« Qui se cache derrière la Horde ? » : notre réponse

12 février 2018 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Après avoir dévoilé qui étaient vraiment Richard Roudier et sa Ligue du Midi, les Brigandes, et le Parti de la France, nous nous attendions à ce que toute cette petite clique nationaliste tente de nous rendre la politesse. Heureusement pour nous, les pauvres sont totalement à côté de la plaque, et nous connaissent aussi mal que nous les connaissons bien. Leurs délires sur « mais qui donc se cache derrière la Horde » nous donne l’occasion de rappeler d’une part les raisons du travail d’information que nous faisons, et d’autre part les motivations de celles et ceux qui amalgament le travail antifasciste à celui de la police.

L’information est un préalable à tout travail antifasciste, tant l’extrême droite est presque toujours sous-estimée ou surestimée. Elle provoque en effet chez celles et ceux qui s’y confrontent à la fois un sentiment de rejet viscéral et de fascination, deux réactions compréhensibles, mais qui ont tendance à développer respectivement la mauvaise foi et l’extrapolation. Rendre compte avec précision des agissements et des personnalités nationalistes et racistes par un travail de terrain minutieux permet aussi de contourner la contre-information que fait l’extrême droite sur ses propres activités.

Une fois l’information collectée et traitée, il reste à la diffuser, afin de tenter de contrecarrer cette désinformation et de dissiper les représentations erronées. L’extrême droite avance le plus souvent masquée, et ne se dévoile qu’une fois le terrain occupé : il importe donc d’alerter sur sa présence le plus tôt possible, et de l’empêcher de se croire partout chez elle.

Les méthodes que nous utilisons pour connaître l’extrême droite avec précision ont toujours été l’objet de fantasmes, en particulier bien entendu de la part des principaux intéressés (« Mais comment font-ils pour savoir tout ça ? »). De leur point de vue, il est bien entendu plus confortable de refuser la réalité, à savoir que des militants qui les combattent se donnent la peine de mettre le nez dans leurs petites affaires ; il est bien sûr tentant et surtout valorisant d’y voir partout la main du « système » (police, services secrets, «lobbies», médias) qui feraient rien qu’à vouloir les embêter.

La Horde, première période.

À ce titre, la récente tribune de Richard Roudier[1], publié initialement sur le blog des Brigandes et reprise sur le site islamophobe Riposte laïque, est l’illustration parfaite de ce délire.

Eh oui, se rêver en ennemi public numéro 1, c’est quand même autre chose que de juste être renvoyé à sa sordide réalité, comme le font la plupart de nos articles les concernant. Car comment nos valeureux guerriers nationalistes pourraient-ils accepter que des « crasseux » d’extrême gauche puissent les berner ainsi ? Comment accepter que trop souvent, ce sont des langues bien pendues dans leur milieu qui nous donnent la primeur de l’information ? Que les indics de police (coucou, Claude Hermant !), c’est surtout dans les rangs de l’extrême droite qu’on peut les trouver ?

 

Emmanuel Ratier, moqué par le site antifasciste REFLEXes…

Il est d’ailleurs cocasse de voir les mêmes d’une part vénérer l’archiviste Emmanuel Ratier (dont le portrait est à retrouver dans une parodie de son bulletin, Méfaits et Documents, réalisé par le collectif antifasciste REFLEXes), spécialiste de la mise en fiche de diverses personnalités parce que juive ou franc-maçonne, et d’autre part dénoncer comme des « flics de la pensée » celles et ceux qui publient des informations mettant à nu leurs agissements et déconstruisant leur discours. Il est vrai que cela demande un effort et un minimum de culture politique, dont la plupart des militants nationalistes sont totalement dépourvus, en particulier en ce qui concerne leurs ennemis : certains sont quand même capables de confondre les brigades internationales et les brigades rouges (cf. le Salon beige) ou la Confédération National du Travail et le Conseil National de Transition (cf. Riposte laïque)…

Quand l’extrême droite confond les brigades rouges et les brigades internationales…

Il faut bien admettre que cet aspect de la lutte antifasciste est une souffrance : car ce nécessaire travail de recherche et d’observation est pénible et ingrat à bien des égards, et lire ou écouter leurs inepties racistes et rances à longueur de temps libre demande une certaine abnégation (autant être proctologue). Les pitreries nationalistes nous arrachent parfois un sourire, mais dans l’ensemble il faut reconnaître que l’étude des mœurs et des agissements de l’extrême droite mettent souvent à l’épreuve notre foi en l’humanité.

