Bretagne : le patronat relai d’une droite très « décomplexée »

20 janvier 2017 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Lu sur Brest Médias Libres :

Fallait-il encore démontrer que l’extrême droite et les patrons partagent un certain nombre d’intérêts et valeurs ? A l’heure où le Front National, en ordre de bataille, est confronté à des débats internes, entre les tenants du courant libéral et ceux du « virage social » , un de ses anciens membres fricote avec la fine fleur du patronat local.

Le mois dernier, le 10 décembre pour être exact, l’Institut de Locarn, organisation patronale située sur la localité du même nom , accueillait Aymeric Chauprade « géopolitologue » d’extrême droite, rallié à François Fillon depuis sa rupture avec le Front National. Si ces affinités assumées en étonneront peut-être certain-es, elles n’ont pourtant rien de surprenant. L’occasion ici d’ouvrir une réflexion, à la suite du travail du Collectif Antifa Rennais sur les liens entre extrême droite et grande bourgeoisie bretonne , sur un puissant patronat breton ouvert aux thèses les plus ahurissantes.

Non, « l’Institut », ça n’existe pas que dans X Men

L’Institut de Locarn est, avec le Club des Trente , la pierre angulaire des réseaux patronaux bretons. Notre région a en effet l’honneur de compter un des patronats les mieux organisé de France voire d’Europe, dans le seul but de défendre les intérêts de sa classe, avec ici des penchants régionalistes qui n’enlèvent rien à l’odeur de thunes de l’ensemble. L’exemple le plus connu de ce qui peut sortir de ces réseaux est bien entendu le célèbre label « Produit en Bretagne », présidé par Loïc Hénaff , patron de la fameuse marque de pâté qui fait la fierté du Finistère. Pas étonnant, avec des occasions aussi chouettes de se faire des amis, et « qu’en Bretagne, on connaît vite tout le monde », comme le déclarait le P-DG de l’entreprise de pâté le 18 novembre dernier, lors d’une conférence fêtant les 30 ans des régions, à Rennes. 
Le phénomène s’inscrit dans une longue histoire de mobilisations patronales. Ainsi, naît après-guerre le CELIB, Comité d’Etudes et de Liaison des Intérêts Bretons, dont le rôle est d’instaurer un dialogue entre les élites locales et l’Etat, comme nous le rappelle le politologue Yann Fournis[1].

« Le Comité d’études et de liaison des intérêts bretons (CELIB) instaure durant une vingtaine d’années un travail politique et médiatique à plusieurs niveaux qui recompose au niveau régional les systèmes politiques locaux. »

En effet, alors que le CELIB s’épuise du fait de la non-prise en compte de ses revendications régionalistes par l’Etat, les acteurs économiques (comme la CCI) et les élus finistériens se mobilisent, en 1968, pour obtenir des investissements industriels et d’infrastructure. Pour Y. Fournis,

« ce mécanisme de médiation politique exerce des effets importants sur la formation du patronat breton : il génère une identité régionale nouvelle chez les principaux acteurs économiques. »

Ce poids croissant des élites régionales est facilité en Bretagne, rappelons-le, du fait de la structure encore largement traditionnelle de son économie jusque dans les années 50. Au cours des années 80, la décentralisation offre une fenêtre d’opportunité non négligeable au patronat régional. C’est dans ce contexte qu’émerge le Club des Trente « un réseau informel de PME régionales », nous dit Y. Fournis. Il précise :

« Il devient rapidement le site le plus dynamique de l’institutionnalisation d’un patronat régional, en mêlant des logiques traditionnelles d’influence auprès des acteurs publics (lobbying en matière de développement économique), avec une animation autonome des milieux économiques (comme vitrine du patronat ou réseau d’information). Le Club entend créer des élites économiques favorables au développement régional, en développant des milieux patronaux fortement insérés dans la société régionale et en défendant un projet territorial adapté à ses besoins. »

