Les « antisystèmes » au service du capital

19 janvier 2017 7 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Lu sur le site d’Alternative libertaire

Le plus souvent d’extrême droite, mais aussi parfois libéraux, voire de gauche, les politiciens se revendiquant « antisystème » se multiplient depuis quelques années. Utilisant une rhétorique semblable, sous-tendue par des orientations politiques diverses, ils prospèrent sur un vide idéologique très éloigné de la critique radicale de la démocratie libérale et du capitalisme.

Trump aux États-Unis, Le Pen ou Soral en France, Orbán en Hongrie, Grillo en Italie, Ukip au Royaume-Uni, AfD en Allemagne, PiS en Pologne… l’extrême droite pullule partout dans le monde en se proclamant « antisystème ». L’épidémie antisystémiste touche également à droite (feu Sarkozy, Fillon et Macron à leur façon…) et même à gauche (Mélenchon, Podemos en Espagne). Le concept a d’ailleurs un certain succès, comme l’a montré l’élection de Trump.

Jeu verbal

La recette ? Capitaliser sur la détestation largement répandue dans la population « des élites » ou de « la caste », et pointer la corruption des dirigeants. On peut partager ces avis, mais cette critique (superficielle) du système politique s’accompagne souvent de messages nauséabonds à l’égard des immigré.es ou des musulmans et musulmanes, des fonctionnaires et des intellectuel.les, des salarié.es privé.es d’emploi ou au RSA, tous et toutes considéré.es comme des parasites. Il s’agit aussi de « donner un grand coup de pied dans la fourmilière », de « briser les tabous », de combattre « le politiquement correct » et « la pensée unique » : des éléments de langage galvaudés pour véhiculer un programme réactionnaire.

Bien sûr, se proclamer antisystème n’est, dans le cas des individus mentionnés, que pur jeu verbal. Quand ceux qui s’en réclament ne sont pas des politiciens traînant dans les couloirs des assemblées depuis des décennies, comme Fillon ou Mélenchon, on est face à des hommes d’affaires à la fortune acquise de façon douteuse, comme Trump. L’homme d’affaires et Président élu des États-Unis, qui entrera en fonction le 20 janvier, serait en effet, selon Forbes, à la tête d’une fortune de 3,7 milliards de dollars, ce qui en ferait la 324e fortune mondiale. Il a pourtant réussi à glaner des voix dans les classes populaires blanches américaines, à la faveur d’une rhétorique qui promettait de mettre à bas l’establishment, mais aussi au moyen de saillies racistes et sexistes. Et il faut reconnaître que la candidate malheureuse, Hillary Clinton, fait partie du sérail, et qu’elle apparaissait avec raison comme la candidate de Wall Street.

Pourtant, Donald Trump a d’ores et déjà préparé un cabinet plein de grands fauves du monde des affaires ou du Parti républicain. Il a ainsi annoncé que le prochain secrétaire au Trésor serait Steven Mnuchin, un financier très connecté à Wall Street et ancien de Goldman Sachs. Goldman Sachs, cette banque renflouée par la Réserve fédérale après la crise des subprimes ? L’archétype des collusions entre un pouvoir politique corrompu et un système financier vérolé ? Oui oui… Autre exemple : Wilbur Ross, qui doit occuper le poste de ministre du Commerce. Surnommé le « roi de la banqueroute », parce que son business consistait à « sauver » des entreprises en difficulté, il a ainsi engrangé une fortune de 2,3 milliards de dollars selon le magazine Forbes… Il a surtout aidé Donald Trump quand ses casinos d’Atlantic City battaient de l’aile dans les années 1980, ce qui valait bien un renvoi d’ascenseur. On fait mieux pour un antisystème, mais peu importe, l’important n’est pas ce qu’on fait une fois au pouvoir mais ce qu’on dit, car c’est ça qui permet d’être élu.

Le double discours des Le Pen

Les Le Pen en témoignent également. Rien dans leur programme ne remet en cause le patrimoine des possédants, dont ils font partie. D’où un discours ambigu sur quantité de sujets (retraites, Sécu, loi travail), afin de satisfaire les diverses franges de leur électorat, de la vieille droite conservatrice catholique à un électorat plus populaire, sans doute raciste et homophobe, mais qui ne voit pas d’un bon œil les mesures destinées à enrichir encore ceux qui ont déjà beaucoup.

