe De Villiers. Leur programme est nationaliste, sécuritaire, anti-immigré, et n’a rien à envier au programme du Front national de Le Pen (avec qui Pasqua déclarait en 1984 partager des « valeurs communes ») ou de sa scission, le Mouvement National Républicain (MNR) de l’ex-numéro 2 du FN, Bruno Mégret.

Fort de leur 13% obtenu aux élections de juin 1999, Pasqua et De Villiers rêvent d’avenir : en juillet 1999, Pasqua déclare qu’il y aura un candidat RPF aux prochaines élections présidentielles en 2002 et le 21 novembre est officiellement créé le parti Rassemblement pour la France (RPF). C’est à ce moment-là que François Asselineau, qui fondera plus tard l’UPR, rejoint Pasqua.

Qui se rassemble, s’engueule

Mais dès le mois de décembre, suite à ce qu’on appelle alors « l’affaire Marchiani », il commence à y avoir de l’eau dans le gaz, et en juin 2000, le divorce entre Charles Pasqua et Philippe de Villers est annoncé, le premier reprochant au second de vouloir faire un « FN bis », alors que le RPF devait être fait pour « rassembler » (qui reste le maître mot des tenants du « souverainisme »). Le FN, qui se remet lui-même tout juste d’une importante scission, se réjouit de voir un dangereux concurrent exploser en vol, tandis que Mégret, invite dès juin 2000 les déçus du RPF à se rassembler autour du MNR, et déclare dans un communiqué : « Je pense à tout ce qui peut se faire demain si chacun renonce à un esprit de chapelle, partisan et stérile. (…) La défense de l’identité et de la souveraineté de notre peuple impose cette démarche d’ouverture et de main tendue. »

Un appel qui ne sera pas écouté, et on se retrouve en juillet avec : un RPF conservé par Charles Pasqua ; le MPF de Villiers ; et « Combats Souverainistes », un regroupement de personnalités diverses, dont Paul-Marie Coûteaux, dont nous avons déjà retracé le parcours. Sous son impulsion, un certain nombre de personnalités souverainistes fondent en avril 2003 le Rassemblement pour l’Indépendance et la Souveraineté de la France (RIF), et tente de fédérer au sein d’une coordination souverainiste éclectique toute une multitude de groupuscules nationalistes, allant de nostalgiques du gaullisme à l’Action française. Dès 2002, Coûteaux pense que cet esprit de “rassemblement” doit inclure le FN, dont il se rapproche : en 2010, il tentera sans succès de faire s’entendre Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, avant de présenter deux ans plus tard à la présidente du FN un certain Florian Philippot…

UPR : Union Parano Réactionnaire

En 2006, François Asselineau entre au comité directeur du RIF. Auparavant, après avoir suivi Pasqua dans les Hauts-de-Seine, il s’était allié à Jean Tibéri aux muni­ci­pa­les pari­sien­nes de 2001. Des choix pas très judicieux, car les deux traînent des casseroles judiciaires connues de toutes et tous : la place nous manque pour faire la liste de toutes les “affaires” de Pasqua, tandis que Tibéri est jusqu’au cou dans l’affaire des « faux électeurs » révélée par le Canard enchaîné à la fin des années 1990, et pour laquelle il sera définitivement condamné en 2015. Asselineau est ensuite parti servir la soupe à Sarkozy à Bercy, avant d’être mis à l’écart en raison de ses positions trop protectionnistes. Retour donc à la case souverainiste.

Asselineau en 1995.

Il fonde alors en 2007 l’Union Populaire républicaine (UPR), qui a la particularité d’envisager son “souverainisme” en se focalisant quasi-exclusivement sur l’Union européenne. Pourquoi pas, mais là où le bât blesse, c’est quand il nous explique que l’Union européenne a été fondée par deux agents de la CIA, Robert Schuman et Jean Monnet, que les attentats du 11 septembre sont un complot, que Marine Le Pen elle-même a été mise sur orbite politique par la même CIA, dans le but de lui nuire, à lui, car Asselineau en saurait trop, et serait pour cette raison dans le collimateur des services américains… Un tel niveau de paranoïa pourrait prêter à sourire, mais cela lui a permis de surfer à la fois sur l’antiaméricanisme primaire très vivace dans notre pays, à droite comme à gauche, et d’être en résonance avec son époque, en embrassant les thèses conspirationnistes qui pullulent sur internet, dont l’UPR fait un usage à la fois performant et immodéré, en particulier à travers une armée de “trolls” chargés de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Attention ça se complique[2]

