Tour d’horizon des manifs du 23 avril au soir

24 avril 2017 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Lu sur Marseille Infos Autonomes :

Suite au résultat des élections, de nombreuses manifestations ou rassemblements étaient appelés aux quatre coins de l’Hexagone. Retrouvez ici un petit tour de France des événements de la soirée post-électorale là où nous avons pu trouver des informations.

On ne se faisait pas trop d’illusions quant à ce qui pourrait se passe au soir du 23 avril. 15 ans après Le Pen au second tour des élections en 2002, beaucoup moins de gens se sont retrouvés dans la rue le soir même pour protester. La faute à une pénétration plus grande des idées frontistes dans l’ensemble du spectre de la vie politique ? D’une « respectabilité » plus grande de MLP par rapport à son paternel ? Ou bien d’un manque d’envie et de combativité de notre part, d’une communication et d’une organisation moins efficaces ? De la lassitude ?

Les années qui s’ouvrent promettent d’être dures. Quant bien même Macron (car il semble évident que c’est lui qui l’emportera) aura du mal à se constituer un gouvernement stable, les banques et le néo-libéralisme ont désormais conquis le pouvoir politique, en plus de leur poids déjà écrasant dans l’économie.
Il va nous falloir repenser sérieusement à la façon de mener des luttes radicales et efficaces contre l’Etat et le capitalisme et leur pénétration dans toutes les facettes de la vie sociale pour ne pas se faire écraser par la décomposition en marche.

En attendant, voici ci-dessous un court résumé des informations que l’on a pu recueillir sur ce qu’il s’est passé dans plusieurs villes de France hier soir. Ces infos sont susceptibles d’êtres mises à jour à mesure que des nouvelles arrivent.

Marseille, un rassemblement était appelé sur le Cours Julien, mais rien n’en est parti. Pour le moment, pas de nouvelles depuis Lyon non plus (même s’il est précisé indirectement dans la presse mainstream qu’il s’y est passé quelque chose).

Paris, un appel tournait pour mettre sur pied une Nuit des Barricades dans le quartier de Bastille. La manifestation sauvage a duré plusieurs heures, jusqu’à République, et a regroupé autour de 1000 personnes à son point culminant.
La manifestation a été marquée par plusieurs violents affrontements contre la police, l’incendie de cinq véhicules (selon la préfecture de police de Paris) : tout d’abord des gros gazages près de Bastille, avant que l’ensemble se passe du côté de République / Belleville. Le local de la CFDT est aussi tagué et quatre véhicules de police dégradés. Il y aurait 29 personnes en GAV. (Plus d’infos sur Paris-luttes.info)

Toulouse, ce sont plusieurs centaines de personnes qui sont parties en manif’ sauvage aux cris de « Tout le monde déteste le FN » dans le centre-ville. Des agences immobilières, distributeurs de billets et autres vitrines ont été détruites tandis que de nombreux tags apparaissaient sur les murs.

A partir de 19 heures, un peu de monde commence à se rassembler place du Capitole. Autour de 20h30, une assemblée, organisée par Jour Debout commence sans grande détermination. Une petite heure passe, des slogans commencent à fuser, quelques feux d’artifices chauffent la place puis environ 250 personnes essaient de partir en manif sauvage. Mais là, les manifestant-es font face à un dispositif policier qui cadenasse tout : toutes les rues sont bloquées par les baqueux, CRS ou les grilles anti-émeute. Ça tente mollement de pousser par une rue mais la manif est vite refluée. Retour au centre de la place, on sortira pas comme ça. Rendez-vous est donné de bouche à oreille pour 23h à Arnaud Bernard. A l’heure dite, on est une bonne centaine et on part assez vite, des gens nous suivent sur le passage du cortège. Quelques tags redécorent la rue et des agences immobilières sont attaquées, ça gueule « Tout le monde déteste le FN », « A bas l’Etat, les flics et les fachos ! » Au bout d’une demie heure, la manif tombe sur une équipée de BAC et de voltigeurs bien déterminés à ce que le cortège s’arrête à Saint-Sernin. La dispersion est chaotique. Il y aurait deux arrestations.

(Plus d’infos sur IAATA.info pour un compte-rendu plus détaillé de la manifestation de Toulouse.)