Marine Le Pen a ainsi pu déclarer que « François Fillon a le pire programme de casse sociale qui n’ait jamais existé », et que « jamais aucun candidat n’est allé aussi loin dans la soumission aux exigences ultralibérales de l’Union européenne ». À cela, elle oppose « la proposition patriote de Marine Le Pen, avec le patriotisme économique, la priorité nationale, la protection de nos entreprises face à la concurrence internationale déloyale ».Sa conclusion : « Et le projet de monsieur Fillon avec la suppression de la Sécurité sociale, la suppression de la durée légale du travail, la dérégulation totale. Les Français choisiront. » 

On le voit, face à un Fillon très à droite auquel elle pourrait être opposée au second tour, elle doit « gauchir » son discours. Pourtant, le FN ne promet pas exactement un paradis socialiste : « Nous sommes d’authentiques libéraux au niveau national, et des protectionnistes raisonnés à l’extérieur, a ainsi pu déclarer Bernard Monot, animateur du comité chargé de rédiger le programme économique du FN, cité par Le Monde. Le FN est l’ami de toutes les entreprises, des plus petites à celles du CAC 40, à condition qu’elles embauchent, investissent et payent leurs impôts en France. » Marine Le Pen n’est d’ailleurs pas sur une autre ligne : lors de son discours de clôture des Estivales à Fréjus (Var), le 17 septembre, elle a ainsi pu déclarer qu’« il faut à la fois que s’allègent à l’intérieur les contraintes et l’injustice fiscales (…) et que se renforcent à l’extérieur le principe de la préférence pour soi et de primauté de la nation ». Bref, le FN, incarnation de l’antisystème, antipartis, ni gauche ni droite, essaie surtout de jouer sur deux tableaux : social d’un côté, pro-entreprises de l’autre, le tout enrobé de patriotisme économique.

Pente glissante de la xénophobie

Tous les antisystème ne se proclament pas tels pour les mêmes raisons, et ils ne sont pas tous à mettre dans le même sac. Il ne s’agit pas de renvoyer Le Pen et Mélenchon dos à dos sous prétexte qu’ils usent de certains traits rhétoriques semblables, car le contenu associé est différent.

Néanmoins, même les antisystèmes de gauche marchent parfois sur la pente glissante de la xénophobie. Mélenchon se positionne par exemple sur une ligne patriote de gauche. Il nie, bien sûr, qu’elle soit contradictoire avec l’internationalisme. Pourtant, il a pu parler en juillet dernier, au Parlement européen, du « travailleur détaché, qui vole son pain au travailleur qui se trouve sur place ». Il a aussi pu défendre, dans une interview au Mondedu 25 août, l’immigration choisie : « Je n’ai jamais été pour la liberté d’installation et je ne vais pas commencer aujourd’hui. Est-ce que, s’il venait 10 000 médecins s’installer en France, ce serait une chance ? Oui. » Comment expliquer de tels positionnements, qui ne sont guère susceptibles de rallier à sa cause une part importante de l’électorat de gauche ? Sans doute tente-t-il de séduire des électeurs et électrices du FN, qu’il considère comme un électorat potentiel, dans une vision fantasmée des classes populaires comme se défiant des immigré.es. Il est certain que, faute d’une véritable analyse de classe, les candidats antisystème de gauche s’orientent ainsi vers une politique souverainiste et protectionniste, faisant du « peuple » le fondement de leur projet politique, en retrait par rapport à une analyse matérialiste de classe. Et cela peut amener à des positions flirtant avec celles des souverainistes de droite, xénophobes et anti-immigrés.

En réalité, la rhétorique antisystème est d’abord une rhétorique démagogique, destinée à plaire le plus largement possible, y compris à des personnes qui ne sont pas d’accord entre elles. Évidemment, rejeter « le système » est très courant, mais tout le monde ne fait pas reposer cela sur les mêmes orientations idéologiques, et il est donc préférable pour les candidats de ne pas trop détromper l’électeur ou l’électrice potentiel.le en éclaircissant la nature de la révolution envisagée (libérale ? conservatrice ? nationale ? nationale-socialiste ?…). Tout le monde étant contre le « système », mais ne mettant pas forcément la même chose dessous, mieux vaut se garder de définir quoi que ce soit.

