Sivens : les miliciens attaquent au couteau des participantes à l’hommage

26 octobre 2016 3 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

On pourrait penser, de loin, que l’embrasement de la vie politique et sociale tarnaise (d’octobre 2013 à mars 2015) avait pris fin avec l’expulsion de la ZAD du Testet le 6 mars 2015. Force est de constater que non, les milices qui défendent les intérêts mafieux des porteurs du projet de barrage continuent d’agresser les militant.e.s politiques opposé.e.s à ce projet. En toute impunité, et sous la protection et d’une élue locale, et des forces de l’ordre, et ce malgré leur défaite évidente, reconnue par le jugement du Tribunal Administratif ce 30 juin 2016 (et ).

campagne

Plusieurs exemples passés (notamment les milices déployées contre les opposant.e.s à l’autoroute Vinci à Khimki en Russie en 2010) et récents nous montrent à quel point extrême-droite et capital se marient parfaitement dans le populisme et la réaction contre les révolutionnaires, écologistes, activistes, progressistes.

En France, c’est au cours de la lutte contre le barrage de Sivens, et particulièrement après la mort de Rémi Fraisse , qu’on observe complètement ce mécanisme de répression. Après le 25 octobre 2014 l’impossibilité pour l’État de continuer à réprimer la lutte par les forces de l’ordre officielles amène à laisser (donner) la place libre pour la répression para-étatique et para-policière, pilotée par la FNSEA, influencée par les réseaux locaux du Front National, accompagnées par les élu.e.s et forces de gendarmerie locales. Il en résultera 2 week-ends consécutifs de blocages de la ZAD, puis 10 jours de blocage total jusqu’à l’expulsion, des dizaines et des dizaines d’agressions, l’incendie de la Métairie Neuve (ferme historique et haut lieu de la lutte), des intimidations aux domiciles des opposant.e.s et paysan.ne.s locaux. Ces agressions et cette violence continue encore aujourd’hui, dans la campagne tarnaise, comme à Gaillac.

Batte de baseball en main, miliciens en discussion avec les fonctionnaires de la DGSI, à la grande époque du blocage de la ZAD du Testet

Batte de baseball en main, miliciens en discussion avec les fonctionnaires de la DGSI, à la grande époque du blocage de la ZAD du Testet

 

Ci-dessous, un extrait de l’ article « Un hommage à Rémi Fraisse perturbé par les pro-barrages : insultes et coups de couteau« , publié sur le site du collectif Tant qu’il y aura des bouilles :

« Aujourd’hui a eu lieu un rendez-vous à Sivens pour commémorer la mémoire de Rémi Fraisse, suite à un appel ayant circulé sur les réseaux sociaux. La petite centaine de personne y ayant répondu a souhaité se rendre dans le calme sur les lieux du drame, après un pique nique partagé  bon enfant à la maison de la forêt. Une quarantaine de pro-barrage, stationnant  en bas de la route descendant de la maison de la forêt  a tenté de l’en empêcher. Appréhensions.
La tension est vite montée avec invectives et bousculades de part et d’autres. Faut dire que leur stupidité et leur indécence, en ce jour particulier, étaient choquantes. Dans le face à face, l’un d’entre eux a poignardé à trois reprises des jeunes filles, qui s’en sont sorties miraculeusement  quasi-indemne physiquement mais fortement choquées.
Les gendarmes sont alors arrivés pour nous séparer mais une fois de plus, on sentait bien que c’était nous les méchants. Ils sont restés sourds et muets à la demande d’aide des jeunes filles. Evidemment, le type au couteau a pu s’éclipser sans problème.

La petite cérémonie improvisée sur le lieu de la mort de Rémi a ensuite été pertubée par les pro-barrages et le tracteur de l’un d’entre eux, stationnant à proximité. Lamentable. »

D’après nos informations, tout ceci s’est déroulé en présence de Mr Jougla,  président de la FDSEA 81 et de Mme Puibasset, adjointe à la mairie de Lisle sur Tarn, tous deux des habitués de ce genre d’opérations. On retrouvait à leurs côtés la poignée d’excités qui ont fait régner la terreur autour de  la ZAD pendant la période d’occupation. On va suivre de très très près cette affaire, qui aurait pu tourner au drame, et on vous tiendra informés. N’hésitez pas à nous envoyer vos témoignages…

A barricade reading "No to the dam" stands near the "zone to defend" (ZAD) area occupied by environmental activists protesting a dam project in the Sivens forest on March 5, 2015. Anti-dam activists say the project poses a huge environmental threat to the Sivens wetland while pro-dam farmers, who are blocking roads leading to the ZAD area, argue that the dam will provide much-needed irrigation for their fields. The Tarn department council is due to meet on March 6 to discuss alternatives to the original dam project. AFP PHOTO / REMY GABALDA

3 commentaires »

  1. Peter 30 octobre 2016 at 11:37 - Reply

    Nous avons constater sur le terrain la collusion entre élus locaux, forces de gendarmeries ,représentants des syndicats libéraux et réformistes Fdsea et Cdja, certains chasseurs du cru, milices d’extrême droite,et je rajouterai la presse régionale qui a propagée rumeurs infondées et mensonges avérés.

  2. Maxime THOUVENIN 29 octobre 2016 at 19:40 - Reply

    Bien évidemment, ces porcs ont été payés pour cela! Je ne doute pas une seule seconde que les groupes privés ayant intérêt à ce que l’aéroport prenne racine ont grassement soudoyés ces hordes d’abrutis agressifs et menaçants! Hideux!

  3. Michel Uzac 28 octobre 2016 at 06:53 - Reply

    J’y étais, rapidement exécuté, les coups de couteaux étaient préméditées et intentionnelles. heureusement sans gravité car ils avaient barré la route et donc les éventuelles secours
    Je suis témoin de la présence de présence de Mr Jougla, et de Mme Puibasset,
    Photos disponibles

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