Strasbourg : le terrorisme fasciste encore une fois à l’honneur de L’Arcadia

15 février 2018 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Communiqué de la Brigade Antifasciste de Strasbourg quant à la soirée de soutien au Hogar Social espagnol organisée à l’Arcadia (local fasciste à l’Esplanade, Strasbourg) :

Jeudi 15 février, le local fasciste strasbourgeois L’Arcadia organise une soirée de soutien au Hogar Social, mouvement identitaire et terroriste espagnol. Force est de constater que, après avoir accueillir le théoricien du terrorisme « noir » italien Gabriele Adinolfi le 13 janvier, le Bastion Social Strasbourg persévère dans son soutien à la galaxie terroriste européenne, obligeant le quartier de l’Esplanade à devoir héberger dans ses rues des personnages et des initiatives sordides. Il n’y a certes rien de quoi s’étonner : les dirigeants et militants du Bastion Social Strasbourg sont désormais célèbres pour leurs violences et leurs condamnations, certains d’entre eux se sont déjà exposés publiquement avec des armes, se fantasmant en miliciens fascistes, ou avec des véritables appels au meurtre.

Parlons alors des frères espagnols de nos mythomanes strasbourgeois.

Qu’est-ce que c’est le Hogar Social ?

Littéralement « Maison Sociale », il s’agit d’un groupuscule d’extrême-droite issu d’une partie des militants du Movimiento Social Republicano (MSR). Ce dernier fut fondé en 1999 a l’initiative de Juan Antonio Llopart, un type qui se définissait comme « un disciple de la ligne des Strasser » (Otto et Georg), c’est-à-dire deux des fondateurs du parti nazi allemand, strictes collaborateurs d’Hitler jusqu’à la purge de 1934. Les liens entre le MSR et le terrorisme « noir » espagnol deviennent officiels en 2004, lorsque le parti accueille sur ses listes électorales 17 néo-nazis affiliés à Blood & Honor et enquêtés pour « association illégale et détention illicite d’armes ». Dans les années qui suivent, le MSR assume de plus en plus une stratégie d’escalade des brutalités. Le 23 mars 2012, les milices du MSR se rendent coupables de l’attaque d’un concert antifasciste dans la salle Stroïka, à Manresa (Catalogne) : des feux de bengale sont jetés dans une voiture alors que les occupants sont encore à l’intérieur. Lorsqu’ils arrivent à s’en sortir, ils sont violentés par les néofascistes : c’est ainsi qu’un jeune de 16 ans est tabassé à 15 contre 1, restant entre la vie et la mort pendant des jours. Deux mois après, 9 des 15 assaillants sont condamnés pour « tentative de meurtre, blessures, incendie et troubles à l’ordre public ». Toujours en 2012, à Tolède (Castille), à l’issue d’une manifestation organisée par la branche jeune du MSR, trois personnes sont poignardées. Les agresseurs sont condamnés à des peines de 7 à 10 ans de prison. Le 2 avril 2014, des jeunes militants du MSR perpètrent une attaque au sein de l’Université Complutense de Madrid, afin de troubler une commémoration des victimes du franquisme. Les locaux universitaires sont ravagés (lancer de chaises, tables et objets d’exposition), un drapeau franquiste est arboré, l’organisateur de la commémoration est battu à coups de chaise. La même semaine, les néofascistes essayent de troubler une autre initiative à l’Université Autonome de Madrid : la conférence d’Ada Colau, porte-parole de la « Plateforme des victimes du crédit hypothécaire », une association qui milite pour le droit au logement, contre la spéculation immobilière et les expulsions. Au bout de deux ans de violences multiples, les enquêtes et les arrestations provoquent une scission au sein du MSR en juin-juillet 2014.

On arrive ainsi au détachement de la branche la plus agressive du MSR et à une clarification de ses nouvelles pratiques, mêlant violence et « social », à l’image de CasaPound en Italie. Des militants du MSR conçoivent et dirigent l’occupation d’un immeuble dans le quartier de Tétouan à Madrid, en août 2014. L’édifice est rebaptisé « Hogar Social Ramiro Ledesma », d’où l’appellatif du nouveau mouvement, Hogar Social. Le mode opératoire est le même qui a inspiré en 2017 le Bastion Social de Lyon : occupation d’un immeuble afin d’y offrir un abri et de la nourriture exclusivement aux Espagnols « de souche » (que d’ailleurs, selon le Hogar Social, seraient inévitablement blancs et hétéros). La revendication principale : l’expulsion de tous les étrangers, qu’ils soient régularisés ou pas. La stratégie est donc la même que celle du Bastion Social et d’autres néofascismes européens (CasaPound, Aube Dorée, etc.) : récupération identitaire de la misère sociale afin de placer « les nôtres avant les autres », et diviser ainsi les exploités pour mieux asseoir le règne de la bourgeoisie nationale. Après l’occupation de l’immeuble, les violences se multiplient dans le quartier de Tétouan. Les témoignages racontent de groupes de plus d’une dizaine de fascistes partant la nuit « à la chasse » des étrangers qui se promenaient seuls dans le quartier afin de les tabasser. Ainsi, un jeune chilien est battu par des skinheads à 5 contre 1 et menacé de mort ; un jeune militant du collectif « Tétouan Ouvrière et Antifasciste » est tabassé par un groupe de skinheads alors qu’il distribuait des tracts. Le climat devenu irrespirable produit ainsi naturellement l’organisation des habitants afin de fermer le QG fasciste, avec la participation de milliers de personnes à une inédite campagne antifasciste de terrain. L’immeuble est finalement évacué le 19 septembre 2014, mais l’opération médiatique du Hogar Social a été efficace, lui permettant de se structurer en tant que mouvement de référence du néofascisme espagnol, tout comme ce que le Bastion Social essaye d’accomplir à l’heure actuelle en France.

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