En 2008, Nicolas Stoquer, qui avait fondé avec Pasqua le RPF, dépose en préfecture une association du même nom, le Rassemblement pour la France (RPF) avec comme objet non seulement défendre “la souveraineté nationale de la France”, mais également “assurer l’ordre républicain” et promouvoir “l’association capital-travail“. Deux ans plus tard, une autre structure, l’Union Républicain Populaire (URP), à ne pas confondre avec l’UPR, est montée par Christian Jeanjean et Igor Kurek, deux élus de droite du Languedoc-Roussillon, avec comme devise : “pas d’ennemis chez les patriotes !“.

En 2011, le RPF nouvelle formule et l’URP[3] présentent des candidats communs lors des élections législatives de 2012 : parmi eux, Christian Vanneste, un ancien du Club de l’Horloge[4] devenu peu de temps avant le deuxième président du RPF, et Igor Kurek. Ce dernier est alors rattaché financièrement à l’Union de la Droite Nationale, une structure montée en novembre 2011 pour rassembler les exclus du FN contre la ligne de Marine Le Pen, à qui ils reprochent d’avoir abandonné les « fondamentaux du camp nationaliste et identitaire » pour complaire au « politiquement correct » : on y trouve entre autres le Parti de la France[5], le MNR et Synthèse Nationale… Que du beau monde !

En 2013, une crise traverse à la fois le RIF et le RPF : ceux qui ont quitté le premier, emmenés par Alain Bournazel, et ceux qui ont quitté le second, suivant Nicolas Stoquer, vont créer Le Rassemblement, dont le vice-président est Yvan Blot (membre fondateur du Club de l’Horloge et ancien du bureau politique du FN), mais cette initiative restera sans suite. En revanche, le RPF présidé par Christian Vanneste continue son petit bonhomme de chemin, avec Igor Kurek comme secrétaire général. Tandis que Frédérik Bigrat dépose la marque “Rassemblement pour le France”, une nouvelle association éponyme est déclarée en 2013 avec comme objet, outre le “respect des valeurs de la république“, “le rayonnement de la France dans le monde, pour la pérennité de la nation française, de son identité et de sa culture“. C’est à la fin de la même année que Bigrat dépose également la marque “Rassemblement national”, avec un logo plutôt ambigu, mêlant croix de Lorraine et flamme du FN  !

L’association est déposée quelques mois plus tard, en février 2014, avec un objet identique à celui du RPF. Mais l’équipe dirigeante du RPF se déchirent justement sur la question du FN : Christian Vanneste et Frédérik Bigrat sont favorables à un rapprochement, tandis que Kurek s’y oppose.

Dupont la Joie

La même année, en octobre 2014, Nicolas Dupont-Aignan sort de l’ombre en présentant son “nouveau” parti, Debout le France. En 1999, Dupont-Aignan avait crée au sein du RPR un club de réflexion, Debout la République (DLR), dont plusieurs membres ont participé à la fondation du Rassemblement pour la France de Pasqua et de Villiers. DLR est ensuite devenu un courant au sein de la droite de gouvernement, alors l’UMP, où Dupont-Aignan défend une ligne “souverainiste” et fait campagne pour le “non” au référendum de 2004 sur la constitution européenne, en opposition à la ligne de l’UMP.

Nicolas Dupont-Aignan en 2001.