C’est à la suite de ce mouvement que naît l’Institut de Locarn en 1994, sous l’impulsion de Joseph Le Bihan, truculente figure de l’agro business breton, et Pierre Le Roch, fondateur d’Intermarché. Y. Fournis résume la démarche de l’Institut :

« Joseph Le Bihan, promeut un régionalisme de libre-échange exemplaire, visant à adapter les milieux patronaux au déplacement des échelles géographiques impliquées par l’internationalisation économique. Pour donner corps à ce projet, l’Institut de Locarn doit être un forum pour les réseaux régionaux du patronat, qui, d’une part, fournirait des biens collectifs et une expertise intellectuelle et, d’autre part, le représenterait auprès du monde politique et dans la société régionale. »

L’Institut, qui se veut être un think tank ((L’expression « think tank » pourrait être traduite par « laboratoire d’idées » en français. C’est une organisation qui regroupe des intellectuels, des penseurs, bref des gens importants dans le but de faire émerger des nouvelles idées. Un think tank peut être proche d’un parti politique. Il y a ainsi des think tank « de gauche » (comme la Fondation Jean Jaurès, dont je cite d’ailleurs quelques articles plus bas), ou de droite.)) , devient un lieu incontournable de mise en débat et de développement d’une stratégie économique bretonne inscrite dans une économie mondialisée.  Dans son livre sur le « Lobby breton », la journaliste Clarisse Lucas ((LUCAS Clarisse, Le lobby breton, lobi breizh, 2011, Nouveau Monde éditions, coll. « Les Enquêteurs Associés », Paris)) (correspondante régionale pour l’AFP) décrit le fameux « Jo » Le Bihan, qui s’approche doucement des 90 ans, comme un homme « très catholique ». Né à l’endroit même où se trouve l’Institut, cette figure locale est un ancien prof à HEC, diplômé d’agronomie. Dans les années 70, il a été conseiller pour des « chefs d’Etats africains » nous apprend la journaliste. Sa fortune repose sur son entreprise d’aliments pour animaux d’élevage, devenu Glon-Sanders (Alain Glon est le président actuel de l’Institut). Le Bihan semble apprécier les phrases subtiles, nous rapporte la journaliste :

« Ici, tout peut-être dit. Rien ne sort. On est protégés des médias. Ici tu fonctionnes sans préservatif de la pensée. Tout se dit, rien ne s’écrit. »

Grande thématique de droite et d’extrême droite, le patron entend s’attaquer au « politiquement correct » : « Pendant longtemps, Locarn a exprimé des idées qui étaient inexprimables ». On aurait préféré effectivement que certains se taisent. 
Dans ce contexte, pas étonnant qu’on croise ici Bernadette Malgorn. La très réactionnaire ex-préfète d’Ile et Vilaine n’est pas non plus inconnue des brestois puisqu’elle est actuellement chef de file de l’opposition au conseil municipal de Brest. Elle est ici, comme dans son local du très « populo » square Wilson à Brest, tel un poisson dans l’eau, entres bonnes gens de la même classe et partageant des valeurs communes.

Cinquième en partant de la droite, Malgorn, OKLM

Mais attention, on croise aussi à Locarn d’affreux gauchistes du PS, comme notre gloire régionale, Jean-Yves Le Drian. Celui qui cumule les fonctions de Président de Région, de Ministre de la Défense et de représentant pour le fabriquant d’armes Serge Dassault est ici aussi chez lui. Clarisse Lucas nous apprend ainsi que Jean-Yves Le Drian est accueilli par une « accolade chaleureuse » de Jo Le Bihan. Invité à s’exprimer, il pointe du doigt le « déficit énergétique de la région ». Une marotte pour les entrepreneurs breton et leur président, comme en témoigne le projet de centrale électrique au gaz de Landivisiau
L’Institut mène ainsi un important travail intellectuel de fond, par le biais de formations professionnelles mais surtout de conférences, semble-t-il très prisées dans le gotha breton. Pour se donner une idée du contenu de ces conférences où le « politiquement correct » n’a pas sa place, il suffit de jeter un œil à celle qui précédait l’invitation d’Aymeric Chauprade. Intitulée « Changeons de Climat » le résumé annonce la couleur : la théorie du changement climatique et les idées écologistes qui en découlent sont un frein à l’investissement, et donc au profit. Comme à l’époque de la centrale nucléaire de Plogoff, les craintes des populations et les critiques sont « irrationnelles » et défendent des « intérêts particuliers », seule la croissance est synonyme d’intérêt général. Et en matière d’intérêt général et d’action désintéressée, on peut être sûr que nos grands patrons savent de quoi ils parlent .

