Alerte antifa en Rhône-Alpes : concert identitaire ce week-end (dossier)

5 octobre 2017 2 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Le collectif antifasciste AFA74 a publié un dossier d’informations sur ce concert qui est organisé par Autour du Lac, et qui a lieu le même jour que la manifestation du GUD à Lyon. En voici de larges extraits, qui présentent les organisateurs et les groupes de musique programmés, et un lien pour télécharger le dossier intégral.

pour télécharger le dossier, cliquer sur l’image.

Les organisateurs

Autour Du Lac (ADL) est regroupement affinitaire de militants nationalistes basés en Haute-Savoie. Si leur ligne est souple et souhaite brasser l’ensemble des tendances d’extrême droite, le noyau dur qui anime le cercle est avant tout porté vers l’idéologie néonazie et nationaliste-révolutionnaire. L’antisémitisme et le racisme, y compris avec la revendication de supériorité blanche, y sont des positions assumées. Le cercle est en lien avec d’autres groupuscules de cette tendance, notamment avec le GUD Lyon, Génération Identitaire, Alexandre Gabriac (candidat Civitas aux législatives 2017 dans la deuxième circonscription de l’Isère), ainsi que leurs homologues savoyards Edelweiss Pays de Savoie. Sans surprise, le groupe se singularise par sa violence.

ADL organise des rencontres sportives (football et boxe) mais également  des conférences politiques : en mars 2016 à Allonzier-la-Caille, avec des représentants du GUD, de la Casapound et de La Maison des Elfes (maison communautaire et identiaire en Bourgogne) ; en septembre 2016 autour du thème de la «réinformation» dans la salle Yvette Martinet à Annecy ; le 9 octobre 2016, avec la projection d’un documentaire sur la Légion des Volontaires Français (LVF)[1]… En mars 2017, ADL offre un interview au groupe de graffeurs nationalistes La Cagoule[2] qui réalise ainsi des « œuvres » glorifiant les pires organisations d’extrême droite.

Tomasz « Gamin » Szkatulski, reconnaissable à son tatouage « White Power » dans le cou, à gauche avec son ami Yoann Lutte, et à droite tenant la table de Pride France.

ADL tourne autour de personnes issues de la scène néonazie, des stades de football et des sports de combat. Tomasz « Gamin » Skatulski, organisateur du tournoi de MMA et du concert néonazi le 10 juin à Saint-Hélène-sur-Isère, propriétaire de la marque suprémaciste blanche Pride France est un des « membres » du cercle ADL. Ce personnage a déjà été incarcéré à de multiples reprises pour des faits d’armes peu glorieux : agression d’un SDF handicapé en 2008 ou exhibition d’insignes nazis en 2010… Nicolas Paz est un de ces autres proches du cercle ADL qui s’est fait connaître par l’incendie de deux mosquées à Annecy, le 5 mars 2004, avec Anthony Savino et Michel Guégan. Ils ont tous été à l’époque condamnés à cinq ans de prison, avec des années de sursis pour certains (un an pour Nicolas Paz par exemple). Paz revendique également dans un journal en 2014 que « le Front nous demande de temps en temps d’assurer le service d’ordre ».

Les groupes

In Memoriam est un groupe de rock identitaire historique dans la scène néonazie française et européenne. Pour l’histoire ancienne du groupe, on renverra le lecteur au site REFLEXes qui en a retracé le parcours. Le groupe s’est refondé en 2012 à la suite d’une invitation à jouer dans le festival fasciste italien Tana Della Tigri organisé par la Casapound, devant 1 600 personnes, dont 300 français. Ce mouvement italien qui se veut être « le fascisme du nouveau millénaire » est d’ailleurs une source d’inspiration et le catalyseur de la scène fasciste française.

À gauche, In Memoriam, à Rome lors du festival de Casapound en juillet 2012. À droite, un membre du groupe avec un drapeau des Identitaires.

