Marseille : Espérance banlieues, quand l’école des réacs vire au cauchemar…

12 septembre 2017 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Lu sur le site Questions de classe : des parents portent plainte contre le directeur de l’école privée Ozanam, du réseau Espérance Banlieues, pour « violence sur mineur », « non assistance à personne mineure en danger » et « abus de confiance »…

Photo : Marsactu

Le Cours Ozanam à Marseille, deuxième école privée hors contrat du réseau Espérance banlieues à avoir ouvert ses portes (en 2014) fait aujourd’hui l’objet de plusieurs plaintes de la part de parents. L’affaire, révélée par la journaliste Violette Artaud du journal en ligne Marsactu, est suffisamment grave pour que les services du rectorat et la justice se penchent sur les dérives signalées :

« « La plainte pour violence sur mineur de moins de quinze ans est prise au sérieux. Elle a été transmise au parquet », précise-t-on à la direction départementale de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône. »

« Violence sur mineur », « non assistance à personne mineure en danger » mais aussi « abus de confiance », les faits sont pris très au sérieux, malgré les dénégations du directeur de cette école aux méthodes – et au projet – très particuliers. Les familles mobilisées ont le sentiment d’avoir été bernées par la communication de ce réseau aux nombreux et prestigieux relais médiatiques.

Derrière la vitrine, l’invocation du respect de l’enfant, et l’habillage bienveillant, ce sont bien les méthodes autoritaires et l’encadrement quasi-militaire (les écoles Espérance banlieues imposent l’uniforme, le salut au drapeau, etc.) qui ressurgissent (voir l’enquête du Monde de l’éducation).  Tout comme, derrière la promotion d’un enseignement « aconfessionnel » (sic), ce sont des soupçons de prosélytisme qui commencent à émerger.

Ces inquiétantes révélations pourraient aller dans le sens des craintes exprimées dans différentes enquêtes sur ce réseau d’écoles privées hors contrat. On connaît les liens avec la droite de la droite, en particulier traditionaliste : le maire de Montfermeil, Xavier Lemoine, premier élu à accueillir une de ces écoles est le vice-président du parti de Christine Boutin, Eric Mestrallet, qui dirige la Fondation Espérance banlieues est l’ancien attaché parlementaire d’un sénateur villiériste et milite activement pour l’évangélisation des banlieues… La maison mère de ce réseau, la Fondation pour l’école, est d’ailleurs dirigée par Anne Coffinier, égérie dela Manif pour tous et, dans ses instances, siège des nostalgiques du colonialisme.

Quand les réacs colonisent la banlieue

Déjà enseignants et élus de Montfermeil, où se situe la première école Espérance banlieues avaient tiré le signal d’alarme. L’affaire Espérance banlieues de Marseille, qui devrait avoir des suites, soulève aussi la question du contrôle de ce genre d’établissements. N’importe qui, à condition d’avoir le bac, peut y enseigner. Un modèle que les partisans de l’ultra-libéralisme scolaire voudraient étendre, parfois avec la complicité de politiciens (Fillon ou Wauquiez ont apporté leur soutien à ces écoles).

Visiblement, il est urgent de se mobiliser contre le retour de cette pédagogie noire.

Grégory Chambat

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