Sapés comme jamais, les patrons « .bzh » s’enjaillent à Locarn.

Rappelons par ailleurs que l’Institut était un des fers de lance de la « fronde des bonnets rouges » ((Ouest France du jeudi 31 octobre 2013, édition des Côtes d’Armor) , le mouvement corporatiste qui a agité la Bretagne il y a trois ans. Animé par une logique de collaboration entre patrons et employés, le mouvement avait une forte connotation identitaire, devenant franchement fascisante et xénophobe sur la fin. La défense de l’économie et de l’identité régionale justifiant la collaboration de classe. On se souvient que Vichy avait réintroduit en France le régime des corporations, dans le but de substituer l’idée de communauté nationale à la conscience de classes portée par les syndicats. Le fond reste le même, lutter contre les forces émancipatrices en mettant en avant l’intérêt national, c’est-à-dire l’intérêt de quelques-uns. Rien d’illogique donc, dans le projet de l’Institut, de promouvoir des approches à la fois identitaires et libérales.

Aymeric Chauprade, le « choc des civilisations » et la bourgeoisie : une offensive contre-révolutionnaire

Nous avons ici, il me semble, un bel exemple de l’enfumage politique et culturel que l’extrême droite tente de faire passer pour un exercice savant. Comme dans le cas de la Manif pour Tous ou de la libération de la parole raciste, le retour sur le devant de la scène de principes essentialistes a de quoi inquiéter. Bien connaître les acteurs et les théories de cette offensive réactionnaire semble donc primordial.

Quasiment inconnu du grand public, malgré un bel effort de présentation par le biais d’un imposant site personnel et d’une page Wikipedia fournie , Aymeric Chauprade est un habitué des cercles intellectuels d’extrême droite. On le retrouve aussi bien conférencier pour l’Action Française que sur Radio Courtoisie. C’est aussi un homme politique discret mais épanoui dans son rôle de député européen. 
Après avoir soutenu la liste de Philippe de Villiers aux élections européennes de 2004, Chauprade démarre une carrière politique plus sérieuse en 2014, au côté du Front National. Elu député européen pour la circonscription d’Ile de France, il quitte le parti de Marine Le Pen un an après, et fonde son propre mouvement (dont il est le seul représentant) en 2016, « Les Français Libres ». A l’heure actuelle, il soutient, sans grande surprise, la candidature de Fillon.

Aymeric et Marine, du temps où ils étaient encore potes.