Il en résulte une bouillie idéologique assez informe, qui se montre par exemple dans les rapports, assez partagés chez les autoproclamés antisystèmes de tout bord, avec Poutine et les positionnements sur la question syrienne. Ainsi, Trump, Le Pen, Fillon ou Mélenchon, de tendances politiques différentes, n’en partagent pas moins une fascination manifeste pour le despote du Kremlin. Rien que de très naturel pour une Le Pen, dont les affinités politiques avec Poutine sont manifestes, et qui par ailleurs en reçoit des fonds. C’est plus étrange pour Trump, étant donné la rivalité historique de son pays avec la Russie, ou pour Fillon, à l’heure où la droite française est plutôt atlantiste. Et il est carrément contre-nature pour Mélenchon de soutenir un dirigeant d’extrême droite jusque dans son intervention aux côtés d’Assad dans le massacre de la population d’Alep. Mais ce type de postures assure à moindre frais une allure de rebelle, en l’occurrence contre l’impérialisme US, même s’il s’agit en fait de soutenir des positions tout aussi impérialistes, et par ailleurs franchement d’extrême droite, du côté russe ou syrien.

Flou idéologique

On voit le flou idéologique qui entoure la rhétorique des antisystèmes. Il peut être interprété comme le refus, le plus souvent intéressé, de mener du « système » une critique radicale.

Les antisystèmes critiquent ainsi beaucoup les hommes politiques installés, y compris quand ils sont eux-mêmes des hommes politiques installés, mais ne soumettent jamais ce système à une critique de fond. Et pour cause : ils ont généralement pour objectif de s’emparer dudit pouvoir, éventuellement en accentuant davantage le côté antidémocratique de celui-ci par une personnalisation accrue. Ils défendent l’idée que les mauvaises personnes sont au pouvoir, et non que les institutions sont dans leurs fondements non démocratiques, vouées à générer de la corruption et à mettre les élus en état d’apesanteur par rapport aux classes populaires. Ils laissent penser que, s’ils étaient élus, tout marcherait pour le mieux, moyennant éventuellement un ravalement de façade du régime politique (passage à la VIe République par exemple).

De même, sur le versant économique, les antisystèmes ne pointent jamais le véritable responsable de la crise et de la pauvreté : le capitalisme. Quelques-uns feront semblant de promouvoir la redistribution des richesses, critiqueront les aspects les plus libéraux du capitalisme, d’autres prétendront au contraire pousser ces aspects à leur paroxysme dans une approche résolument individualiste et antiétatiste, mais aucun (pas même ceux de gauche) ne met en avant les antagonismes de classes dans la société et la nécessité d’exproprier les possédants.

Ces critiques radicales ne sont aujourd’hui menées que par l’extrême gauche, notamment libertaire. Il est plus qu’urgent que nous nous donnions les moyens de faire en sorte que la colère du plus grand nombre trouve un débouché dans les mouvements sociaux et non dans le vote pour des démagogues autocrates.

Vincent (AL Paris-Sud)

7 commentaires »

  1. quevarec 24 mars 2017 at 10:59 - Reply

    retour sur venue des pro FN a rignac le 4 3 2017
    je ne trouve pas d’autre moyen de vous contacter

    ou est l égalite ?
    = malgré des barrages filtrants a visée politique :  » vous venez au meeting ?  » demandé par un fonctionnaire de police aux conducteurs de véhicules a l’entrée du village .
    reponse « oui » alors vous pouvez passez
    reponse « je viens faire mes courses  » alors le village est bouclé , vous ne pouvez pas passer

    des camping caristes hors la loi car stationnant pres de la salle du meeting alors que cela est interdit pour tout le monde tout le temps ….

    des gendarmes mobiles indiquant complaisamment aux PRO FN a pied les chemins détournés pour rejoindre la salle

    un cortège de gendarmes pour guider les véhicules des sympathisants vers un parking sécurisé et surveillé par les gendarmes !!

    exeptionnellement ce jour là mes enfants étaient avec moi = ils ont vus deux choses exeptionnelles
    1 de la neige pour la premiere fois cette année …esperons qu’ils en reverront souvent

    2 des fusils mitrailleurs pour la première fois de leur vie ….espérons qu’ils n’en reverront jamais d’aussi

    resultats : 0 blessés physiquement mais
    500 personnes choquées psychologiquement par le dispositif militaire déployé pour ZERO incidents selon le lieutenant des pompiers ( qui a du mobiliser tous ses effectifs pour rien …)

    et intox ( selon nous )de la depeche le journal du coin qui titre  » salle comble pour marine  » et parle de 4 gardes a vue pour 4 personnes « hors département  » pour possession de barre de fer et de boulons dans le coffre de la voiture suite a des controles au départ de RIGNAC alors qu’il n’y a eu aucune violence ce jour la de la part des antiFN
    ( d’ailleurs a ce sujet avez vous retour sur véracité de ces gardes a vue ? )

    par contre ils n ont pas parlé les discussions sur la non violence , le bar populaire a prix libre , l’espace détente , les concerts , et la creation d’un lieu collectif ephémère dans des boutiques vides sur la place du village …..dommage

    c’est flippant quand ça arrive dans un bled de 2000 habitants videosurveillés …..