Par ailleurs, Dupont-Aignan a de l’ambition, et il se verrait bien président de la république : il annonce dès 2005 son intention d’être candidat aux présidentielles de 2007, d’abord au sein de l’UMP puis en indépendant, mais faute des signatures nécessaires, il ne peut finalement pas se présenter. L’année suivante, il transforme Debout la République en parti politique, et lui aussi, tente de profiter des élections européennes en juin 2009 pour doucement se faire connaitre. Mais, avec seulement 304 769 voix, soit 2% en moyenne nationale, on ne peut pas dire qu’il ait alors rencontré son public… Ce n’est que partie remise. Dupont-Aignan se déclare candidat en 2010 pour l’élection présidentielle de 2012 : il réussit à recueillir cette fois les signatures suffisantes, mais pas les voix, avec seulement 1,79 % des suffrages exprimés (ce qui représentent cependant le double de ses voix de 2009). Il faut donc attendre 2014, et la naissance de Debout le France, pour qu’on commence à entendre parler de lui.

Attention, le lascar est armé…

Ce changement de nom n’est pas innocent. Dupont-Aignan, du moins jusqu’en 2017, refuse tout rapprochement avec le Front National, pour bien se démarquer de “l’extrême droite”. Pourtant, dès mars 2012, dans une interview au Figaro Magazine, Dupont-Aignan déclarait que s’il était élu président, il choisirait Marine Le Pen comme premier ministre. Pourtant, en 2013, il soutient la candidature de Robert Ménard à Béziers, qui s’y présente sous l’étiquette Rassemblement Bleu Marine. Pourtant, aux élections départementales de 2015, Debout la France s’est arrangé avec la Ligue du Sud pour présenter des listes communes, comme l’Union des patriotes des Alpes-de-Haute-Provence.

Or la Ligue du Sud, créée en 2005 avec les Identitaires et des anciens du FN par l’actuel maire d’Orange, Jacques Bompard, ancien membre fondateur du FN, se caractérise par sa fidélité à des positions radicales. Ce virage à droite toute de Dupont-Aignan se confirme dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2017, durant laquelle il n’hésite pas à parler d'”invasion migratoire” et où son attitude vis-à-vis du FN évolue petit à petit jusqu’à soutenir Marine Le Pen au second tour en mai 2017, provoquant l’incompréhension d’une partie de ses soutiens, et une scission au sein de Debout la France. Pourtant, rien d’étonnant, si on accepte que le “souverainisme” n’est qu’une forme qui se veut “présentable” du nationalisme.

Et aujourd’hui ?

Que reste-t-il du “souverainisme” dans sa forme organisée ? Une myriade de groupuscules et de petits partis, incapables de se rassembler, alors que cette injonction du “rassemblement national” reste leur maître mot, mais qui tous restent bien ancrés à la droite de la droite. Tous ses leaders se rêvent en homme providentiel, mais, outre le fait que nombre d’entre eux ont le charisme d’une endive moite, aucun ne fait aujourd’hui l’unanimité.

Charles Pasqua est décédé en juin 2015, tandis que Philippe De Villiers, qui entretenait de bons contacts avec Marion Maréchal, annonce en février 2017 qu’il arrête la politique (le MPF n’a plus de véritable actualité depuis 2015), tout en s’enfermant dans une islamophobie de plus en plus outrée. Quelques jours avant son “retrait”, il avait pris la parole à la tribune de la “Marche pour la Vie”, la grande manif annuelle des ant-IVG, pour déclaré “Nous sommes à la veille d’un changement de peuplement que nous ne voulons pas“.

Philippe de Villiers, prétendument retiré de la vie politique, harangue la foule à la manifestation annuelle anti-IVG, en 2017.

Dans l’un de ses derniers ouvrages publié en 2016, Les cloches sonneront-elles encore demain ? (sic), il s’inquiétait déjà de “l’islamisation de la France“, et n’hésite pas à prédire l’instauration de la charia sur le territoire français, la classe politique se préparant à “signer le jour venu un nouvel édit de Nantes” version islamiste ! Sans surprise, De Villiers apporte son soutien à Marine Le Pen pour les présidentielles de 2017.

Pour ce qui reste du RPF, désormais présidé par Igor Kurek, ce n’est plus qu’une coquille vide : il a fallu l’affaire du changement de nom du FN pour qu’on parle à nouveau de lui. Christian Vanneste et Frédérik Bigrat ont rejoints l’équipe dirigeante de L’Avant-Garde, le think tank néo-réac créé dans le prolongement de la Manif pour Tous. Nicolas Stoquer, de son côté, avait défrayé la chronique en 2015 avec l’occupation de l’église Sainte-Rita à Paris (voir ici et ), qui avait rassemblé à la fois des adeptes d’Alain Soral, des catholiques intégristes, les islamophobes de Riposte laïque… Actuellement, Stoquer est responsable d’une émission sur Radio Courtoisie, “Le Libre Journal de la plus grande France”.

