Allemagne : Dresde, l’extrême droite en première ligne

25 mai 2017 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Publié initialement sur Rebellyon, cet article prend comme point de départ le soutien d’une partie de l’extrême droite à Marine Le Pen, avant d’élargir son propos à la présentation générale de l’extrême droite en Saxe.

On n’entend plus parler de Pegida dans les médias français depuis un bail ; vu de Dresde, en Saxe, c’est tous les lundis depuis plus de deux ans que les sympathisants du mouvement islamophobe et patriote défilent, sans manquer un rendez-vous. Samedi dernier, c’est Thügida, la branche de Thuringe – autre Land de l’ex-RDA – qui vient apporter son soutient à Marine Le Pen dans la capitale de la Saxe, où les acronymes en -ida ont pris racine (Legida pour Leipzig, Bergida pour Berlin, et je vous en passe).

Le Pen est une icône ici, un espoir pour les conservateurs et les nationalistes de tous horizons. Evidemment, le staff médiatique du FN aura eu soin de ne pas transmettre l’info de la manif qu’ils ont reçu en soutien samedi 7 mai à Dresde : faire l’objet d’un engouement de rue de la part de différents groupes néonazis allemands, ça le fait moyen, et Le Pen a fait bien le tri dans les médias qui ont suivi sa campagne d’entre-deux tours. Les tracts qui ont appelé la manif en soutien au FN ont naïvement loupé le coche médiatique dans cet entre-deux tours : côté Thügida, « nous venons apporter notre soutient à Marine Le Pen » ; côté Dresden-Nazifrei, organisation antifasciste locale, « Thügida tente de renforcer la populiste de droite Française ».

Si ils savaient : la circulation de cette information, ainsi qu’un rappel des nombreux soutients qui se tissent entre Le Pen et les partis ou organisations locales d’extrême droite Outre-Rhin, aurait permi de mettre en lumière le visage fasciste de l’ex-candidate frontiste, qui tend, on le voit bien, à être flouté (souvenons-nous notamment de la réunion post-élection de Trump à Coblence de Le Pen et Frauke Petri, dans une volonté claire de rapprochement des deux partis nationalistes montants, FN et AfD, Alternative für Deutschland, « l’alternative pour l’Allemagne »).

Ici, l’extrême-droite suit une stratégie différente : les discours franchement racistes et complotistes ça marche du tonnerre. Au niveau national, le parti d’extrême droite qui a le vent en poupe, l’AfD, vient d’évincer sa cheffe Frauke Petri, jugée trop modérée par ses acolytes. Le parti rassemble pour les prochaines élections à la chancellerie de septembre environ 15 % des intentions de vote, ce qui ferait rentrer pour la première fois depuis 1945 des députés d’extrême droite au Bundestag. Il y a comme un petit air de France en Allemagne – où l’inverse. Une lecture qui s’étend au délà des frontières nationales peut avoir le mérite de rappeler que les politiques ultra-libérales de casse sociale (qu’on appelera désormais politiques Macronistes) ont engendré des hydres difficiles à combattre sur à peu près toute la surface du vieux continent (partout, en fait).

[Pour un panorama détaillé de la situation de l’extrême droite en Saxe, lire la suite de l’article ici]

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