Paris : les seuls étrangers dans nos quartiers, ce sont les racistes !

21 mai 2017 2 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Un article du Parisien, daté du 18 mai, décrit le quartier Chapelle-Pajol, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, comme un lieu où se rassemblent « des groupes de dizaines d’hommes seuls, vendeurs à la sauvette, dealeurs, migrants et passeurs, tiennent les rues, harcelant les femmes. » Le Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrants (BAAM), qui compte de nombreuses femmes dans ses rangs, y a répondu.

Nous, militant.e.s du Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrants (BAAM), luttant quotidiennement contre toutes les formes d’oppression, notamment le sexisme et tous les racismes, sommes scandalisé.e.s par l’article de Cécile Beaulieu dans le Parisien du jeudi 18 mai intitulé : “Paris : Les femmes chassées des rues dans le quartier La Chapelle – Pajol”.

A la question de savoir “où sont les femmes dans le dix-huitième ?”, le BAAM répond : aux côtés des migrants.

La prévalence des femmes et leur implication au sein des associations et collectifs d’accompagnement des personnes migrantes, alors que ces derniers sont laissé.e.s à l’abandon par les pouvoirs publics, contredit, s’il le fallait, les élucubrations de la pétition lancée par le collectif “SOS La Chapelle”.

À la supplication “Rendez-nous notre quartier !”, le BAAM s’interroge … Quel quartier ? Quel “nous” ?

Nous sommes surpris.e.s qu’aucun.e journaliste à notre connaissance ne prenne la précaution d’expliquer que cette pétition s’inscrit dans le cadre de la campagne législative du parti “Les Républicains”. Par ailleurs, signalons qu’aucun contre-point de vue n’est relevé par les différents articles de presse à ce sujet.

Or la contre manifestation spontanée initiée ce jour, découlera par la suite sur une “Marche exploratoire” – initiée par l’adjointe à l’égalité hommes-femmes de la mairie du 18ème, Madame MEZENCE – démontre encore une fois que les propos de ce collectif n’engagent que ses membres et ses soutiens politiques, et ne sont en aucun cas représentatifs du sentiment général.

Cette réappropriation territoriale ne serait-elle pas le signe d’un repli identitaire ? D’une propagation dans l’espace public du champ lexical des extrêmes droites européennes ? De l’utilisation de la peur comme instrument politique pour des visées purement électoralistes ?

Pour notre part, nous voulons des quartiers ouverts et populaires. Parce que le BAAM est antifasciste, nous répondrons toujours à cet appel :

“Pas de fachos dans les quartiers, pas de quartier pour les fachos !”

A la question de savoir : “avons-nous peur de militer, de nous promener, ou de simplement vivre dans ce que certains considèrent comme une *zone de non-droit* ?”, le BAAM répond non. Un non ferme et déterminé par la force de notre conviction que la mixité sociale, l’égalité et la fraternité ne sont pas de vains principes inscrits aux frontispices des mairies.

On ne peut faire de l’anti-sexisme un enjeu électoraliste, de la même façon que l’accueil des migrants n’est PAS une option, mais une obligation. Nous appelons donc à la plus grande vigilance et à la résistance face à ces pratiques nauséabondes. Au lieu d’un “Paris ville d’écueil”, construisons tous ensemble un “Paris ville d’accueil”.

BAAM

2 commentaires »

  1. Falafel 21 mai 2017 at 09:21 - Reply

    Est-il possible que des militantes du BAAM se promènent seules avec une caméra caché dans le quartier concerné afin de démonter l’article du parisien?
    Moi je suis en province donc ce genre de situation me parait surréaliste.
    J’ai en revanche eu confirmation de ce que disait l’article (une rue sans aucune femme, ni dans les bars rien!) par des ami(e)s parisien(ne)s…
    Un peu d’objectivité de part et d’autre seraient nécessaires, et surtout une preuve par l’image, car sinon, chacun peut écrire ce qu’il veut sans que rien ne soit vérifié…

    • La Horde 21 mai 2017 at 09:33 - Reply

      Si tu as bien lu l’article, ce qu’explique le BAAM, c’est que de nombreuses femmes travaillent dans le quartier auprès des migrants, et que cela se passe bien ; que les étrangers et les migrants qui y vivent sont eux aussi des habitants du quartier, ce que l’article semble nier ; que le sexisme et les comportements machistes sont des réalités, mais qu’il sévit dans l’espace public bien au-delà des frontières du quartier de la Chapelle. La question n’est donc pas celle de la preuve, mais de l’intention : quelle est la visée de l’article ? Quels sont les objectifs de SOS La Chapelle ? Ce sont surtout ces questions-là qu’il faut se poser.

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