Nicolas Dupont-Aignan tente toujours de rassembler autour de lui et sur un programme commun, “les patriotes” des Républicains de Laurent Wauquiez, du Parti chrétien-démocrate (PCD) du très réactionnaire Jean-Frédéric Poisson et du Front national dont il espère une ouverture à droite. Pourtant, c’est des Patriotes de Florian Philippot, dont il serait politiquement le plus proche, mais qui restent trop insignifiants et isolés pour servir son ambition. Ainsi, on retrouve Debout la France au sein de la plate-forme “Les Amoureux de la France” aux côtés de Poisson, d’Emmanuelle Ménard, la femme de Robert, et de Julien Rochedy, ancien responsable du FNJ qui avait justement quitté le parti de Marine Le Pen en raison de la trop grande influence de Philippot et des “p’tits mecs” qui gravitaient autour de lui[6]

À gauche mangeant son stylo, Julien Rochedy. À Droite, Dupont-Aignan en grande conversation avec Jean-Frédéric Poisson et Emmanuelle Ménard, femme de Robert.

Florian Philippot, depuis son départ du Front National et la création des Patriotes en septembre 2017, multiplie les tentatives pour s’incruster dans les mouvements sociaux, heureusement sans succès. On avait déjà évoqué ici ses tentatives d’incruste au moment du mouvement contre la la “travail”, il a récidivé à l’occasion de la manifestation des retraités le 15 mars 2018 et une semaine après à la manif des cheminots, à chaque fois sans succès grâce à la vigilance des syndicalistes présents. Philippot, bien que toujours chéri par les médias mainstream, a tout de même perdu son porte-voix en quittant Marine Le Pen, et son avenir politique est pour le moins incertain.

En haut, Philippot se fait bloquer à la manif des retraités. En bas, il est resté prudemment à plusieurs centaines de mètres du cortège des cheminots, se prenant pour Bruant.

On le voit, d’une façon ou d’une autre, toutes les tendances du “souverainisme”, en dépit de leurs grandes déclarations sur le dépassement du clivage droite-gauche, se retrouve à des degrés divers dans la nébuleuse d’extrême droite, et pour cause. À celles et ceux qui invoqueraient leur filiation”gaulliste” (c’est en général le seul argument pour refuser l’étiquette d’extrême droite), on laissera pour conclure la parole à l’agent OSS117 qui résume assez bien la vision souverainiste :

La Horde

  1. Philippe Burrin, La dérive fasciste. Doriot, Déat, Bergery (1933-1945), Seuil, 1986. []
  2. L’essentiel des informations sur le RPF nouvelle formule proviennent du site du journaliste Laurent de Boissieu. []
  3. La proximité est telle que Stoquer est à la fois président du RPF et délégué général de l’URP et que Kurek est à la fois secrétaire général adjoint de l’URP et délégué général du RPF ! []
  4. Fondé par Yvan Blot et Jean-Yves Le Gallou en 1974, le Club de l’Horloge, qui était au départ proche de la Nouvelle Droite, s’en est éloigné en adoptant des positions ultralibérales, et nombre de ses membres ont ensuite rejoint des partis de la droite libérale. []
  5. On trouve encore des contacts en 2014 entre le PDF et le RPF mais à l’échelle locale, par exemple dans les Alpes-Maritimes. []
  6. Rochedy avait déclaré à leur propos “Ce ne sont pas des hommes, selon [son] cœur, comme on dit.” Rochedy est aujourd’hui actif exclusivement dans la “fachosphère”, à travers un blog et des vidéos. []

2 commentaires »

  1. Incomplet 10 avril 2018 at 15:08 - Reply

    Un grand absent de votre article: le souverainisme de gauche. Quid de Chevénement? Que dire à propos de Frédéric Lordon, qui prone la sortie de l’euro? Et Aurélien Bernier, ancien d’ATTAC,qui defend le protectionisme?

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