Rennes, la manifestation était complètement cernée par la police, averc de nombreuses nasses un peu partout. C’est donc l’équipe bleue qui a gagné, pour reprendre les termes d’expansive.info. Un compte-rendu un peu plus détaillé sur Indymedia Nantes. Même topo du côté de Rouen, où une centaine de personnes ont été empêchées de partir en manif par la police, selon la presse.

Nantes, autre ambiance. Une banderole « Ni Banquier, Ni Raciste » ouvrait la manifestation sauvage, tandis que d’autres affichaient « Votez José Pavé » ou autre. Une manif marquée par des affrontements et des jets de quelques cocktails molotovs, tandis que plusieurs banques sont éclatées. La police est très violente, il y a de nombreux blessé-e-s parmi les manifestant-e-s et quelques arrestations. Voir là encore Indymedia Nantespour un CR un peu plus détaillé.

Grenoble, autour de 200 personnes ont manifesté suite à l’annonce des résultats, très rapidement cernée par la police et dispersée tout aussi rapidement. Voir un court récit sur Haro.

Tours, environ 200-300 personnes se sont rassemblées et ont manifesté, ainsi qu’à Caen ou encore à Lille.

Bordeaux, quelques centaines de personnes manifestent dans le centre-ville, banderole « On vaut mieux que ça » et fumigènes, quelques feux de poubelles et brèves échauffourées contre la police. Il y aurait 2 arrestations. Synthèse du journal-poubelle du coin, Sud-Ouest.

Strasbourg, un rassemblement a là aussi eu lieu avec quelques fumigènes, une arrestation de mineur pour tag insultant la fonction policière est signalée.

Hénin-Beaumont, fief de Le Pen, ce sont six Femen qui ont surgi plus tôt dans la journée, avant d’être rapidement maîtrisées par la police.

Pour la chronique, des bureaux de vote ont été temporairement fermés à Besançon et à Saint-Omer dans le Nord du fait de la présence de voiture suspectes dans les environs, dans lesquelles on a retrouvé un fusil dans le premier cas et rien dans le second. Un autre a rapidement été fermé dans le XXème a Paris, pour la même raison. A Haguenau en Alsace, c’est une glacière oubliée pas loin qui a déclenché l’alarme et fait venir les démineurs.

Un mort est tout de même à signaler au bureau de vote de Font Romeudans les Pyrénées Orientales : il a fait une crise cardiaque au moment de glisser son bulletin de vote, ce qui a là encore fait fermer temporairement le bureau, le temps que les pompiers interviennent.

Et on ne compte plus trop les vitrines de permanences électorales éclatées un peu partout dans les dernières semaines.

Un commentaire »

  1. Falafel 25 avril 2017 at 11:33 - Reply

    Je pense qu’un facteur important rebute les gens à manifester, c’est que systématiquement, il y a des affrontements et des dégradations.
    Dans mon souvenir, lors de l’entre 2 tours en 2002, les manifestations étaient unanimes et populaires, mais globalement tout se passait dans une ambiance ‘bon enfant’ si je peux me permettre…
    J’ai cherché un peu sur le site de l’INA pour des vidéos d’époque, et je n’ai pas trouvé d’images équivalentes à celles de dimanche soir.
    Je trouve sincèrement dommage que le droit à la manifestation soit désormais quasiment tout le temps accompagné de violences…
    Et j’irai même jusqu’à dire qu’une grande partie de la france profonde qui vote fn se trouve conforté dans ses préjugés avec l’image que donnent les manifs de nos jours.
    Les médias grand-public sont en grande partie responsables, mais l’avènement d’internet et des réseaux sociaux permet également aux citoyen(ne)s lambda d’exprimer leur colère et d’éviter d’aller dans les rues.
    J’ai manifesté en 2002 aux côtés de mes parents et de mes ami(e)s, mais cette année, nous ne nous sommes pas donnés la peine de le faire : pas envie d’être pris dans une nasse policière, pas envie de se retrouver aux milieu de casseurs dont nous ne partageons pas cette idée de la manifestation et pas envie de risquer des blessures à nos enfants.
    C’est bien triste, quel que soit le résultat du second tour.

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