Quimper, Nantes : mobilisations contre des conférences de Breizh Info

6 février 2017 2 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Les 3 et 4 février Breizh Info organisait des conférences à Nantes puis Quimper sur le thèmes « Immigration la catastrophe. Que faire » avec comme intervenant Jean Yves Le Gallou. Des manifestation et rassemblement antifascistes étaient organisés pour s’opposer à la tenue de ces conférences, les forces de répression étant bien sûr là pour se défouler sur les antifascistes, nous publions des compte-rendus de ces mobilisations :

Le compte-rendu du Collectif Antifasciste du Pays de Quimper :

Bilan du rassemblement d’hier « à chaud »: CRS = toujours SS…

Photo : Marin Driguez

Les flics étaient là pour faire du chiffre et casser de l’antifa. 3 arrestations lâches, violentes et inutiles. Un parti-pris évident des CRS se faisait sentir alors qu’ils réagissaient à nos slogans par des insultes. Ils ne cachaient même pas leur sympathie pour les quelques 20 néo-nazis postés juste derrière eux. Ces néo-nazis, en panoplie bonehead/hooligan, étaient le service d’ordre de Breizh-Info. Il s’agissait principalement de militants présents lors des violences d’Adsav de l’an passé, déjà potentiellement condamnables grâce à leur manque de discrétion sur internet mais toujours pas inquiétés par le moindre tribunal.

Dès 19h, ils paradaient, en partie cagoulés, à moins de 3m des CRS. On pouvait entre autres voir une Totenkopf (symbole de la division SS du même nom) sur un bonnet ou encore un Dixie flag (symbole récurrent du Ku Klux Klan) sur une épaule. Et dire que Jean-Yves Le Gallou affirmait il y a peu que le fascisme supposé de son camp politique est un fantasme d’extrême-gauche…

Un premier antifasciste a été lâchement attrapé alors qu’une partie du cortège s’affairait autour de la cantine Food Not Bombs installée pour l’occasion. Cette première arrestation arbitraire a provoqué une forte contestation au sein de notre cortège, qui n’a bien évidemment eu aucun effet. Le « foutage de gueule » était donc à son comble quand les autorités ont ordonné la dispersion de notre rassemblement après que des antifascistes aient refusé de se démasquer. Les fachos eux, n’ont joué la coopération qu’une fois hors de vue, une dizaine de mètres derrière la ligne de CRS. L’un d’entre eux filmait encore le cortège antifasciste alors que les CRS s’apprêtaient à charger… La sommation de dispersion a été suivie d’à peine quelques secondes par une charge d’une rare violence. Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, les CRS se sont déchaînés sans faire la moindre distinction alors que rien ne justifiait les coups de matraque et de bouclier et les jets de lacrymogène. Une personne a été trainée au sol avant d’être embarquée. Pour les autres, plaie béante sur le crâne, bouche ensanglantée après un coup de coude, hématomes en tout genre…

Le rassemblement antifasciste aura réuni une centaine de personnes au maximum et pris fin vers 22h. Face à d’importants risques d’attaques conjointes entre CRS et néo-nazis, nous avons unanimement choisit une « dispersion groupée » afin que d’autres faits de violences ne viennent pas entacher cette soirée. Au comble de leur couardise, les CRS ont procédé à une 3ème arrestation sur un jeune qui se trouvait sur la place après la dispersion. Mais la palme d’or revient au Télégramme, qui a tout simplement coupé la scène de la charge des CRS sur le montage de leur vidéo ci-dessous. Nul n’aurait pu fournir une meilleure preuve du mensonge qui entoure la version officielle des autorités. Ce n’est ni plus ni moins que de la censure, visant à cacher les violences policières inacceptables qui ont eu lieu hier soir!

A l’heure où les syndicats de police tentent vainement de redorer le blason des forces de l’ordre, leur comportement habituel confirme qu’ils sont bien plus animés par le goût du sang que par la volonté de protéger la population, qu’ils considèrent comme du bétail sans valeur. Par un positionnement majoritaire en faveur de l’extrême-droite et une succession de crimes racistes et sordides, ces mêmes flics ne font qu’alimenter la gronde populaire dont ils prétendent être les victimes innocentes. Et le « bon flic » dans tout ça, c’est quand qu’ils ouvre sa gueule pour critiquer ses collègues?!?

HONTE A L’ÉTAT! HONTE AUX FLICS! HONTE A LA PRESSE!

Nous récoltons actuellement les témoignages des personnes présentes et nous publierons un communiqué plus complet dans les jours à venir, images à l’appui. 2 des personnes interpellées hier ont été relâchées aujourd’hui dans la journée, nous ignorons ce qu’il en est du 3ème interpellé. Dans l’impossibilité des flics de leur imputer le moindre délit, un rappel a la loi a été adressé à l’une d’entre elles. Nous invitons toute personne ayant été blessée par les CRS hier à photographier ses blessures et nous les faire parvenir.

Compte-rendu de Nantes Révoltée :

Manifestation contre le racisme à Nantes : succès populaire et ratonnades fascistes

Ce 3 février, la mairie socialiste offrait une grande salle municipale en plein centre ville pour permettre à un conférencier ouvertement raciste de se produire, à l’invitation du GUD et du média d’extrême droite Breizh Info. Aujourd’hui et depuis des mois, les élus locaux organisent une montée des tensions en offrant systématiquement des tribunes aux groupuscules d’extrême droite. Dans quel but ?

Photo : Marin Driguez

Vendredi au soir, face à cette provocation, des collectifs antifascistes défilent dans les rues de Nantes, pour empêcher la conférence. Le cortège part de la Place Viarme pour se diriger vers la salle Bretagne. Les racistes doivent finalement se retrouver dans une salle publique, bunkérisée par des dizaines de policiers en armures et en civil. Alors qu’au moins 500 personnes manifestent pour rappeler que Nantes est antiraciste, tout le quartier entourant la salle de conférence est quadrillé par les uniformes. Plus surprenant, la police laisse des dizaines de fascistes casqués et armés parader devant la salle municipale, au milieu du périmètre « sécurisé », à quelques mètres des lignes de CRS, alors même que les manifestants antiracistes sont traqués, chargés et arrêtés sans sommation. L’image est saisissante.

Entrée de la salle Bretagne avant la conférence de Breizh Info

Après les premières grenades, la manifestation se tend et la colère éclate. Des vitrines de banques et des publicités volent en éclat, une barricade est enflammée. La police tire des balles en caoutchouc, puis disperse et contrôle violemment de nombreux passants/ 6 personnes sont arrêtées.

Si la manifestation a été écourtée par les charges policière, elle demeure un succès numérique incontestable. Cette mobilisation fait encore une fois la démonstration éclatante de l’alliance objective entre municipalité, préfecture et groupes fascisants.

Bien plus tard, le groupe de militants d’extrême droite venu de tout le grand ouest aperçu devant la salle de conférence procédera à l’attaque d’un bar ainsi qu’au passage à tabac de plusieurs passants identifiés comme des militants antifascistes. En toute impunité.

Les 25 et 26 février prochains, soyons des milliers à converger à Nantes contre le meeting du Front National !

Semaine de Résistances – Week End d’actions contre le FN

2 commentaires »

  1. marin 8 février 2017 at 01:18 - Reply

    Merci de citer les copyrights !!! Je met mes photos gratuitement a disposition, ayez au moins la gratitude de me citer…. Merci 🙂

    • La Horde 8 février 2017 at 08:30 - Reply

      Désolé, c’est désormais chose faite : on avait bien renvoyé vers le site de Taranis News dans le précédent article, mais on a oublié de le faire pour celui-là.

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