Lyon : « Ni Marine, ni Macron ». Première manif de l’entre-deux tours réussie

30 avril 2017 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Lu sur Rebellyon :

Récit de la manifestation lyonnaise du 27 avril contre les présidentielles, par des manifestants.

#Onvautmieuxqueça. Le haschtag du mouvement contre la loi Travail est de retour. Le mot d’ordre numérique est réactivé via une page Facebook. L’origine de l’appel est assez flou : des mélenchonistes énervés par le premier tour ? Le parti des abstentionnistes ulcéré de ne pas être au second ? Des déçus de la gauche qui sentent bien que la politique et les élections ne sont qu’une vaste arnaque ? En tout cas, une chose est sûre, cet appel sorti de nul part est arrivé à réunir plusieurs centaines de personnes dans les rues lyonnaises (et plusieurs milliers en France), là où dimanche dernier peu de monde était sorti à l’annonce des résultats.

#Onvautmieuxqueça. Un mot d’ordre radical dans ce qu’il pose. On vaut mieux que le « choix » entre un banquier au sourire de requin et une vieille bourge d’extrême-droite. Ce n’est pas de cette alternative dont on rêve.
Radical aussi dans ce qu’il invite à faire : ne pas se soumettre au chantage démocratique : votez dimanche prochain pour éviter la catastrophe (le FN aux affaires), c’est ne pas voir que Macron aux affaires, c’est la poursuite de la catastrophe. Il est toujours risqué de sur-valoriser la question du vote. Au fond, voter ou ne pas voter, et faire de cela un « acte politique fort », c’est assez absurde. Les actes politiques sont ce qui font une brèche dans le cours des choses. Là, les présidentielles correspondent simplement au renouvellement de l’adhésion de la population à l’appareil de gouvernement. Ceux qui s’enflamment en ce moment sur les réseaux sociaux contre les abstentionnistes et contre le mot d’ordre « ni Macron, ni Lepen » sont bien gentils. Mais au soir du 7 mai, ils iront bien gentiment se replonger dans leur coma politique pendant les cinq prochaines années.

#Onvautmieuxqueça, un mot d’ordre suivi d’effets. À Paris, une vingtaine d’établissement scolaires bloqués et un millier de lycéens énervés qui défilent entre République et Bastille. Défilés à Nantes, Rouen, Toulouse, Dijon. À Rennes où un policier en moto n’hésite pas à sortir son arme à feu pour faire reculer une partie du cortège.

Rassemblement, 18h, Hôtel de ville

La place des Terreaux. Le lieu de rendez-vous de tous les mouvements spontanés : des émeutes suite à l’élection de Sarkozy en 2007 jusqu’à la manif contre le 49.3 de Manuel Valls l’an dernier, c’est depuis cet endroit que se forment naturellement les rassemblements contestataires. Ce jeudi, pas mal de gens ont répondu à l’appel des réseaux sociaux. Pas mal de flics également. Il se sont postés à toutes les entrées de la place. La foule se chauffe avec des slogans repris en coeur « Siamo tutti antifascisti », « Lyon debout soulève-toi ». L’esprit qui regne n’est pas celui des manifs d’avril 2002 contre Jean-Marie Lepen. Les mots d’ordre sont différents. Ce ne sont plus seulement le FN et le fascisme qui sont dénoncés mais le résultat de l’élection lui-même, la situation dans laquelle il nous plonge. Comme le disait un tag de ces derniers jours : « Si Macron 2017, Lepen 2022 ».

Après avoir gueulé une heure des slogans anticapitalistes et anti-FN, décision est prise de partir en manifestation. Une banderole prend l’initiative et tout le monde embraye rapidement. C’est parti dans les pentes de la Croix-Rousse.
La manif est bien péchue. Ça monte jusque rue des Cappucins. Ça graffe un peu, le commissariat de police municipale se fait une fois de plus victimiser. Puis ça discute à l’avant du cortège de ce qu’on fait, où il est plus judicieux d’aller. Continuez sur les pentes ou aller au Vieux Lyon ? Manifestement c’est la deuxième option qui l’emporte puisque le cortège commence à descendre et à rejoindre les quais de Saône.

Un premier cordon policier bloque la passerelle St-Vincent. Dans le même temps, une autre ligne de flics vient à notre rencontre. Les flics sont décidés à casser la manif. Sans attendre de se faire caillasser, la police lance les affrontements. L’avant du cortège commence à se faire noyer sous les gaz. Mais les manifestants se tiennent plutôt bien, ne reculent pas et renvoient mêmes les palets de lacrymogène.
Le gros de la manif finit par repartir en sens inverse pour chercher un autre passage. Les « affrontements » continuent sur le parcours (en fait essentiellement les flics qui nous canardent avec du gaz lacrymogène).

Constatant que la manif continue de se tenir, les forces de l’ordre changent de tactique et passent à la vitesse supérieure pour désagréger le cortège. Place Tobie Rabatel et rue Lanterne, ils se mettent à charger dans le dos de la manif. Ce qui provoque un gros mouvement de foule. Des gens courent dans tous les sens. Pas mal de manifestants partent à ce moment-là. On se regroupe place des Terreaux tant bien que mal. Deux cortèges se séparent : un groupe part en direction de la Croix-Rousse [1]. L’autre partie de la manif se reforme rapidement et s’engouffre rue Edouard Herriot.

Deuxième mi-temps

Arrivés, au niveau du Monoprix de Cordeliers, on croise des fafs casqués en train de differ des tracts. Tout en prenant le soin de bien reculer rue de la Ré, les fafs provoquent et nous incitent à venir à leur rencontre. D’un coté des bacqueux sont positionnés derrière les fafs, attendant qu’une baston commence pour foncer dans le tas et interpeller. De l’autre, les flics arrivent en nombre dans notre dos, rue de Grenette. La scène semble avoir été pensé de concert. Des gens sont à deux doigts d’aller se taper avec eux, mais le piège est trop gros. Après l’attaque de Mazagran il y a quelques jours par une vingtaines de fafs, dans un quartier pourtant quadrillé par les flics difficile de ne pas parler d’alliance – en tout cas de grandes complaisances – entre flics et fafs.

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Un commentaire »

  1. Zeppa 30 avril 2017 at 13:58 - Reply

    Ni macron ni le pen il faut manifester le jour de vote et ne pas aller voter

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