FN : important score dans les casernes de gendarmes mobiles et gardes républicains

29 avril 2017 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Lu sur Paris Luttes infos :

Le résultat du 1er tour de l’élection présidentielle montre une nouvelle fois l’attachement des gendarmes au vote Front National. Analyse non-exhaustive des résultats du scrutin de quelques casernes de gendarmes mobiles et gardes républicains.

Au gré de multiples études, l’adhésion électorale des gendarmes envers le FN ne fait guère plus de doute. Sur Paris Luttes Info, l’analyse des scrutins du 1er tour des élections régionales de décembre 2015 avait également fait observer cette tendance. Le 1er tour de l’élection présidentielle ne déroge pas à la règle. Les gendarmes votent bien davantage Marine Le Pen que le citoyen lambda.

Gendarmes mobiles protégeant le congrès du Front National à Nantes le 25 février dernier.

Avant d’expliciter l’analyse des scrutins, il est judicieux de refaire un point méthodologique. Contrairement aux CRS, « les gendarmes mobiles résident avec leurs familles dans les locaux de la caserne. La concentration de ces effectifs « gendarmiques » offre ainsi une possibilité de pouvoir évaluer la réalité du vote » en étudiant le bureau de vote qui leur est attribué lors d’une élection. Néanmoins, et à part de rares exceptions, le bureau de vote n’est pas lié exclusivement à une caserne mais englobe plus largement les habitations des alentours et donc l’ensemble d’un quartier (dont la caserne). Le résultat du bureau de vote lié à une caserne se dilue donc avec celui des populations civiles « classiques ». Il ne s’agit donc pas ici de sondage ou d’estimation mais bien d’une étude mathématique des bureaux de votes rattachés aux casernes.

En Ile-de-France, les gendarmes mobiles et gardes républicains ont voté massivement Marine Le Pen.

  • Versailles : C’est dans cette grande ville des Yvelines que se trouve le plus important contingent de gendarmes mobiles franciliens. Ces gendarmes habitent à la caserne de Satory [1] et est composé de 7 EGM (escadrons de gendarmerie mobile). Ce camp militaire est relativement exceptionnel pour notre étude car il est rattaché à un bureau de vote où seuls les gendarmes et leurs familles respectives sont inscrits sur les listes électorales. C’est le bureau de vote n°10 de Versailles. Dimanche dernier, 48,27% y ont voté Le Pen contre 9,8% pour l’ensemble de la ville. Les gendarmes ont ainsi voté près de 5 fois plus pour le FN que la population versaillaise totale.
  • Paris : Le bureau n°46 du 13e arrondissement correspond aux habitations du boulevard Kellermann dont dépend la caserne des gardes républicaines et leurs familles. L’analyse du scrutin doit prendre en compte cette « dilution » avec les populations « classiques ». Malgré ce mélange, Le Pen obtient près de 16,52% des voix soit un score en pourcentage 2,5 fois plus élevé que l’ensemble de l’arrondissement [2].
  • Dugny : Petite ville de Seine-Saint-Denis à la frontière du Val d’Oise, elle est habitée par l’EGM 22/1 dans la caserne De Rose. Les pandores votent au bureau de vote n°1 (Nelson Mandela) avec une partie de la population. Ici encore, malgré cette « dilution », ce bureau détient le nombre de votes le plus élevé pour le FN. Près de 31% contre 18% à l’échelle municipale.
  • Rosny-sous-Bois : Composé de deux EGM (dont un a été inauguré par Cazeneuve en 2016), le Fort de Rosny vote à la maternelle Raspail (bureau de vote n°23) et encore une fois, le Front National fait une percée dans ce bureau (mélangé avec la population civile). Le Pen obtient 24,16% contre 15,14% pour l’ensemble de la ville.

Même si cette étude francilienne n’est pas totalement exhaustive [3], cette sélection relativement importante démontre une nouvelle fois la proximité idéologique entre les tenants de la matraque et le parti d’extrême-droite du Front National.

Nous avons également étudié d’autres bureaux de vote à proximité d’une caserne de gendarmes mobiles ailleurs qu’en région parisienne.

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