Thierry Maillard : Encore un militant d’extrême droite arrêté pour détention d’armes

5 novembre 2017 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Deux semaines après l’interpellation de militants d’extrême droite qui préparaient des attentats, on apprend l’arrestation de Thierry Maillard, un vieux militant de Reims, pour port d’armes. Tout de suite après l’annonce de son incarcération, une cagnotte de soutien était lancée par le club de bikers  de son ami Serge Ayoub, les Blacks Seven France. L’occasion pour nous de revenir sur Thierry Maillard et les récentes affaires qui ont touché des proches d’Ayoub.

Thierry Maillard : de l’Oeuvre Française au Réseau France Nationaliste, en passant par le FN

Suite à l’arrestation de militants d’extrême droite proches de Logan Nisin, à propos de l’attrait pour les armes à feu dans ce milieu, nous évoquions dans un article précédent Thierry Maillard. Le week-end dernier, ce Thierry Maillard s’est encore fait coincer. Déjà condamné en novembre 2016 pour s’être livré à un trafic d’armes, dont des armes de guerre, il vient encore de se faire arrêter lors d’un contrôle routier en possession d’un pistolet et de munitions. Chez lui d’autres armes étaient entreposées.

Maillard aux élections cantonales de 2011 à Reims

Maillard à la journée de Synthèse Nationale le 1er octobre 2017

Cet ancien militant de l’Oeuvre Française (OF) a rejoint le Front National (FN) en 1996, comme d’autres militants de cette organisation à cette époque, et s’est présenté sous l’étiquette du FN aux législatives de 1997 dans la 4ème circonscription du Puy de Dôme. Au début des années 1990, on le retrouve aussi membre de la rédaction de Jeune Nation, le journal de l’OF. Il rejoint par la suite Unité Radicale. C’est à Reims qu’il se fait connaître en devenant le responsable du FN dans cette ville, pour se présenter à différentes élections : il quitte finalement  le FN en 2011. En parallèle à Reims, il monte le Réseau France Nationaliste, un mouvement microscopique connu notamment pour une affiche tirée de la propagande nazie.

En mars 2014, il essaie d’organiser à Reims une conférence et une manifestation « contre l’OTAN » avec en tête d’affiche Serge Ayoub et Richard Roudier : au final, seule une quinzaine de personnes se déplaceront pour la manifestation, une victoire pour Maillard !

Le bonhomme fait régulièrement des aller-retour sur Paris, notamment lors d’événements organisés par Troisième Voie, le mouvement de Serge Ayoub au début des années 2010, ou lors de Jour de Colère en janvier 2014. Avec son uniforme, son béret ou son chapeau, il ne passe pas inaperçu, comme on peut le voir à la manifestation « Anti-Impérialiste » d’Ayoub en février 2013 puis aux traditionnels défilés de l’extrême droite en mai 2014 et 2015.

Marine Le Pen aux côtés de Thierry Maillard le 05 mai 2017 à Reims

Récemment, il était présent aux journées de Synthèse Nationale en 2016, puis cette année où il tenait un stand début octobre. Dans sa ville, à la cathédrale, il s’est encore montré aux côtés de Marine Le Pen deux jours avant le second tour des élections présidentielles de 2017, une présence qui fut bien encombrante pour le Front national.

Serge Ayoub et les Black 7 France en soutien à Thierry Maillard

Soutien des bikers de Ayoub à Thierry Maillard

Même si Yvan Benedetti et donc le Parti Nationaliste Français ne soutiendront certainement pas Maillard, ces deux anciens de l’Oeuvre française se vouant une haine depuis une vingtaine d’années, d’autres n’ont pas hésité à apporter leur soutien dès l’annonce de son incarcération.

Ce fut le cas du club de bikers de Serge Ayoub, les Black 7 France, qui ont tout de suite lancé une caisse de solidarité. Maillard pouvait compter sur son ami Ayoub, qu’il avait revu encore récemment lors de la journée de Synthèse Nationale début octobre à Rungis en banlieue parisienne.

Ces derniers temps, Ayoub ne s’était pourtant pas précipité pour soutenir ses amis et avait lâché certains de ses adeptes, comme on a pu le voir avec les White Wolfs Klan ou Yohan Mutte poursuivi dans l’affaire de l’assassinat d’Hervé Rybarczyk. Les Black 7 France n’ont pas soutenu non plus Claude Hermant, qui comme Maillard a été condamné pour trafic d’armes, et avec qui Ayoub entretenait pourtant de bonnes relations lorsqu’il menait un peu tout le milieu nationaliste dans le nord.

Yohan Mutte dans le local des Black 7 France un mois avant son arrestation

Toutes ces affaires concernant des proches d’Ayoub se situent dans une zone géographique restreinte allant de Reims à Lille en passant par la Picardie. L’assassin présumé de Clément Méric, Esteban Morillo était lui aussi originaire de cette région. Au milieu de tout ça, les Black 7 France ont toujours leur local à Berzy le Sec près de Soissons dans l’Aisne, et continuent tranquillement leurs activités. Les militants d’extrême droite peuvent s’y retrouver tranquillement lors de soirées, ce fut le cas de Yohan Mutte un mois avant son arrestation, en mars 2017, où il faisait encore le beau dans le hangar des Black 7 France. Même si ces bikers disent ne pas faire de politique, on pouvait quand même en voir certains assurer la sécurité à la journée de Synthèse Nationale avec leur président Serge Ayoub à la tribune aux côtés de Jean Marie Le Pen, d’Alain Escada de Civitas, de Carl Lang du Parti de la France ou encore Vincent Vauclin de La Dissidence française. Ce même Serge Ayoub était encore l’invité d’une émission de radio sur Radio Libertés ou encore sur la télé pro russe Sputnik.

La Horde

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