Sur son site, Chauprade expose quelques grandes lignes idéologiques qui fondent sa pensée. On y apprend par exemple avec soulagement que son micromouvement rejette « toute forme de mépris de l’être humain, en particulier toute forme d’exclusion, de racisme et d’antisémitisme. » C’est que, comme une bonne part de la droite et de l’extrême droite, Chauprade a abandonné le bon vieux racisme peu vendeur d’autrefois. L’analyse se veut plus subtile, et sans doute plus dangereuse encore. Souverainiste et « europréaliste », le discours repose sur une Europe définie par ses « racines grecques, romaines et chrétiennes ». On sait donc où on met les pieds. Logiquement, Chauprade plaide pour une « France forte » et une Europe « européenne, appuyée sur ses nations, ses frontières et son génie séculaire. » On est déjà en plein dans la théorie du Choc des Civilisations, comme on va le voir ensuite. Une Europe immuable, avec des frontières fixes (les historiens apprécieront), mais surtout un « génie séculaire », dont ne sont sûrement pas pourvues les autres « civilisations », avec lesquelles la France a voulu partager sa culture, nous dirait François Fillon . Le ralliement récent de notre eurodéputé au nouveau champion de la droite la plus réactionnaire et libérale est donc parfaitement logique. Plus loin, ça devient plus lyrique, puisque le sentiment d’appartenance à la nation reposerait sur une « histoire vécue, une culture transmise, une langue pratiquée en commun et le trésor constitué par le triple héritage hellénique, romain et chrétien. » Pire, point culminant de ce schéma de pensée bien particulier, Chauprade pointe l’importance de respecter « l’attachement des citoyens à leurs communautés naturelles, notamment familiales, nationales ou locales. » Là encore, ceux et celles qui s’intéressent un peu aux sciences sociales hallucineront sûrement, oui, il parle bien de « communautés naturelles ». On retrouva là le bon vieux schéma d’extrême droite de l’ordre naturel des choses, puisque admettre que ces aspects de la vie humaine sont socialement construits ouvre déjà la voie à leur transformation. 
Trop libéral pour la nouvelle ligne du FN, Chauprade montre le visage d’une droite décomplexée, c’est là le moins qu’on puisse dire. C’est avec la même aisance qu’il fraye avec un groupuscule maurassien et soutien un candidat de la droite « de gouvernement ». Les idées de Chauprade sont en fait partagées par un spectre très large au sein de la droite, comme l’atteste la diffusion dans ces cercles (et de plus en plus au-delà) de la thèse du « choc des civilisations ».

La théorie du choc des civilisations et la « géopolitque » d’extrême droite

Faute de place, je n’exposerais pas ici l’ensemble des tenants et des aboutissants de cette théorie. Nous montrerons simplement en quoi cette approche « géopolitique » est politiquement dangereuse, et en quoi elle s’accorde parfaitement avec les réflexions développées à l’Institut de Locarn.
Le journaliste Olivier Schmitt et le politologue Stéphane François ont déjà tenté d’analyser l’idée de géopolitique adoptée par l’extrême droite. Ils rappellent notamment que :

« l’emploi du terme [géopolitique] ne recouvre aucune prétention théorique ou épistémologique spécifique. Mais c’est d’une autre tradition que se réclament les auteurs d’extrême droite, celle d’une « géopolitique » en tant que discipline produisant un savoir spécifique sur les relations internationales, qui a pourtant de longue date été discréditée par les spécialistes universitaires, qui ont largement listé ses erreurs et impasses conceptuelles. »

Cette « discipline » se fonde sur l’idée que la géographie détermine les rapports sur les états, ce qui semble assez logique, mais aussi qu’elle influe sur le comportement des individus. Là aussi, sans rentrer dans les détails, on peut juste rappeler que cette thèse a été depuis longtemps abandonnée par les sciences sociales dans la mesure où elle ne résiste à aucune approche empiriquement fondée. Les auteurs du texte sur lequel je me base ici, montrent aussi que dans leur recherche de causes mystérieuses expliquant l’état du monde, les géopoliticiens d’extrême droite tombent assez facilement dans le complotisme. Bref, c’est donc là un moyen bien commode de passer pour un rebelle à contre-courant de la « bien-pensance » tout en faisant l’intello. 
Un autre texte d’Olivier Schmitt présente le père de l’idée de « choc des civilisations », le politologue Samuel Huntington, qui prétend identifier des civilisations bien distinctes : « occidentale, confucéenne, japonaise, islamique, indoue, slave-orthodoxe, latino-américaine et « potentiellement africaine » ». O. Schmitt remarque que « certaines civilisations sont identifiées en fonction de frontières politico-juridiques, et que d’autres sont caractérisées en termes religieux ». Une manière de « comparer les choux et les patates », dirait ma grand-mère. Plusieurs de ces civilisations seraient donc en conflit, la preuve étant les guerres et attentats qui opposeraient la « civilisation occidentale » à la « civilisation islamique ».
O. Schmitt dénonce deux grands points faibles de cette théorie. Le premier est que les conflits armés et les actes terroristes, censés être la preuve de ce choc en cours, ont majoritairement toujours eu lieu au sein d’une même « civilisation », dans la définition d’Huntington. Il suffit de s’intéresser deux secondes à l’actualité pour le constater. Le deuxième gros problème, on l’a déjà évoqué, c’est qu’Huntington définit ses civilisations en imaginant que les identités seraient immuables. Certes, les différences culturelles existent, mais, rappelle Schmitt, un nombre incalculable de travaux en sciences sociales ont déjà montré leur relativité, n’en déplaise aux stressés de l’identité. Enfin, le journaliste montre que « le fait que certains éléments du monde musulman aient décidé de rentrer en conflit avec des pays occidentaux ne peut pas être réduit à une logique religieuse/civilisationnelle/culturelle, mais doit être remis dans le contexte d’un affrontement de projets politiques. » Oblitérer la dimension politique (et on pourrait rajouter économique) des conflits contemporains pour se focaliser sur l’aspect identitaire et culturel ne peut être qu’une impasse intellectuelle ne permettant pas de rendre compte convenablement des logiques qui les déterminent. 
A Locarn, Chauprade était invité à présenter ses réflexions sur la place de puissance maritime de la France, dans la droite lignée sans doute de la pensée de Carl Schmitt qui opposait « puissances telluriques » et « puissances maritimes ».