Cela demande aussi, pour des raisons évidentes de sécurité, une certaine discrétion qui est souvent incomprise et forcément interprétée comme une volonté de cacher des choses (la théorie du complot n’est jamais loin !). Or les militants d’extrême droite sont bien contrariés de ne pouvoir ne serait-ce que mettre un nom derrière celles et ceux qui les connaissent si bien. Alors, quand l’un d’entre eux, même le plus mythomane, sans le plus petit début d’une preuve, lâche un nom, il est repris sans aucune vérification par l’ensemble de la fachosphère.

Il y a quelques années, le site identitaire Novopress avait cru trouver qui se « cachait » derrière le site d’informations antifasciste REFLEXes : René Monzat, qui est effectivement un antifasciste de premier plan, mais actif au sein du réseau Ras l’Front, et qui n’a rien à voir avec l’équipe de REFLEXes. Le gag, c’est que, pour appuyer cette « révélation » bidon, le site avait publié une photo… qui n’est pas celle de Monzat, comme n’importe quelle recherche sur un moteur de recherche peut facilement le démontrer, rené Monzat étant un personnage public. Évidemment, tous les sites d’extrême droite, sans même prendre la peine de vérifier l’info, se sont ridiculisés en la reprenant sans sourciller, trop heureux de pouvoir mettre un visage et un nom sur un site qui les agace depuis tant d’années.

Notre collectif, la Horde, a eu droit au même traitement, avec la même absence de sérieux : toute une partie de l’extrême droite s’est convaincue que notre « chef » serait Claude Halfen, un militant révolutionnaire pour qui nous avons beaucoup de respect, mais qui n’a lui non plus rien à voir avec nos activités, ni de près, ni de loin. La source ? Rodolphe Crevelle, dont la capacité à affabuler est pourtant légendaire, y compris à l’extrême droite.

Cela n’a pas empêché Breizhatao, puis le Parti de la France, de reprendre cette idée farfelue, et en parfaite incohérence avec leur vision complotiste : car soit nous sommes des compagnons de route d’Action directe, soit nous sommes des valets du capital et de l’État, mais les deux en même temps, il faudrait avoir la souplesse de Jean-Claude Van Damme (qui est, et c’est un scoop que nous livrons à nos lecteurs nationalistes, le véritable leader de la Horde).

Le véritable animateur du site La Horde.

La Horde

  1. Qu’il existe bien une collusion de fait entre les antifas et la presse d’État… c’est à dire avec le système… c’est à dire que les deux travaillent main dans la main. Or cela ne pouvant être spontané, cela signifie très vraisemblablement que tout est coordonné par des agences ou cellules de communication occultes directement liées au pouvoir. Qui désigne les cibles ? Qui cadence les opérations ? Cela signifie également que dans la propagande d’État à l’encontre des groupes résistants et identitaires, ce sont les antifas qui donnent le ton, choisissent les cibles, ordonnent l’agenda, sélectionnent les thèmes et les angles d’attaque ; probablement sous contrôle et après validation par un échelon supérieur proche du pouvoir.” []

Un commentaire »

  1. Amiens Guignol Band 20 février 2018 at 06:17 - Reply

    Le même Thomas Joly qui croyait avoir débusqué un journaliste du Courrier Picard (accusé plus tard de pédophilie) derrière le Scalp Amiens alors que l’on reprenait simplement les articles du même canard local et que l’on côtoyait le dit-Joly à la fac…
    Trop de réflexion ne convient pas aux fafs…

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