Annecy (74) : compte rendu du rassemblement anti-FN du 10 mars

14 mars 2017 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

A l’appel du collectif 8 mars 74, une trentaine de personnes se sont réunies vendredi soir à Annecy, devant Courrier pour marquer leur opposition à la venue de Nicolas Bay le meme jour. Pour les personnes mobilisées, il était inconcevable de rester sans rien dire face à la venue du secrétaire général du Front national, parti politique qui banalise les idées anti-féministes et sexistes dans la société. Une prise de parole a été effectuée par une militante féministe, à retrouver ci-dessous :

Bonjour à toutes et à tous,

Pour commencer je signal que je ne souhaite pas être filmée ou photographiée pendant ma prise de parole et je rappelle aux personnes qui prennent des photos et vidéos qu’il est important de flouter les visages des participant.e.s. Quand on lutte contre l’extrême-droite, la sécurité et l’anonymat de chacun.e est la priorité.

Je prends la parole aujourd’hui en tant que féministe, pour défendre la journée du 8 mars contre les récupération capitalistes et réactionnaires de nos luttes et pour affirmer qu’on ne peut aujourd’hui se dire féministe sans lutter contre le fascisme.

La journée du 8 mars est sensée être le symbole international de la lutte populaire menée par les femmes pour l’émancipation, c’est donc une journée qui est politique et doit porter des revendications. Aujourd’hui cette date est devenu une journée marchande qui, dans beaucoup de cas, renforce le patriarcat. Nous ne voulons pas de réduction chez l’esthéticienne, nous ne voulons pas de promos sur le rayon cuisine, nous voulons l’égalité et nous voulons pouvoir lutter pour ça.

D’autre part, on peut constater que le climat actuel dans la société est fortement réactionnaire, on a vu par exemple, peu après l’élection de Donald Trump et ses loi anti-avortement, le débat sur l’IVG faire son retour et remettre en question la liberté de disposer de son corps, d’avoir le choix.

Dans un peu plus d’une heure, le Front National tient un meeting de campagne à Annecy, au 113 boulevard du Fier en présence de Nicolas BAY. Aujourd’hui le FN représente une réelle menace pour la société française, pour les droits des femmes et des LGBTI. Le projet de société proposé par Marine Le Pen porte en lui un retour en arrière considérable qui s’apparente à celui de Trump.

  • Nicolas Bay, secrétaire général du parti de Marine Le Pen est un partisan de l’abrogation du Mariage Pour Tous.tes, fidèle à la tradition homophobe de l’extrême-droite.
  • Dominique Martin, cadre historique du FN en Haute-Savoie, notamment à Cluses et député européen a déclaré, au parlement en janvier 2016, être pour  « la liberté des femmes a rester chez elles » au nom e la lutte contre le chômage et la délinquance.
  • Lors des régionales de 2015, ce sont les financements du planning familial qui sont attaqué par le FN pendant sa campagne.

Le parti d’extrême-droite utilise le féminisme car c’est une question centrale de la société, mais il l’utilise toujours pour servir ses discours racistes. Ainsi, la déclaration de Marine Le Pen du 8 mars sur RTL à propos des droits des femmes porte uniquement sur la question du voile et de l’islam.

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Il est important de rappeler que la lutte pour l’émancipation des femmes est une cause populaire qui ne doit pas se laisser dicter sa ligne par les intérêts électoraux d’une riche héritière fasciste. Les femmes qui vivent l’oppression patriarcale luttent déjà, comme, par exemple, des femmes qui se regroupent dans les quartiers populaires à la manière de « la brigade des mères » en Seine Saint-Denis ou des femmes Kurdes qui luttent à la fois contre la patriarcat et le fascisme de Daesh tout en portant un projet démocratique révolutionnaire multiculturel.

Ces femmes du peuple, combattantes pour l’avenir, sont de bien meilleures figures pour le féminisme qu’un parti de millionnaires qui se débattent pour installer leur idée d’une société où les femmes sont dominées, où les personnes LGBTI n’existent pas, ce à quoi s’ajoute la stigmatisation et l’exclusion des personnes issues de l’immigration, des musulmanes et musulmans, des juives et juifs, des RromEs etc.

Les femmes ne sont pas dupes, nous savons très bien que le patriarcat n’a pas de couleur, pas de religion, il est un pilier du capitalisme et l’alimente sans cesse. Nous savons que le point commun de la majorité de nos agresseurs n’est pas leur origine ou leur religion mais leur construction sociale d’hommes.

Au delà de la menace venant de l’extrême-droite, on peut observer une radicalisation réactionnaire de l’ensemble de la bourgeoisie dirigeante, notamment à l’échelle des régions où la suppression du « pass contraception » et des subventions à divers associations pour les droits des femmes et LGBTI est un argument économiser alors qu’on prévoit de dépenser des millions dans des politiques sécuritaires.

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Dans les zones populaires, déjà en proie à la misère culturelle, les femmes et LGBTI en difficulté sont d’autant plus isoléEs que les activités des associations d’aide peinent à obtenir des subventions. C’est dans ces conditions que des femmes comme Jacqueline Sauvage se retrouvent seules face à leurs agresseurs, en danger de mort permanent et en viennent à se faire justice elles-même.

Dans cette optique, nous revendiquons un féminisme populaire de solidarité afin que les oppresseurs ne se trouve non pas face au désespoir meurtrier de leur victimes mais face à une résistance collective. Ce dont le féminisme à besoin, c’est que nous, femmes, nous nous rapprochions, nous parlions de ces histoires que nous traînons toutes, que nous osions dénoncer tout haut les agissements des hommes qui nous entourent et que nous nous engagions à ne jamais laisser seule une sœur en difficulté.

Les violences domestiques et sexuelles, les agressions homophobes et transphobes, les injonctions à la féminité ou la virilité ne sont pas des problèmes personnels, ce sont les traces brûlantes que le patriarcat laisse sur chacunes et chacuns de nous et contre lesquels nous devons résister collectivement et sans compromis.

Pour un féminisme de la base qui n’attend rien des institutions en décomposition, pour un féminisme métissé, populaire et autonome contre le fascisme !

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