Tentative d’homicide à Nantes, la marque de l’extrême droite ?

13 mai 2017 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Nantes Révoltée revient et donne des explications sur l’agression de deux personnes survenue à Nantes le 7 mai après la manifestation anti Macron :

Dimanche 7 mai, entre minuit et une heure du matin. Erwan et Steven, deux jeunes de 18 et 16 ans rentrent chez eux en vélo. Quelques heures plus tôt, ils passaient la soirée électorale dans le centre ville et participaient à la manif contre Macron.

Dans la grande montée qui longe la ligne de tramway, au niveau de l’arrêt Du Chaffault, Steven perd de vue son ami, qui roule plus vite que lui. Il est soudainement assailli par 4 hommes, cachés sur le bas côté, qui le mettent à terre et le frappent à coup de poings et lui cassent une bouteille sur la tête. Les agresseurs sont mis en fuite par les passagers d’un véhicule qui passe par là. Quelques mètres plus haut, c’est Erwan qui gît inanimé. Il vient d’être passé à tabac par la même bande quelques secondes plus tôt, à coups de matraque télescopique après avoir été gazé. Laissé pour mort, il est très gravement blessé. Fractures au crane et au visage, cou endommagé. Les coups ont été d’une violence inouïe, et visaient exclusivement la tête. [Attention, photos choquantes : http://www.revolutionpermanente.fr/IMG/arton8023.jpg] Il s’agit d’une tentative de meurtre. Erwan est placé en coma artificiel, et se voit notifier 1 an d’ITT minimum. Nous avons pris le temps d’enquêter plutôt que de nous précipiter sans recul sur ce drame. Contrairement à la police et à la presse, qui évoquent un « fait divers » et une « mystérieuse agression », nous avons écouté attentivement plusieurs protagonistes de cette affaire. Des éléments solides, concordants et objectifs orientent vers la piste d’un crime politique. Que s’est-il passé dimanche 7 mai à Nantes ?

1- Du côté des victimes, nous ne disposons pour l’instant que du témoignage de Steven. S’il n’a pas pu identifier clairement ses agresseurs, il est formel : juste avant de le frapper, ses assaillants lui ont demandé s’il est « antifa », c’est à dire antifasciste. Les quatre agresseurs, des hommes, sont très jeunes, autour de 20 ans.

2- Les deux copains revenaient d’une soirée de manifestation dans le centre ville. Aux abords du défilé, un groupe de militants d’extrême droite avec des gants et des casques avait été aperçu à plusieurs reprises, puis mis en fuite plus tard dans la soirée. Il est plus que probable que ces militants d’extrême droite, venus pour en découdre, aient repéré certains manifestants pour les attaquer une fois isolés.

3- Aucun vol n’est à signaler. Ni vélo. Ni téléphone portable. Ni argent. Le motif n’est donc pas crapuleux. Il s’agit d’une agression ciblée sur deux jeunes hommes isolés, avec la volonté de tuer. Agression gratuite ou vengeance politique un soir d’élection après une manifestation ?

4- Le mode opératoire porte incontestablement l’empreinte de l’extrême droite. Coups de matraque, de bouteilles, gaz lacrymogène. Cette attaque ressemble en tous points à l’agression de militants antifascistes commis par les clients du Giggs, bar fréquenté par l’extrême droite, au mois de février dernier. Nous avons recensé d’autres faits du même ordre, avec un mode opératoire identique, ces derniers mois à Nantes contre des individus isolés.

5-Notons enfin que la police, pourtant présente massivement ce soir là pour réprimer la manifestation, ne s’est pas déplacée sur les lieux de l’agression pour récolter des indices. Il semblerait que quelques tags en manifestation soient plus importants pour les enquêteurs que la vie de deux adolescents.

Ceci étant posé, nous n’affirmons rien avec certitude, même si une coïncidence aussi énorme est très peu probable. Nous ne disposons pas des moyens logistiques de surveillance de l’État.

Une chose est sure : Nantes et l’Ouest sont des terres hostiles au racisme. Le FN y fait les scores les plus faibles de France, et les manifestations contre le parti de Marine Le Pen ont été les plus massives. A contrario, l’extrême droite est très réduite, mais aussi active et violente. A Nantes elle compte autour d’une dizaine de membres, parfaitement identifiés, qui agissent ensemble, fréquentent les mêmes lieux, s’entraînent aux sports de combat, et font des apparitions communes. Ces membres ont attaqué à plusieurs reprise les manifestations contre la « loi travail » en avril 2016, ainsi que des soirées organisées par Nuit Debout. Des cocktails molotovs ont été envoyés sur un squat de migrants en septembre 2015. Un centre d’accueil pour les réfugiés était la cible de tirs à balles réelles en octobre dernier à Saint Brévin. Pourtant, ces groupuscules n’ont jamais été inquiétés d’aucune manière.

Solidarité avec Erwan, Steven et leurs proches !

Face à l’impunité, l’autodéfense est nécessaire.

Un commentaire »

  1. Peter 19 mai 2017 at 10:20 - Reply

    l’état et le pouvoir politique même local voir à Sivens entretiennent les fachos comme collaborateurs, indicateurs et adjoints auxiliaires de services d’ordre et les préservent de nombre de poursuites

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