    rappel les gendarmes avaient bien fait peur a tout le monde en demandant aux jardiniers amateurs de planquer leurs outils, en interdisant la circulation sur la place pour tous ( sauf pour les PRO FN ) et en ayant bouclé la place des 9 h avec des barrieres anti emeute de 4 m de haut , empechant la coiffeuse et le boulanger de rentrer chez eux le midi ….
    Le Maire M r Calvet est élu avec les voix d’extreme droite et ne s’en cache pas = il avait donc demandé aux municipaux de faire des heures sup la veille ( nettoyage , installation des barrieres a 20 h ….)

    aie aie aie

  2. geen 20 janvier 2017 at 14:49 - Reply

    Les fascistes Poutine, Bachar et les Milosevic, Karadzic, Mladic, Saddam Hussein… ne sont pas arrivés au pouvoir grâce au « soutien » de la gauche anti-impérialiste que je sache … Ce qui met tous les peuples en danger c’est cette économie mortifère qui, depuis la chute du bloc soviétique, pousse chaque pays, notamment la Chine, l’Arabie saoudite, la Russie, à augmenter son budget militaire pour affirmer son pouvoir dans le cadre de cette redistribution des zones d’exploitation des ressources et de la recherche d’alliances politiques pour développer ses « marchés ». Un seul organisme aurait actuellement la légitimité pour veiller à ce que soient respectés les droits de l’humain (accès logement, soins de santé, travail, revenu décent, éducation, protection contre les violences, etc.) partout dans le monde. Mais le budget d’intervention de l’ONU est 100 fois inférieur au budget militaire mondial (sans compter la Chine). A partir de là, on peut bien lutter certes contre l’impérialisme mais si vous dénoncez d’un côté vous êtes encore et toujours, que vous le vouliez ou non, pris dans la même logique d’opposition d’un camp contre un autre… Il me semble que lutter pour un désarmement unilatéral et un renforcement des pouvoirs de l’ONU devrait être la priorité, dans le cadre de la lutte antifasciste et anti-impérialiste. Dans « internationaliste » il y a « nation »… Cette entité nation, à l’échelle mondiale devient la plus petite organisation humaine, face aux blocs géants qui se mettent en place, susceptible de refuser le jeu des alliances actuelles et ses engrenages, le repli identitaire et la concurrence économique entre les pays… J’aimerais vous faire partager un passage de l’intro du programme de la FI, par JLM …  » La langue française et en usage commun dans 29 pays du monde (…) Avec ses 35 frontières, si la France développe son identité universaliste, elle peut coopérer directement avec les peuples de tous les continents. Si elle se rend indépendante, elle peut contribuer en première ligne à la paix dans le monde. N’est-ce pas terriblement urgent face à la menace montante de guerre généralisée ? »
    De toute façon la lutte contre l’impérialisme, le fascisme (racisme, antisémitisme, sexisme, homophobie,… ) continue, et doit continuer même (et surtout) avec « ces gens » (quel mépris !) quand c’est possible, là où c’est possible… Parce qu’il n’y a qu’en argumentant qu’on peut faire évoluer les pensées des gens (à moins que vous ne vouliez tirer dans le tas ou les laisser se monter le bourrichon entre eux). Voter, évidemment, ne suffit pas. Mais c’est un geste que, cette année, j’ai envie de faire… Et celui-là aussi : https://www.lepotcommun.fr/pot/skla9zbd

    • La Horde 20 janvier 2017 at 18:07 - Reply

      On est bien d’accord avec toi sur toute la première partie de ton message, mais, l’exaltation de la nation, garante de la paix dans le monde ? C’est bizarre, c’est exactement la leçon inverse que l’on peut tirer de l’histoire contemporaine… Que les séquelles de l’empire colonial de la France sont une base saine pour une coopération juste et équitable avec les peuples du monde ? De quel « universalisme » es-tu en train de parler, au juste ? Quant à dire que la France, qui fait partie des 5 premiers marchands d’armes dans le monde et dont les exportations d’armes viennent de battre un nouveau record en 2016 avec 20 milliards d’euros de prises de commandes, est en première ligne pour la paix dans le monde, ça fait doucement rigoler…