En 2013 et 2014, le groupe se produit à Milan puis à Prague. Ce n’est qu’en juin 2014 que le groupe revient en France, au Back Up, à Paris, devant 1000 personnes. En juillet 2015, c’est à Fréjus qu’ In Memoriam est invité par le maire FN David Rachline dans un festival de musique punk, en présence du groupe La Sourie Déglinguée.  Le 10 juin 2017, In Memoriam était invité pour un concert dans la région de Bordeaux par l’association d’extrême droite Le Menhir : face aux risques de «troubles à l’ordre public», le maire de Saint-Quentin-en-Baron avait décidé de faire interdire le concert.

À gauche, DDT en concert pour le festival national de Casapound en 2014. À droite, ZetaZeroAlfa devant la Casapound de Rome.

Les trois autres groupes de musiques invités, ZetaZeroAlpha, DDT (Dodicesima Disposizione Transitoria) et Drittarcore, sont tous d’origine italienne, évoluant dans le sillage de la mouvance néofasciste Casapound. Le chanteur de Zetazeroalpha, Gianlunca Iannone, n’est autre que le fondateur de la Casapound.

Casapound

La Casapound est un mouvement d’extrême droite italien fondé par Gianlunca Iannone en décembre 2003, lors de l’occupation d’un bâtiment en plein cœur de Rome. Cette occupation avait pour but de protester contre la crise du logement; une vingtaine de familles y sont logées. Avec un soutien comme Gabriele Andinolfi, figure intellectuel du fascisme italien durant les « années de plomb », Casapound a d’importants relais idéologiques et politiques lui permettant même de présenter des candidats à certaines élections (mais obtenant de maigres résultats). Le mouvement compte plus de 4 000 membres, 40 sections et occupe 10 bâtiments dans le pays. A cela s’ajoute des initiatives diverses et variées comme des rassemblements, des manifestations, des concerts. La force du mouvement est justement d’être sur tous les fronts sociaux et culturels : aide aux étudiants, aide sociale pour les personnes sans emploi, divers clubs sportifs, radio…

Gianlunca Iannone (au centre) avec les néofascistes du GUD à Lyon devant leur ex­squat nationaliste « Bastion Social ».

Le régime fasciste de Benito Mussolini est clairement assumé puisque le nom du mouvement signifie littéralement « la Maison de Pound » en référence à l’intellectuel et artiste fasciste Ezra Pound. « Nous sommes fascistes et assumons tout l’héritage de la période fasciste, y compris les erreurs. (…) Contrairement au communisme, le fascisme n’a pas échoué, il a été vaincu sur le champ de bataille » déclare Adriano Scianca, l’un des idéologues du mouvement. Récemment, le 1er juillet 2017, 20 militants de Casapound ont violemment agressé une délégation de personnes participant à un rassemblement en faveur de l’accueil des refugiéEs et des migrantEs.

 AFA 74

  1. La LVF était une brigade militaire créée par le fasciste Pierre Laval à partir de 1941 pour assister la Waffen SS sur le front de l’Est… []
  2. La Cagoule (C.S.A.R) a réalisé plusieurs attentats à coup d’explosifs et assassiné des personnes ciblées comme des opposants politiques dans les années 19303. []

2 commentaires »

  1. F. 16 octobre 2017 at 09:30 - Reply

    N’y aurait-il pas une erreur dans l’article concernant In Memoriam? Ce groupe n’est pas, à ma connaissance, membre de la scène néonazie (cf. l’article de Reflex), le RIF étant certes marqué par le nationalisme, mais pas par le nazisme contrairement au RAC.

  2. tuco 12 octobre 2017 at 14:44 - Reply

    le concert a eu lieu dans la commune de la bâtie divisin qui se situe en isere
    il y avait du beau monde notamment le grand chef de la casapound en personne
    public très mélanges puisque ont pouvait y reconnaitre du blood et honors de l’identitaire du hools et meme de l’action française de grenoble et de marseille
    revu alex garcia l’ex guitariste de fraction hexagone qui joue a présent avec in memoriam
    ça tendait bien le bras
    enpetit comite le fafounet de base se lâche
    pas vrai les roycos

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