En guise de conclusion

A quand une discussion sur le « grand remplacement » à Locarn ? Ce que montre cette invitation, ce n’est pas seulement le partage d’intérêts communs entre l’extrême droite et le patronat (désigner un ennemi intérieur ou extérieur par un « nous » identitaire fantasmé, c’est éviter que les pauvres foutent sur la gueule des bourgeois), qu’on avait pu constater au moment du mouvement des Bonnets Rouges. Ça participe aussi à une forme de bataille culturelle menée depuis bien longtemps par l’extrême droite pour re-légitimer ses thèses essentialistes et contraires aux idéaux égalitaires et émancipateurs. Le succès, en Bretagne, du site « Breizh Info », la libération de la parole raciste, sexiste et homophobe, la pénétration générale des thématiques d’extrême droite dans le corps social sont là pour témoigner que cette bataille culturelle porte ses fruits.
Monsieur Bolloré et ses amis de Locarn peuvent continuer à être honteusement riches. Grâce à ce travail idéologique de longue haleine, on continuera à bastonner entre pauvres sur des prétextes moralement douteux pour ramasser les miettes. Il est donc plus que jamais urgent de lancer une contre-offensive culturelle et politique sur des bases réellement révolutionnaires.

Alexandre Britannicus

  1. Yann Fournis, « Comprendre les institutions par le bas. L’institutionnalisation d’un patronat régional par l’action collective (1950-2000) », Revue française de science politique 2010/2 (Vol. 60), p. 319-334 []

Un commentaire »

  1. gerald Le Goff 17 mars 2017 at 13:30 - Reply

    A propos du mouvement des « bonnets rouges », vous devriez relire le communiqué de la CGT Réparation navale de Brest ( communiqué qui a abondamment circulé) qui a dénoncé la démission des bureaucraties syndicales régionales bretonnes, et notamment la CGT, sur demande des état-majors syndicaux parisiens, après le refus de manifester unitairement à Quimper avec les prolétaires de l’agro-alimentaire finistérien, laissés pour compte par la droite et la gauche aux mains d’un patronat breton réac et paternaliste, développant une agriculture productiviste et destructrice.
    La manifestation « de gauche » à Carhaix jetait les prolos des abattoirs dans les bras des légumiers léonards, bien connus pour leurs idées réacs. Bravo la solidarité de classe, l’absence de vision stratégique, le nationalisme parisien qui s’ignore… L’internationalisme, c’est pas dans les livres d’histoire, c’est tous les jours et partout, contre les impérialismes et d’abord contre le nôtre, l’impérialisme français qui a produit l’état le plus centralisé et autoritaire qui soit…

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