  3. geen 19 janvier 2017 at 13:46 - Reply

    Ce que vous dites à propos de Mélenchon est faux. Votre analyse fourre-tout est très décevante 🙁 et contribue au confusionnisme ambiant. Poutine emprisonne les amis politiques de Mélenchon, comment ce dernier pourrait-il avoir de la « fascination » pour lui ? Il a dit à plusieurs reprises que la Russie est aujourd’hui un pays capitaliste comme les autres. Ni « pro-Trump » ni « pro-Poutine », ni européaniste pour la simple raison que tous ces états représentent les intérêts des possédants, justement. Il ne veut pas être entraîné dans les engrenages guerriers mis en place, comme en 14, par ces politiques. Et, non, convoquer une assemblée constituante et dire que c’est elle qui décidera du fonctionnement des institutions à venir (justement parce qu’elles sont actuellement anti-démocratiques, renseignez-vous c’est ce que dit clairement la FI), n’est pas un « ravalement de façade » ! Vous êtes aussi passé à côté des nationalisations (banques, eau, électricité, médecine, transports), sécu à 100% pour tous, régularisation de tous les sans-papiers, …. Je ne sais pas ce qu’il vous faut… Vos critiques seraient plus utiles à l’intérieur du mouvement de la France insoumise, un mouvement ouvert et en construction. Pourquoi passez-vous à côté de cette possibilité ? On se demande … Vraiment.

    • La Horde 19 janvier 2017 at 17:36 - Reply

      Le texte est à l’origine d’Alternative libertaire, mais nous nous y retrouvons sur l’essentiel et nous pouvons à ce titre te répondre. Le soutien de Mélenchon aux frappes russes en Syrie n’est un secret pour personne, et reprendre la propagande de Poutine sur les bombardements qui ne frapperaient que les islamistes alors que le Kremlin soutient Bachar Al-Assad dans sa luttes contre ses opposants, c’est pour le moins de la complaisance. Un anti-impérialisme cohérent doit avoir les deux yeux ouverts : que les critiques de Mélenchon concernant l’impérialisme américain s’étendent à part égale à l’impérialisme russe, qui le vaut bien, et le doute sera levé. Par ailleurs, le « souverainisme » de Mélenchon n’est qu’un nationalisme qui ne dit pas son nom et dans lequel nous ne nous retrouvons pas. Enfin, ne pensons pas qu’un changement social passera par les urnes, mais par la lutte, et que les promesses de Mélenchon n’engagent que celles et ceux qui les croient.

      • Pif 19 janvier 2017 at 23:40 - Reply

        Tout à fait d’accord avec La Horde. Et il faut le dire clairement : A part les libertaires et une partie des trotskistes, la « gauche anti-impérialiste » en France comme dans le monde n’est qu’une supercherie. Leur anti-impérialisme n’est qu’anti-americain et anti-israelien. Un peu contre la francafrique parfois, mais aveugle contre les autres impérialismes et adorateur de l’impérialisme russe.
        Ils vont nous parler de « monde multipolaire ». Ce terme ne veut rien dire. Un libertaire comme moi ne veut aucun pôle. Eux ce qu’ils veulent c’est un monde bipolaire ou même unipolaire dirigé par le Kremlin.

        Ensuite je n’arrive pas à voir quels amis de Mélenchon sont maltraités en Russie… Ses amis communistes ont droit, tout comme les fascistes de Jirinovski, à leur quotas de députés à chaque élection, et tout ce petit monde s’entend fort bien..
        Il y a les fascistes du Parti National-Bolchevique qui sont maltraités par Poutine. Eux ils critiquent Poutine car il n’a pas envoyé directement l’armée russe envahir l’Ukraine.. C’est ça les amis de Mélenchon ??

        Nous nos amis libertaires se font assassiner en Russie!

        Il va falloir un jour réfléchir si on doit continuer à cohabiter avec cette pseudo  » gauche anti-impérialiste » qui soutien les fascistes Poutine, Bachar et avant soutenu les Milosevic, Karadzic, Mladic, Saddam Hussein.. (On peut aussi se poser la question pour Maduro et Chávez) . Doit on cohabiter dans les mouvements sociaux avec ces gens ?? Si ils sont de bonne fois pour empêcher les fermetures d’usines ou de services publics, à l’international trop souvent du brun se mélange avec leur rouge…

    • zidi 20 janvier 2017 at 20:03 - Reply

      Si je comprend bien, pour Mélenchon, ce qui n’est pas bien dans la Russie de Poutine c’est le capitalisme… donc? la dictature fasciste et impérialiste on s’en fout?

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