Strasbourg : relaxe pour les militants d’extrême droite qui avait attaqué la manif anti-Macron

27 octobre 2017 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Communiqué du NPA Bas-Rhin du 23 octobre :

Le 7 mai dernier, un groupe de nervis fascistes attaquaient à coups de mortiers, de bâtons et de parapluies une manifestation « Ni Le Pen, Ni Macron ». Trois d’entre eux, arrêtés en flagrant délit, étaient poursuivis pour « participation à un attroupement armé ». Ils ont été relaxés le 16 octobre dernier.

Les trois agresseurs, membres de divers groupuscules d’extrême droite, ne seront donc pas inquiétés par une justice aux ordres. Comment ne pas y voir une nouvelle manifestation de cette justice de classe qui punit sévèrement toute contestation de l’ordre dominant (comme à Rennes en mai 2016 où des militants féministes ont écopé de peines de prison ferme pour avoir collé des stickers anti-sexistes sur les table d’un ’Bagelstein’ ou, plus récemment lors du procès du quai de Valmy, où les inculpé·e·s ont pris jusqu’à sept ans de prison ferme pour une voiture brûlée dans un procès politique) et relaxe systématiquement les auteurs de crime policier ainsi que les agresseurs fascistes ? Dans ce pays qui a institutionnalisé l’État d’urgence, il est plus dangereux de s’attaquer aux symboles de l’ordre dominant que de faire véritablement acte de violence envers d’autres être humains. A fortiori lorsqu’il s’agit de militant·e·s politiques ou syndicaux, ou de migrant·e·s… Aussi, les conditions dans lesquelles s’est produite cette attaque à Strasbourg (mortiers, bâtons, parapluies, embuscade de nuit au coin d’une rue, etc.) nous rappellent que la violence physique est inscrite dans l’ADN politique de l’extrême droite.

Sans revenir sur le caractère fabulatoire des arguments de la défense, ce verdict, coupé de la réalité des événements, est un nouveau rappel de l’identification totale du système judiciaire et policier aux intérêts de la classe dirigeante en dehors de toute considération de justice sociale : Ainsi de la condamnation de Cédric Herrou, l’agriculteur qui vient en aide aux migrant·e·s dans la vallée de la Roya à huit mois de prison avec sursis pour « délit de solidarité ». A l’inverse, depuis mai 2017 et suite à une campagne de levée de fonds sur internet, une flotte anti-migrants navigue en Méditerranée (avec à son bord des fascistes français tels que nos relaxés de Strasbourg) dans le but assumé de bloquer l’action des navires de sauvetage des ONG. Cette initiative, dénoncée de longue date par les militant·e·s antifascistes, ne tombe sous le coup d’aucune condamnation, ni des politiques, ni de la justice bourgeoise. Cédric Herrou a raison lorsqu’il parle de racisme d’état et d’une justice qui suit une politique d’extrême droite !! D’ailleurs, à Strasbourg, nul besoin que les fascistes s’attaquent au migrant·e·s : la mairie s’en charge très bien elle-même, comme le 3 octobre dernier, quand le camp de migrant·e·s des remparts s’est fait rafler à 6 heures du matin et dont la centaine d’occupant·e·s ont été parqué·e·s en attendant une « relocalisation » dont la traduction pratique est en vérité « expulsion pour 80% d’entre elleux ». Triste rappel de la domination policière néocoloniale, deux semaines avant la commémoration en hommage aux victimes du massacre d’état du 17 octobre 1961, où plusieurs centaines de « Français musulmans d’Algérie » (sic !) ont été assassinés par la police républicaine et des milliers parqué·e·s dans des camps…

Alors que le mouvement social est réprimé impitoyablement, que les peines de prison et les interdictions de manifester se multiplient du côté des militant·e·s anticapitalistes, l’impunité des auteurs de l’attaque du 7 mai va renforcer l’extrême-droite strasbourgeoise et constitue en quelque sorte un blanc-seing pour les actes de violence envers l’extrême-gauche. Ce verdict est d’autant plus inquiétant qu’il intervient la veille d’un coup de filet de la police antiterroriste contre dix fascistes (liés notamment à l’Action Française, également présente à Strasbourg) qui préparaient des attentats contre des mosquées, des migrant·e·s et différentes personnalités politiques. Espérons que les juges en charge de cette affaire seront plus conséquent·e·s que leurs collègues de Strasbourg…

Nous n’oublions pas et ne pardonnons pas les morts d’Ibrahim Bouarram, d’Ibrahim Ali et de Clément Méric sous les coups de l’extrême-droite.
Nous n’oublions pas et nous ne pardonnons pas ceux qui ont armé les bras des fascistes à Strasbourg et partout !
Ceux qui, parmi les politiques, le patronat et les « intellectuels », ont contribué à alimenter la haine raciale, ont stigmatisé les migrant·e·s, les immigré·e·s, les musulman·e·s et l’ensemble des minorités.
Nous n’oublions pas et nous ne pardonnons pas non plus ceux qui prétendent que le FN aurait changé ou qui affirment que ce parti d’extrême droite ne serait pas une menace.
Nous n’oublions et nous ne pardonnons pas ceux qui, de Valls à Sarkozy et à Macron, ont emprunté leur rhétorique au FN et permis la libération de la parole et des actes racistes.
Le néolibéralisme autoritaire de Macron ne peut que renforcer le nationalisme et le racisme en suscitant toujours plus de misère, d’inégalités et de désespérance sociale.

Le NPA 67 appelle tou·te·s celleux qui veulent combattre activement l’extrême droite et le racisme, toutes les organisations qui n’ont pas renoncé aux valeurs de justice sociale à construire un large front antifasciste et antiraciste pour s’opposer non seulement aux fascistes, mais aussi à toutes les politiques qui nourrissent la rhétorique d’extrême-droite.

Laisser un commentaire »